Réunion du 30 septembre 2005 :
Estouffade d'agneau & Rhône nord 2003 au TGJP
Ce soir, Sylvain M. a pris notre destin en main. Je me repose pour être en forme lundi sur Iacchos pour échanger avec mes amis-à-moi-que-j'ai. Moi Bon Président, je n'approuve pas l'externalisation du risotto. Va savoir ce qu'il a bien pu coller là-dedans ? Le déchu est un gars de la nature. C'est rien que des tomates bios et pas que sur 5% du potager !
J'ai l'impression qu'il a assemblé de la cornue des Andes à du riz de la plaine du Pô. C'est autorisé ça ? Allez-y mollo ! Les tomates étaient trop mûres, alors il a tartriqué au piment ! En 24 heures chez Gianni, j'apprends les ficelles du risotto. Et maintenant, je prépare mon bouquin : "La cuisine des rouges".
Avant de ré-attaquer le troisième acte du toujours très sévère Bordeaux 1995, on décide de s’offrir un plaisir d’amateurs, humbles et respectueux. En ce vendredi 30 septembre 2005, c’est Rhône nord 2003 au TGJP. Le Bon Président préside, Daniel G. contrôle, Odile et Emmanuel T. aussi, Corinne A. et Didier C. pâtissent, Marie S. déclenche et je touille (Pierre-Alain B.). Avec Sylvain M., on frôle le sureffectif mais que ne ferions nous pas pour qu’il nous révéle les mystères de l’alchimie des grands vins du sud.

Fait-la-bouche : jambon de Bayonne et os à moelle + Champagne Larmandier-Bernier** Terre de Vertus (22.70 euros*) & PC 1999 (26 euros*) + Coteaux du Loir Bellivières 2003 Vieilles vignes Eparses. Le Bayonne fait son office et on commence à se rafraîchir avec le Larmandier-Bernier. En règle générale face à un GVdCF, la fine équipe fait un peu le nez et évoque les joyeux souvenirs du Bera. Là, dès la 1ère gorgée, c’est le silence qui s’impose. Les deux cuvées sont louées pour la finesse de leurs bulles et de leurs saveurs ainsi que le brio de leur finale. Certains préfèrent le naturel de Terre de Vertus, d’autres le caractère plus classieux du BdB 1998 (un soupçon d’élevage pour les premiers).
Au final, toute l’assemblée connaît un joli moment de pur plaisir et trouve que ce Larmandier-Bernier n’a pas volé ses deux étoiles au guide de la RVF 2006 et pratique des tarifs vraiment super-compétitifs. On passe au Bellivière qui malheureusement bouchonné, finit à l’évier. On achève alors dans la joie les deux champomy de haute lignée.

Primi piatti : risotto à la cornue des Andes et à la pancetta + Cornas Tunnel 2003 (17 euros*) + Cornas Balthazar 2003 (16 euros*). Le couple cornue des Andes - pancetta est assez ravageur, mais les Cornas font quand même bonne figure. Le Balthazar est pur et relativement soyeux. La matière semble déjà un peu évoluée, le fruit fané, manquant un peu de tonus et de profondeur. Le Tunnel dans sa version regular est nettement plus tonitruant tant au nez qu’en bouche. La matière manque peut-être un poil de maturité, mais le charme est là. De l’avis général, le pronostic de vieillissement de ses deux vins est assez réservé.

Plat de résistance : Estouffade d’agneau & sa purée de pommes de terre + Hermitage Bernard Faurie 2003 Greffieux (25 euros*) & Assemblage (30 euros*) & Méal (35 euros) + Coteaux du Languedoc Peyre Rose 1998 Sierra Leone (42 euros*). L’estouffade d’agneau est servie sous le contrôle du Pâtissier qui a décidé à partir de dorénavant et jusqu’à désormais de gérer le « passe ». Les trois Hermitage ont en commun de jolis nez, de très belles et bien soyeuses matières exprimant, à ce stade très précoce, des fruités assez époustouflants et des finales impeccables. Bien qu’issus d’un millésime faible en acidité, on ne note aucune lourdeur et la bouche reste fraîche. La différence de classe est sensible par rapport aux deux Cornas. La hiérarchie entre les trois cuvées se dessine. Plus on grimpe, plus la matière se densifie et se complexifie. A ce stade, l’assemblage offre la plus belle expression. On peut tout juste reprocher au Méal un boisé encore trop présent. Le plaisir est grand.

Pour asseoir le caractère expérimental de la soirée, on benchmark ces trois Rhône nord avec un Peyre Rose 1998. C’est une très belle bouteille, avec une bouche dense, épicée et très naturelle. Mais, la race de l’Hermitage est vraiment ravageuse. Sans hésitation.

Fromages & dessert : tarte tatin aux coings & sa chantilly à volonté + Cidre de Fouesnant François Séhédic cuvée Tradition. La tarte fait son petit effet et Corinne commence à hésiter pour son concept de la rue Gay-Lussac entre un « routier » et un « thé-dansant ». Le cidre, en provenance direct de là-bas-dit, affiche un nez de basse-cour. La bouche est très demi-corps, genre purgative.

(*) tarif ttc départ propriété

(**) Champagne Larmandier-Bernier 43, rue du 28 aout 51130 VERTUS

Tél : 03.26.52.13.24 ou 03.26.52.11.43

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