Réunion du vendredi 29 août 2003 :
«La vraie hiérarchie du Bandol 2000 à le TGJP»

C’est la rentrée du TGJP (très grand jury parisien). Pour assurer la cohésion de la secte autour de Le Bon Président et «réveiller les échanges entre les énergies cosmiques et telluriques grâce à un savant balisage planétaire» (dixit no’t gourou), il est décidé de taster derechef les vins rouges des vignerons de Bandol dans le millésime 2000 et d’établir la «vraie» hiérarchie de l’appellation. Pierre Sandwich, alias body guard sonne le premier. Le Bon Président, Laurent L., monte sur la seconde marche du podium. Une fois n’est pas coutume, Corinne A. et Didier C. (le CEAF) arrachent le bronze et Gilles T. (Le conseillant) se mange la cuillère de bois. Marie S. et moi-même partageons l’or avec le body mais un obscur membre du jury nous élimine parce qu’on joue à domicile.

Entrée : risotto aux citrons et à la menthe + Bandol Pibarnon blanc 2001 + Vin de Savoie Chignin Bergeron Quénard 2001. Le Pibarnon est un peu floral, doux et assez fin. L’association avec le citron est assez exceptionnelle. Le Quénard, conseillé à Laurent L. par un indigène grenoblois, est sur un équilibre plus pointu avec une acidité plus marquée, doté d’un fruité plus expressif et d’une finale pure.
Un des convives, un peu junior, me demande pourquoi sur Iacchos des marchands défendent bec et ongles certains vignerons, parfois avec pertinence, en évitant toutefois toujours de préciser les intérêts commerciaux qui les lient à eux. Je lui indique que c’est une veille pratique, que Iacchos c’est comme dans la vraie vie et que le commerce et la promotion flirte dans plus en plus de mails. J’en connais même que les «ventes flash» doivent démanger…

Plat : tagine d’agneau aux figues & sa semoule aux épices + Bandol rouge 2000 (Lafran-Veyrolles, Gros Noré, Château la Rouvière, Tour du Bon & Lafran Veyrolles cuvée spéciale). On lance à la poursuite de ce goûteux tagine la première vague constituée du Lafran appuyée par le Gros Noré. Le Lafran affiche un assez beau fruit, un caractère chaleureux avec une matière assez dense mais une finale un peu fuyante (on n’est pas tous d’accord…). Le Gros Noré dérange un peu. Gilles T. le trouve un peu creux en bouche et Laurent L. un peu «poussiéreux». La matière est la moins dense du lot et je le trouve un poil brûlant, un poil doté d’un arrière goût très très «zan». On ne baisse pas les bras et on envoie la seconde vague : Rouvière et Tour de Bon. Le body guard loue la qualité du Rouvière qu’il trouve très pur et bourré de charmes. Après moultes analyses des qualités organoleptiques du breuvage réalisées de concert avec Le Conseillant, on trouve la matière belle mais le boisé trop envahissant. Amha, c’est la plus internationale des 5 bouteilles et ce n’est pas un compliment. La Tour de Bon affiche une plus grande franchise. La matière est dense comme on l’attend d’un Bandol. La finale impeccable, mais on détecte que tout n’est logiquement pas encore en place. Pour achever le diabolique tagine, on lance la grosse artillerie avec la cuvée spéciale de Lafran-Veyrolles. C’est une très belle bouteille. A ce stade, on note un poil d’astringence (pas d’égrappage) compensé par une matière impeccable, un très beau fruit et un soupçon d’animalité et de rusticité qui fait son indéniable charme. Au final, on fait bien face à un beau millésime solaire qui délivre des vins déjà assez accessibles, très fruités, pas trop tanniques et sans aucune dureté. Mais, le sentiment domine que pour le duo des deux plus intéressantes bouteilles, Tour de Bon* & Lafran-Veyrolles** cuvée spéciale, le temps doit maintenant faire son oeuvre.
Sur ce, je m’étonne auprès de mes petits camarades des propos gravement anti-cléricaux tenus sur Iacchos par ce vigneron bordelais, grand amateur de haricots tarbais. Personne n’a cru bon de remettre à sa place cet apostat. Nous convenons courageusement avec Corinne, qui évangélise régulièrement le TGJP de ses saintes visions, de ne rien faire car heureusement tout la haut le petit Jésus veille et saura ramener à la raison ce misérable en foudroyant ses vignes et en épargnant celles de son voisin, lesquelles sont dûment protégées par un double réseau de balises accumulatrices d’énergies cosmiques.

Fromj’, salade & dessert : duo de pêches à la crème épicée sur leurs tuiles aux amandes avec des langues de chat au thé vert + Barsac Cru Barréjat 1998 Accabailles. Avec ce dessert méga-top-slurp plus la médaille de bronze à l’arrivée, c’est clair que Corinne a décidé de nous la jouer «Les Dalton se rachètent». L’Accabailles est délicieux avec un équilibre sucre/acidité toujours très appréciable en fin de dîner. Il est totalement pur et doté d’une jolie finale. Sur ce, c’est cigares et palabres…

(*) Domaine de la Tour de Bon 83330 Le Brûlat-du-Castellet. Tél : 04 98 03 66 22

(**) Domaine Lafran-Veyrolles route de l’Argile, 83740 La Cadière-d’Azur. Tél : 04 94 90 13 37

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Le tagine dégage tout plein de bonnes énergies cosmiques...
Body guard n'apprécie pas les plats mais se passionne pour le pain, le fromage, les rillettes...
Gilles T. est interpellé dans son vécu existentiel par ces ventes flash potentielles...
Pour tenter de réintégrer prochainement le TGJP, Corinne a pris des leçons...
Maintenant, elle boit sans salir son pull...