Réunion du 29 juin 2007 : Poitrine de veau confite au romarin,
gratin de blettes - poireaux & Bandol 2000
au tgjp
On nous harcèle. Il ne se passe plus une semaine sans qu'un marchand tente de se faire inviter au tgjp. Arrêtons les dîners et organisons plutôt un salon de petits et grands marchands du temple. Un stand café, un stand Meursault, un stand faux champagne "bio", un stand liquoreux, un stand truffe...
C'est une super idée. A ce stade de notoriété, on arrête l'amateurisme et on engrange les dividendes. Reprenons les techniques éprouvées mais passons au grand braquet : 10 euros par bouteille et tout le reste ! Je suis 100% d'accord avec ce virage stratégique du tgjp : mieux qu'un ami, un client !

En ce vendredi 29 juin 2007 et comme d’habitude à la demande générale, c’est Bandol 2000 à la vip room du tgjp. A 20h15, on affiche complet avec Le Bon Président, Emmanuel T., Jean-Luc F., Sylvain M., Didier C., Olivier M., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).


Starter : canapés aux harengs au curry & au tarama + Chablis De Moor 2002 Rosette (15 euros*)

Une fois n’est pas coutume, nous décidons de nous en remettre à un blanc bourguignon. Alice & Olivier de Moor délivrent vraiment et sans barguigner. Produit à l'époque sans herbicide, ni insecticide et sans intrant à la cave (en conversion bio depuis 2005), ce Chablis dans sa version premium est en tout point remarquable : totalement pur, bien rafresh, élégant, aussi structuré que persistant. Et il n’est qu’en tout début de carrière.

Sur ce, une espèce de bohémien de la vigne, se targuant de connaître le terroir chablisien comme d’autres le petit livre rouge, affirme maladroitement que le domaine n’est pas en bio et tente d’acheter la sympathie des membres en proposant, à la régalade, un Chablis 89 sans étiquettes, directement issu de la cave-à-sa-mémé (qui faisait la mise dans sa baignoire ?). Le produit est doucereux, sévèrement oxydé et faible en matière. Didier C. rappel à l’effronté, que « le crime a la voix plus douce que la vérité ».


Before : risotto à la tomate et au lard + Bandol Gros Noré 2000 (13.50 euros*) + Bandol La Tour du Bon 2000 (12 euros*).

Les « cœur de bœuf » assurent au risotto des saveurs bien franches et pas trop acides ; l’accord n’est en rien scandaleux. Ouverts deux paires d’heures précédemment, les deux Bandol mettent une dizaine de minutes à se mettre en place dans le verre. Le Gros Noré est un peu rustique (une caractéristique appréciée au tgjp), dense mais sans lourdeur, assez net et délivrent des saveurs secondaires remarquables.

Le Tour du Bon est plus sévèrement noté. A ce stade, la matière demeure un peu brouillon, pas totalement nette, le propos incertain. Il semble loin d’être en place à l’instar des 98, 99, 01 & 04.


Main course : poitrine de veau confite au romarin & gratin de blettes - poireaux + Bandol Lafran-Veyrolles 2000 Longue Garde (18 euros*) + Bandol Tempier 2000 La Tourtine (26 euros*) + Bandol Pibarnon 2000 (18 euros*) + Bandol Tardieu-Laurent 2000 (18 euros*)

Amoureusement enfournée 6 heures durant, la poitrine de veau fond dans la bouche et fait amie-amie avec les Bandol. On attaque avec le Lafran-Veyrolles dans sa version premium. Il s’agit d’une très belle bouteille. La matière est dense mais équilibrée, les saveurs complexes et persistantes. Le plaisir est total, la bouteille rincée en dix minutes. Le Tempier dans sa version Tourtine renforce encore cet instant de félicité. Si le nez est un peu « mourvèdre », la bouche est encore plus explosive que le Lafran-Veyrolles, avec un surcroît d’élégance et de fraîcheur.

Sous le haut contrôle de Jean-Luc F., une deuxième ration de main course est offerte à la troupe. Le Pibarnon fait l’unanimité contre lui : un vrai vin de bordelais. La matière n’est ni très dense, ni très expressive, ni très épicée, ni très persistante… Il coule, sans accrocher, et le magnum reste plein aux trois quarts. On achève les opérations avec le produit du négoce des Tardieu-Laurent. La table se divise. Des débutants louent ses qualités : pureté, fraîcheur, équilibre et persistance. Les experts demeurent réservés face à une acidité aussi mordante que surprenante.

Au final et dans un millésime considéré comme non-exceptionnel, l’impression générale de très jolis vins, à très forte identité, s’impose clairement. Ces vins sont déjà assez expressifs (rien de fermé), mais ils doivent encore « matûrer » 3 à 4 ans en cave pour exprimer tout leur potentiel.


After : plateau de chèvre & clafoutis aux fruits rouges + Maury Soulanes 2005 Vintage (9.50 euros*).

Le plateau de chèvre, relevé d’une délicieuse Boulette d’Avesne, est bien digne du tgjp (seul un infâme fromage bourguignon – une Epoisses servie vulgairement à la cuillère – rompt l’harmonie). Le clafoutis est absorbé dans un silence religieux. Le Maury du sieur Laffite, du Domaine des Soulanes, délivre un plaisir certain. Le fruit est explosif, l’alcool plutôt discret et le sucre bien proportionné.

(*) tarif départ propriété

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