Au TGJP, Le Bon Président dispose de pouvoirs régaliens. Une fois l’an, il convoque le ban et l’arrière-ban, non pour le règlement de la Dîme, mais pour la Corvée : la grande soirée des nobles vins du sud-ouest. Nous voilà donc réunis en ce samedi 29 mai 2005 dans le XIIème. Outre La Bonne Présidente Sylvie L., mes compagnons d’infortune se nomment Odile et Emmanuel T., Dorothée et Daniel G., Philippe C. et Marie S.
Pâté : Foie gras de Canard & jambon Bellota + Gaillac Causses Marines 2003 Greilles + VdT Charles Hours 2003 cuvée Marie. On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre et Le Bon Président sort directement des douceurs qui fondent bien dans la bouche. On sert le 1er blanc de Lou Païs. C’est bien un 2003, quasi demi-sec. Les saveurs sont assez sympathiques et la matière assez pure mais le tout est quand même un peu plat, la bouche presque pâteuse.
On passe au Clos Marie. La fraîcheur, grâce à une acidité bien placée, est au rendez-vous. La bouche est sapide et le résultat final assez convaincant. L’association avec les douceurs apéritives est bien pensée.
Volaille : Magrets de canard aux jeunes navets et au vinaigre fin de framboise + Cahors Haute Serre 1990 + Cahors Clos de Gamot 1995 Vignes centenaires. L’assiette est bien goûtue et les membres du TGJP trouvent finalement la corvée presque supportable. On verse le Clos de Gamot en format magnum. Les vignes sont peut être centenaires mais le bouchon a fait très récemment ami-ami avec du TCA. Cap sur l’évier.
Le Hautes Serres est doté d’une matière élégante selon certains, un peu diluée selon d’autres pour du Cahors. Il est à maturité avec une jolie expression en bouche mais une finale un poil brûlante.
Viande : Aligot-saucisse + Marcillac Laurens 2001 + Madiran Pichard 1982 + Fronton Plaisance 2001 To çô que cal. Le sieur Philippe C. délivre une bonne prestation en termes d’aligot avec le léger parfum d’ail qui va bien, le bon goût du Cantal frais et une consistance assez « aérienne » pour ce type de plat. Le nez du Laurens est sans ambiguïté : gentiment moisi. L’évier est drôlement gâté ce soir.
On verse le Pichard. C’est la plus jolie bouteille de la soirée. Le vin est à maturité. Il affiche de la pureté, un bel équilibre, de la fraîcheur et de jolies saveurs. Le plaisir est bien là, même si on ne cracherait pas sur un peu plus de densité et de persistance. A sa décharge, la saucisse a peut-être freiné ses ardeurs.
On s’achève avec le Fronton. C’est un assemblage de syrah et de négrette. La matière est saine. On est dans un style plutôt moderne avec un fruité éclatant. C’est bien sympathique.
Fromages : Madiran Montus 1994. Avec tout ce vin à l’évier, Le Bon Président est obligé de rouvrir son frigidaire et nous propose un Montus bien frappé. A environ 12°C, la bête n’est pas à son meilleur. Sa bouche révèle néanmoins plutôt le bon faiseur.
Sucreries : Sabayon de fraise glacé + Jurançon Lapeyre 1996 Sélection de petit manseng + Jurançon Clos Uroulat Charles Hours 2001. Le sabayon reçoit un très bon accueil, bien mérité. On attaque le Lapeyre. Il est atrocement souffré. Les deux gorgées, que je me force à avaler pour rédiger avec rigueur ce compte-rendu, m’assurent une bonne céphalée.
La version de Charles Hours est bien plaisante avec un équilibre sucre/acidité bien adapté à une consommation de fin de repas. La matière est très nette et les saveurs expressives.
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