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En ce vendredi 28 avril 2006, on décide de poursuivre sur notre lancée et d’attaquer à nouveau des Rhône nord. L’hétérogène millésime 1997 est retenu, les plus fins palais du tgjp convoqués. Dès 20 :00, le salon de la VIP room résonne des voix mielleuses de Laurent L., Philippe C., Gilles T., Emmanuel T., Daniel G., Jean-Luc F., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Douceurs apéritives : canapés à l’houmous & au tarama + Sancerre Vatan 2002 Clos la Néore (10 euros*) + Sancerre François Cotat 2002 Monts Damnés (12 euros*).
L’affaire démarre bien : l’association sauvignon/tarama/houmous fait merveille. A ce stade, le Vatan est d’une pureté exceptionnelle et d’une élégance stellaire, mais semble encore peu disert. Le Cotat dans sa version Mont Damnés fait merveille. Il est absolument délicieux : pureté, fraîcheur, expressivité, longueur…
Before : risotto à l’oseille + Savennières Morgat 2002 L’Enclos + Anjou Richard Leroy 2002 Clos des Rouliers (14 euros).
Emmanuel T. adopte un comportement bizarre : visites impromptues en cuisine, analyse méticuleuse de la turbidité du bouillon, mitraillage photographique de l’assiette,… On remplit les verres. Le Morgat a plutôt bien digéré son élevage (vs 2003). La matière affiche de belles saveurs fruitées. Elle est assez expressive et plutôt dense. On peut peut-être lui reprocher un certain manque d’équilibre. Mais, l’association avec l’oseille est fort intéressante. Le Richard Leroy délivre plus de fraîcheur et de finesse. Mais, il ne parvient pas à prendre le dessus sur l’oseille. Profitant d’un dialogue pointilleux entre Philippe C. et Laurent L. relatif aux mérites respectifs des plafonds transparents et des portes coulissantes dans les lupanars, Emmanuel T. s’introduit à nouveau discrètement en cuisine pour photographier le fond de la casserole et récupérer certains déchets dans la poubelle.
Main course : Tendrons de veau à la moutarde et leur purée de charlottes nouvelles + Cornas Clape 1997 + Hermitage Ferraton 1997 Les Miaux (31 euros*) + Côte Rôtie Jamet 1997 (22 euros*) + Côte Rôtie Jamet 1997 Côte Brune (32 euros*).
Bien qu’un poil régressif, le couple tendrons/purée fait son petit effet. On attaque avec le Clape. Pas très net à l’ouverture trois heures plutôt, il n’a pas changé de registre et rejoint le fond de l’évier. Le Ferraton est un bien joli Hermitage. La matière est dense mais équilibrée, les saveurs impeccables. Seule une légère amertume en finale, trahit encore un élevage un poil appuyé. Poliment, Jean-Luc F. précise qu’il avait oublié que l’on mangeait bien à la VIP room.
On ajuste le niveau tant de la purée que des tendrons dans les assiettes, puis on verse avec style les deux Jamet. Les bouteilles sont mises en pièce en moins de 15’. Le plaisir est total. Il s’agit d’une superbe expression de Côte Rôtie associant élégance, générosité et persistance. La Côte Brune domine avec un caractère un peu plus altier. Tout à sa joie, Jean-Luc F. propose de pousser la chansonnette et de nous interpréter au choix « bali balo fait du vélo » ou « bali balo monte en ballon ». Daniel G. coupe court à cette généreuse proposition, affirmant qu’avec la lune ronde qui pointe, tous les petits hommes vont fuir le dîner s’il se met à chanter.
After : Mousse mangue & Mousse chocolat/fruit de la passion + Coteaux du Layon Cousin Leduc 1959 + Montlouis moelleux Delechenaut 2003 L’équilibriste (20 euros*).
Le dessert est classieux. Le Cousin Leduc a certainement connu son heure de gloire plusieurs décennies auparavant. Bon chrétien, tout un chacun convient que ses cendres se doivent de reposer en paix. Le moelleux de Damien Delechenaut nous sauve la mise. La matière est pure et très rafresh, avec des saveurs assez complexes mêlant aux dires de mes voisins les agrumes, les fruits à peau blanche… La suite qui combine Ramon Allones, Upman et whiskys à fort titrage est tellement lamentable, que je préfère fermer les yeux et en rester là pour le compte-rendu.
(*) tarif départ propriété
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