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Même si le tgjp ne manque pas de buveurs d’étiquettes, certains d’entre eux ne rechignent pas deux à trois fois par an, à s’aventurer sur les chemins escarpés du Languedoc et du Roussillon. Ainsi, en ce vendredi 28 mars 2008, la vip room affiche complet : Le Bon Président, Didier C., Marie S., Daniel G., Antoine A., Jean-Luc F., Olivier M. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Apéritif : douceurs marines (tamara, saumon fumé & œufs de saumon) & oshinko + VdP des Côtes Catalanes Clos du Rouge Gorge Cyril Fahl 2005 + VdP de la Vallée du Paradis Maxime Magnon 2006 La Bégou (11 euros*)
Les accords sont un peu acrobatiques. Le blanc de Cyril Fahl offre une bouche expressive, pure, assez large, plutôt tendue. A ce stade, on peut lui reprocher un élevage qui marque encore et une légère amertume en finale (le cépage ?). Le blanc de Maxime Magnon est un séducteur. Le fruité est subtil, la matière bien tendue, très nette et très élégante pour un blanc sudiste.
Before : risotto aux légumes de printemps (carottes, navets et petits pois) + VdT Petit Domaine de Gimios Anne-Marie Lavaysse 2006 rouge fruit (10 euros*) + Côtes du Roussillon Jean-Philippe Padié 2005 Le Ciel Liquide (20 euros*)
L’accord est appréciable et apprécié. La cuvée rouge fruit du domaine de Gimios affiche un nez de fruit rouge sidérant. La matière est dotée d’une grande fraîcheur, d’une gouleyance remarquée et d’une finale très pure. Elle descend toute seule. C’est une très jolie bouteille, pour presque la totalité des membres. Le Ciel Liquide de Jean-Philippe Padié affiche une forte ambition. A ce stade, la matière est encore très serrée. Mais, on note de la fraicheur, de la pureté et l’amorce d’une jolie finale.
Main course : jarret de porc laqué, purée d’ail nouveau & gratin de blettes + Côtes du Roussillon Bout du Monde Edouard Laffitte 2005 30G + Minervois Jean-Baptiste Senat 2006 Ornicar (11 euros*) + Corbières Maxime Magnon 2005 & 2006 Campagnès (16 euros*)
Le plat est accueilli avec sympathie, mais c’est autour de la purée d’ail nouveau que se concentrent les regards les plus enamourés. Carafé 6 heures sur les recommandations de son dealer, le 30G est très, très, très naturel. Paradoxalement, cette caractéristique lui assure la bienveillance des membres les plus compétents de l’assemblée. Il a le charme de ses défauts : un peu de volatile, contrebalancé par une jolie fraîcheur. Nul ne reste indifférent. L’Ornicar de Jean-Baptiste Senat se montre plus respectueux des canons de l’œnologie du XXIème siècle : fruit impeccable, juste densité & jolie finale. On peut tout au plus porter à son débit une matière un tout petit poil trop mûr et une trop grande sagesse.
On retaille les jarrets du meilleur ami de l’homme, tout en achevant les restes du gratin, the magic purée n’étant plus qu’un lointain souvenir (Antoine A. ayant fait reluire le plat avec sa langue…). Le 2005 de Maxime Magnon est jugé plus ambitieux que le 2006. La tautologie habituelle jaillit : « Y’a du vin là-dedans ». L’impeccable matière est fraîche et tendue, l’élevage très discret.
After : fromages de saison + tarte au citron + Muscat de Saint-Jean de Minervois Petit Domaine de Gimios 2004 Petits grains
Eu égard à la qualité reconnue du plateau de fromages, Antoine A. s’évite quolibets et mauvais gestes. L’accord citron / muscat est simplement nul, mais une dégustation parallèle est immédiatement conduite. Ce moelleux du Petit Gimios séduit tous les convives. Le style est plus sur l’élégance que la puissance. L’équilibre sucre/acidité et la pureté participe de ce succès.
(*) Tarif départ propriété
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