Réunion du vendredi 28 mars 2003 :
«In Cornas Veritas à le TGJP»

Cela faisait près de 15 jours qu’on ne s’était rien jeté derrière la cravate et l’ambiance devenait délétère. Les rumeurs bruissaient, les lames s’aiguisaient, la température montait dans la capitale… Il était clair qu’on ne pourrait pas attendre jusqu’au couscous/boulettes du vendredi saint. On convoque donc pour calmer le jeu et trancher dans le vif, le Contrôleur, Daniel G., et l’incontournable, Le Vrai Président, Pierre C. Vers 20 :30, on gratte à la porte. C’est le n°2, Laurent L. et le président-déchu, Sylvain M. qui passaient là comme par hasard…

Apéro : melon, canapés au speck et mezze libanais au thym. On arrose tout cela de Grand Vin de Champagne Italien Moscato d’Asti 2002. Ca le fait bien et les membres avec titre du TGJP commencent à reprendre forme humaine et tentent de renouer le dialogue.

Primi piatti : Risotto aux asperges vertes + Sancerre Blanc Mellot 1999 Edmond + François Cotat 2001 Les Culs de Beaujeu*. Pour le riz et sur les conseils toujours pertinents de Monseigneur Gianni P., Evêque de Chalons & conseiller spécial du TGJP pour les délicates affaires de risotto, on retente le vialone nano. Victoire, aucune plainte n’est enregistrée. La cuvée Edmond fait montre d’une belle matière, bien mûre et d’un élevage très expressif avec malheureusement moulte bois. Et les asperges n’aiment pas du tout le bois (une association avec un plat plus riche serait peut-être plus opportune…). Le Cotat – François de son prénom, installé à Chavignol – fait entendre sa petite musique. Bien qu’encore très jeune, il est déjà très accessible, totalement pur, très fin et d’une très belle longueur. En outre, il fait copain/copine avec les asperges. Humilité & Respect pour ce Cotat. Dring, 1er coup de téléphone. C’est Pierre C., Le Vrai Président. Il a appris l’organisation dans l’armée américaine et sans baby-sitter, il est bloqué chez lui. Il part alors dans une longue diatribe : « Bande de minus, le TGJP, c’est un vaste bordel. Dorénavant, plutôt que vos commentaires débilisants, j’veux des notes sur 20 au centième près et démerdez-vous que pour toutes les notes soient comprises entre 13 & 16. Rompez !!! ». On se dit tous alors qu’on a enfin au TGJP un vrai chef. Un qui sait causer à la plèbe et qui a tout compris au vin.

Secondi piatti : Navarin d’agneau aux petits légumes + Cornas Tardieu-Laurent 1997 vieilles vignes + Cornas Colombo 1997 La Louvée + Cornas Voge 1997 vielles vignes + Cornas Clape 1997. Le Tardieu-Laurent est fidèle aux canons de la maison. La matière est belle, très soyeuse, un peu dure et très internationale. C’est la bouteille qui déplait le plus. Le Colombo est un peu plus rond avec un boisé plus chocolaté. Bof, bof. Le Voge est lui aussi un peu dur avec des saveurs torréfiées dérangeantes. Enfin, le Clappe paraît le plus naturel, mais il est un peu creux en bouche et pas complètement net. Il est mieux le lendemain. A l’actif de ces bouteilles, on peut souligner l’association peut-être difficile avec le navarin et la nécessité d’une garde plus importante en cave, mais les tarifs pratiqués n’incitent pas à la modération dans le commentaire. Dring, dring, 2ème coup de téléphone, c’est Tullius Detritus. Il s’étonne de n’avoir pas été invité, de n’avoir pas reçu le programme, de ne pas être consulté, de ne rien comprendre aux mails. Il tente même d'acheter une carte de membre en nous promettant une bouteille de VDN Rivesaltes 1998 pétillante. Une vraie rareté selon lui…

Fromj & dolce : Baba au rhum (distillerie Bielle) à l’ananas. Daniel G. qui est en charge d’apporter le liquoreux qui va bien prend tout-à-trac la parole : «Y’en a marre de ces liquoreux maigrelets et sur-chaptalisés des Baudouin, Poirel, Daret** et autres empoisonneurs… et de la dictature sucrière de cet incapable de Le Vrai Président. Ce soir, je vous ai apporté une vraie douceur, le vin des rois…etc…etc ». Sur ce, il joint le geste à la parole et sort de sous la table, une bouteille de Grand-Marnier vieille d’au moins 20 ans. Après un copieux massacre du bouchon, la première gorgée révèle un alcool brûlant, genre à 90°. 10’ plus tard arrive en renfort la mandarine sirupeuse, signe de la plus rigoureuse typicité… Sylvain M., le président déchu, assiste à cette bien triste scène avec le regard plein de tristesse de celui qui a connu, il y a bien longtemps, les splendeurs d’un TGJP présidé avec Grandeur.
(*) François Cotat 18300 Chavignol 02 48 54 21 27 Environ 9 euros pour les Culs de Beaujeu et 11 euros pour les Monts-Damnés.
(**) www.sapros.org

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Encore une soirée difficile en perspective...
Une tambouille plutôt goûteuse...
Pour pas salir, on n'a pas sorti d'assiettes...
Celui-là, il a été difficile de lui faire rendre la casserole