Réunion du 27 juin 2008 : Massalé d'agneau & Rhône nord au tgjp

En l’absence du Bon Président et bien décidé à faire mentir l’adage - « il n’est de grand vin que de grenache » - le tgjp se réunit en ce vendredi 27 juin 2008 autour de six flacons de Rhône nord, bien nés et bien élevés. Les spécialistes de l’échalas et des robes soutenues répondent massivement présents : Marie S., Sylvain M., Olivier M., Jean-Luc F., Emmanuel T., Antoine A. & votre serviteur (Pierre-Alain B.).


Apéritif : tartelettes sablées à la tomate, anchois thym ou basilic + galettes de thym + galettes aux épinards & aux pignons + Meursault Coche-Dury 2001 Les Rougeots + Meursault Germain 2001 Chevalières

Les bourguignons (lire « traîtres », « malfaisants » ou « sapajous ») du tgjp n’ont pas encore rendus les armes et tentent toujours désespérément d’évangéliser, à peu de frais, les âmes errantes. Sans l’ombre d’une contestation, tout un chacun reconnaît la signature Coche Dury : le vin est très marqué, tant au nez qu’en bouche, de grillé. Des gens de peu de foi évoquent à nouveau le batonnage. D’autres penchent pour la barrique. Le Germain fait meilleur figure. Il est frais, tendu, pur, persistant, voire élégant. Un rapide sondage indique une intention d’achat n’excédant pas les 20 euros...


Before : risotto à la tomate et à la pancetta + Côte Rôtie Jamet 1996 regular & Côte Brune

Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’accord est très satisfaisant. Les deux Jamet sont à maturité, pas trop acides (des 96 quand même) et délivrent des plaisirs certains. Le regular affiche un poil de végétal. La matière est bien jolie, l’acidité un peu digérée. Le Côte Brune bénéficie d’un pur fruité, d’un peu plus de largeur et de persistance.


Main course : massalé d’agneau + Cornas Allemand 1996 Chaillots & Reynards + Côte Rôtie Jasmin 1996 + Hermitage Jaboulet 1996 La Chapelle

A nouveau l’accord se réalise dans la joie et la bonne humeur. On attaque avec les deux Allemands. Le Reynards empeste la vieille serpillière et remplit sine die le crachoir. Le les Chaillots est fidèle aux canons de son producteur : un peu d’austérité, un fruité impeccable, de la fraicheur, de la gouleyance, la classe quoi !

On refait les niveaux. Le Jasmin présente un étonnant nez d’huître. Il suit le chemin du Reynards. On clôt les hostilités avec le La Chapelle. Il paraît plutôt fermé et - peut être - pas totalement net. La patience s’impose.


After : fromages de saison + nougat glacé au coulis de mangues + Côteaux du Layon Richard Leroy 2003

Le plateau de fromages est la seule faute de goût de la soirée. Son auteur a très grossièrement retenu dans sa shopping-list un infâme soumaintrain (une pâte bourguignonne molle non pressée et non cuite totalement bling-bling). Un à un, tous les membres lui signifient que la situation est moins embarrassante qu’humiliante. Heureusement, le nougat est diabolique. Surtout, le Richard Leroy est plus qu’à la hauteur : fruité impeccable, tension, fraicheur, complexité…

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