Réunion du 27 mai 2006 : Petits berlugans, confit à la landaise
& Sud-Ouest 1985-2002 au tgjp
L'an dernier, ils avaient transformé l'arrière-train du chat en saucisse.... Cette année, ils ont décongelé l'avant pour la farce des berlugans... C'est vrai qu'ils sont fins et savoureux et qu'on sent bien le goût du chat.
S'il cuisine les truffes, comme les chats, moi je dis Vive Le Bon Président !
Pouaaah, ils ont oublié de lui arracher les poils et je m'étouffe. En plus, avec le Jurançon bien vert, ça couvre l'arrière-goût d'insuline.

Eprouvés depuis près de 4 mois par les mauvais traitements et les embrouilles de l’Euro Président, quelques membres courageux du tgjp décident en ce vendredi 27 mai 2006, de se réunir en un endroit secret pour en finir avec le tyran. Un buffet républicain est dressé en un lieu discret du XIIème arrondissement, avec force plats du sud-ouest et vins autochtones. Sylvie L., Laurent L., Dorothée G., Daniel G., Jean-Luc F., Philippe C., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.) sont du complot.


Fait-la-bouche : tartines aux rillettes de canard et de cèpes + Jurançon Souch 2002 sec + VDP du Périgord Tirecul la Gravière 2001 sec.

Le cèpe a été habilement introduit dans les rillettes et fait le bonheur de tous. Le premier blanc nous rappelle que longtemps les anglais ont dominé la Guyenne. Doté d’une acidité qui fait éclater l’émail des dents comme la soupe brûlante, il s’impose comme un élément fondateur de l’éducation anglaise. La maturité est des plus juste, ce qui renforce encore notre affliction. Le remplissage des verres en Tirecul la Gravière annonce notre élargissement. C’est beaucoup plus doux, plus fin, et finalement plus élégant, même si la présence en bouche et la longueur sont assez relatives.


Before : Petits berlugans + Cahors La Fage 2001 + Amboise Grange Tiphaine Damien Delecheneau Côt Vieilles Vignes 2005.

Pour les mal-comprenants du dialecte aveyronnais, le terme de petits berlugans est synonyme de petits choux farcis. Réalisés avec amour et générosité, ils font le bonheur de tous les conspirateurs. Face à eux, Le Cahors La Fage est un breuvage plutôt rustique, dense mais équilibré et frais, et finalement assez persistant. Il est porteur d’un plaisir certain pour la tablée qui commence à se dire que la vie est assez douce à lou païs. Servi à une température un peu élevée et peut être troublé par les effluves du chou, le Côt de Damien Delecheneau déçoit (bouteille pirate). La matière paraît dissociée et les saveurs manquent de noblesse. A revoir.

Sur un ton doucereux, Maris S. fait remarquer qu’un peu de truffe manque cruellement à pareil festin. Jean-Luc F., spécialiste de la haute administration, souligne qu’il s’agissait de la principale promesse de l’Euro Président. Je rappelle que ce dernier a traité avec un caviste bon ami de la bouteille et que cette dernière est mauvaise conseillère. Avec bon sens, Philippe C. affirme qu’il faut en finir avec l’usurpateur pour retrouver le vrai goût de la truffe. Il aide Laurent L. à se hisser sur la table et le rétablit autoritairement dans toutes ses prérogatives de Bon Président. Les « Vives Le Bon Président » et autres « Mort à l’usurpateur et à son complice le caviste alcoolique » résonnent de toute part. L’épouse du Bon Président est très émue et même ses enfants reconnaissent subitement à nouveau son autorité.


Main course : confit à la landaise sur son lit de petits pois + Cahors Clos Triguedina 1998 Prince Probus + Cahors La Coustarelle 2002 Grande cuvée Prestige + Madiran Bouscassé 1990 Vieilles Vignes + Madiran Montus 1985 Prestige.

L’Euro Président regagne sa place et tout un chacun se gave religieusement de ce parfait petit confit. Ayant déjà commencé à absorber son élevage, le Clos Triguedina dans sa version premium est grandement apprécié. La matière est belle, dense mais fraîche. La bouche commence à révéler des saveurs secondaires appréciables. Un deuxième grand plaisir. Le la Coustarelle est lui aussi un joli vin mais simplement un cran en dessous.

Après un deuxième passage de la roulante, on sert les Madiran. Le Bouscassé est légèrement bouchonné et fini à l’évier. Le Montus, lui aussi dans sa version premium – on ne lésine jamais à lou païs pour étancher la soif des amis – affiche un bien joli nez. La bouche est douce, élégante et assez persistante. Certains crient au génie, d’autres beaucoup plus compétents trouvent quand même que ce type de vin fait un peu « petit bordeaux », alors que les Cahors parlent une langue bien à eux.

Sans désemparer, Daniel G. exige la convocation pour vendredi 2 juin de l’usurpateur, pour un procès roumain en bonne et due forme, avec excuses publiques de l’accusé précédant sa nécessaire exécution. Gilles T., contacté par téléphone, accepte avec bonne humeur d’endosser le rôle très prisé de l’avocat roumain. Il rappelle le principe fondateur de la Haute Cour Criminelle d’Ezanville : « Qui s’excuse, s’accuse ! ». Tout un chacun ne peut cacher sa joie à l’annonce d’un tel spectacle.


After : plateau de fromages (Mimolette de 24 mois, Gouda de 48 mois, Cabrioulet, Cuyalas & Rocamadour à gogo) + Cannelés de Pierre Hermé et leur glace à la vanille + Jurançon Souch 2002 moelleux + Jurançon Souch 2002 liquoreux cuvée Marie Kattalin.

Les cannelés sont quasi-brûlés et moyennement frais. Ce Pierre Hermé va être convoqué de conserve avec l’usurpateur pour la petite séance roumaine qui va bien. Gilles T. nous fera un prix de gros. Pour les vins de dessert, on attaque du local-local. L’acidité est de nouveau considérable, mon voisin m’expliquant qu’au bout d’une voire deux décennies, elle tend « en principe » à se fondre. Pour ne pas fâcher les indigènes, je préfère arrêter à ce point mon analyse

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