Réunion du 27 janvier 2006 :
Jarret de veau mijoté à l'estragon & Bordeaux 1996 au TGJP
Elle n'est pas bonne l' idée de "se payer une truffe" avec les 1000 euros ? Vous pouvez me suivre les yeux fermés. L'embrouille, ça me connaît ! J'ai fait le Master Lutin-MdT-Hamour, section chablis-riesling-café. The best !
On pourra aussi s'acheter une caisse de Bertrand des Marnières. J'ai des prix. Mais, le champagne pas-bio pourrait gâcher les parfums de la truffe. Cette leçon de carambouille vaut bien une couronne, sans doute !
Pour le 2ème acte de la saga Bordeaux 1996, les plus brillants sujets de l’appellation Saint-Julien sont réunis, comme à la parade, à la VIP room, en ce vendredi 27 janvier 2006. Ils font face à un panel de dégustateurs, « objectifs mais bienveillants » (comme on dit chez les ballots), en les personnes de : Jean-François D., Philippe C., Daniel G., Le Bon Président, Pierre C., Emmanuel T., Marie S. et bibi (Pierre-Alain B.).

Fait-la-bouche : bellota-bellota, andouille de Guéméné, rillettes aux cèpes… + Champagne larmandier-Bernier Terre de Vertus + Champagne Franck Pascal Alexis.

La table des charcuteries est richement garnie et assure une bonne mise en bouche. Les deux champagnes sont plébiscités : Le Terre de Vertus pour son élégance, sa fraîcheur et sa pureté, l’Alexis pour sa générosité et sa complexité. Le plaisir se lit sur tous les visages. Tout un chacun loue la pertinence de telles acquisitions et souligne qu’il faut soutenir les vrais vignerons bios en champagne.


Primi piatti : risotto aux poireaux, à la pancetta et au pecorino + Saint-Julien Beychevelle 1996 + Saint-Julien Branaire 1996.

Le risotto est apprécié par tous. L’association avec le Bordeaux est relativement satisfaisante. Le Branaire est peu apprécié. On note un creux certain en milieu de bouche et un boisé assez asséchant. On passe au Beychevelle. Il affiche un certain charme et semble déjà très accessible. On trouve au fond du verre un vin de demi-corps, fondu, pur, frais voire gouleyant. La finale et le terroir ne sont pas vraiment explosifs. Les plus experts de la région conviennent qu’aux alentours des 15 euros, ils se laisseraient bien tentés.

Sur ce, Pierre C. frappe bruyamment avec son couteau le flanc de son verre pour obtenir le silence. Il affirme de façon énigmatique : « On va se payer une truffe ». De tels propos en pareil endroit provoquent naturellement un silence quasi-religieux. Il poursuit en expliquant être en mesure de monter une petite embrouille au détriment d’un caviste alcoolique, propre à rapporter 1000 euros au TGJP (mille euros). Les plus avisés demandent un court instant de réflexion.


Secondi piatti : jarret de veau mijoté à l’estragon et ses purées de butternuts et de pommes de terre + Saint-Julien Gruaud-Larose 1996 + Saint-Julien Lagrange 1996 + Saint-Julien Léoville-Poyferré 1996 + Saint-Julien Léoville-Barton 1996.

Le jarret de veau et la purée à la tapenade sont top-slurp et font plutôt ami-ami avec le Bordeaux. Mais, de nombreux membres commencent à penser dans le for intérieure que la truffe ferait aussi un bon compagnon de la purée. On ouvre les hostilités au Gruaud-Larose. La matière est assez dense, plutôt classieuse, bien structurée. Emmanuel T. crie au miracle mais d’autres jugent le vin encore peu disert et réservent le pronostic. Le Lagrange fait l’unanimité contre lui. Il associe un boisé proéminent et asséchant, à une dureté certaine.

On ravitaille en veau et en purée et on reprend notre tâche sans désemparer. Avec le Poyferré, les mauvaises manières bordelaises sont de retour : la matière assez moyenne est camouflée derrière un boisé-épicé envahissant. Il termine logiquement dans le crachoir et son propriétaire, Jean-François D., nous présente d’un air contrit, d’humbles et respectueuses excuses (qui l’accusent encore plus dramatiquement). On achève notre chemin de croix avec le Barton. Force est de constater qu’il ne manque pas de fond. La matière est dense, fraîche et authentique mais elle reste encore un peu dominée par le boisé pour assurer, à ce stade, un véritable plaisir. Le pronostic serait aux dires de certains des plus favorables.

L’immense majorité des convives et d’autres membres joints par téléphone trouvent l’idée de l’embrouille prodigieuse et décident de porter Pierre C. aux plus hautes fonctions du TGJP, sous le sobriquet avantageux d’« Euro Président ». Amer devant tant d’ingratitudes et de cupidité, Laurent L., l’ex-Bon Président tente de souligner qu’il ne s’agit que d’une simple promesse, faîte de surcroît, par un individu à la parole plutôt chancelante. Au final, il est obligé de s’incliner devant le veau d’or et s’enfuit dans la nuit glacée vers la rive droite.


Fromages et dolce : plateau de vieux hollandais & tarte aux pommes + Coteaux du Layon Baudouin 2001 sgn.

Les toutes premières gorgées de ce Layon sont plutôt déroutantes. Des spécialistes affirment y discerner des effluves de pourriture grise, mais notre Euro Président qui a participé à sa vendange, jure avec la bonhomie et la sincérité qu’on lui connaît, que les grappes étaient saines. Après une sérieuse aération, les choses se mettent en place mais le millésime semble présenter, quand même, des limites certaines.

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