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En cette fin de journée du vendredi 26 janvier 2007 et après quelques heures de jet privé, Cole K. est en visite sur le vieux continent. Il retient son couvert au tgjp, non sans préciser de faire monter de la cave attenante les quelques Cornas 1998 qui vont bien. Pour assurer une conversation de bon niveau, les membres les plus éminents du clan sont convoqués : Le Bon Président, Emmanuel T., Daniel G., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Mises en bouche : saucisson pistaché, os à moelle, mini gougères, canapés au bleu, poire & figue + Savennières Laureau 2002 Bel Ouvrage (11 euros*) + Savennières Morgat 2002 Enclos+ Sancerre Pascal Cotat 2002 Monts Damnés (12 euros*).
On attaque avec le Laureau. Le nez et surtout la bouche confirment la traitrise du bouchon. La bouteille prend le chemin de l’évier. Sans désemparer, on verse le Morgat. C’est la version vin d’Anjou du tout début des années 2000 : sur-maturité, botrytis, pointe de résiduel & légère oxydation. C’est riche, gras, plutôt séducteur mais finalement déséquilibré. Le jugement est sans appel : moins d’un tiers de la bouteille est entamée. Le Cotat sauve la partie : très pur, aérien, bien rafresh et aussi élégant que finement fruité. Nul ne se plaint du soufre. La bouteille atteint ground zero en moins de 15’.
First course : risotto au fenouil et au citron + Anjou Richard Leroy 2004 Noëls de Montbenault (16 euros*) + Montlouis Stéphane Cossais 2004 Volagré (14 euros*).
L’accord fenouil / chenin est redoutable. Le Montbenault est royal de distinction et de disponibilité : puissant, très pur et profond. Le Montlouis est de la même veine, mais avec un équilibre plus pointu. Un invité très expert exige, séance tenante, de connaître tous les points de vente en Europe de l’ouest des vins de Richard Leroy. Si les réserves devaient s’avérer épuisées sur le vieux continent, Cole K. jure qu’il en rapporterait directement de New-York.
Main course : joues de porc aux lentilles + Cornas Clape 1998 (26 euros*) + Cornas Courbis 1998 Les Eygats (20 euros*) + Cornas Thierry Allemand 1998 Chaillots (20 euros*) & Reynard (25 euros*).
Le plat est des plus goûtu mais constitue un sparing-partner un peu encombrant pour les vins. On ouvre les hostilités avec le Courbis. L’accueil semble très réservé. L’élevage est toujours manifeste et la matière n’est pas totalement pure. On passe rapidos au Clape. La matière est assez rustique, caractéristique en général assez appréciée à la table du tgjp. On note un peu d’astringence, voir de végétal, mais la bouteille se dévoile progressivement sous un meilleur jour et semble assez prometteuse. On ajoute deux joues et un peu de lentilles à chaque assiette. De concert, on verse les deux cuvées de Thierry Allemand. A ce stade, les vins sont bien équilibrés et très purs. Le Reynard domine en termes de densité et de complexité. On peut cependant leur reprocher une xepression assez austère, voire une certaine dureté.
Fromages & douceurs : galette des rois + Coteaux du Layon Richard Leroy 2003 Noëls de Montbenault (28 euros*) + Vouvray Huet 1971 Clos du Bourg 1ère trie.
Après 35 ans de cave, le Huet empeste toujours autant le soufre (rien ne se perd…). Si l’acidité est franchement violente, l’émotion transparaît chez la majorité des convives qui louent la complexité des saveurs et la longueur un peu saline du produit. Pour ma part, je ne demeure pas convaincu par ce style de vins où l’on confond trop souvent défauts et typicité. On clôt les débats avec le Layon. Son nez révèle de façon univoque qu’on peut produire un liquoreux sans soufre perceptible. Le fruité est explosif, la matière fraîche et complexe, la persistance certaine. Un voisin de table, super-expert en Sauternes, s’affirme prêt à jurer sur un paquet de bibles, qu’il n’a jamais rien bu de meilleur à Bordeaux.
(*) tarif départ propriété
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