Réunion du mercredi 25 juin 2003 :
«Le TGJP avec Le Bon Président
à la verticale du Clos Mont-Olivet»

Incapable de faire face à sa déchéance malgré les précieux conseils bien alcoolisés de nombreux participants à Vinexpo, notre déchu-à-nous a décidé de s’exiler au pays du spumante. Toujours respectueux et humble envers ses anciens présidents – même si on apprécierait qu’il restitue l’argent qu’il a volé dans la caisse – le TGJP décide de lui rendre les honneurs ce mercredi 25 juin. Pour ce faire, on creuse le fond des caves pour déterrer des bouteilles qui ont échappé à l’occupant et appartiennent à la meilleure AOC française : les Châteauneuf-du-Pape du Clos Mont-Olivet. Le board est ainsi réuni avec bien évidement Pierre C. (Le Vrai Président), Laurent L. (Le n°2), Sylvain M. (le président-déchu), Gilles T. (récemment désigné sous le sobriquet ridicule mais signifiant de « le conseillant »), Marie S. (la photographe) et votre serviteur (le scribe).

Entrée : risotto au champagne + Cdp blanc La Nerthe 2000 + Cdp blanc Mont-Olivet 2002. Le champomy dans le risotto – encore une idée très créative du déchu – c’est moyen moins avec un caractère très « mou » (on avait pourtant pris un grand cru Mailly mais l’association n’est peut être pas pertinente). Le la Nerthe (vendu 21 euros départ propriété en 2001) déçoit à nouveau. La matière n’est pas très dense. Les saveurs agréablement florales et fruitées manquent un peu de pureté et affichent un côté lactique peu amène. Le Mont Olivet (à environ 10 euros), pourtant dans un millésime très difficile, tranche nettement par sa pureté, un gras de bon aloi, même si pour lui aussi la densité n’est pas son fort.
Tout-à-trac, Sylvain M. qui est pourtant fêté ce soir, prend un ton d’avocat roumain. Il affirme avec hargne, sans humilité ni respect, que Le Vrai Président prépare des activités bien peu compatibles avec son statut au sein du TGJP et qui rabaisserait encore cette noble institution. Le réquisitoire est un peu embrumé par l’alcool mais il ressort que Pierre aurait viré mercantis en inventant un nouveau concept : « le bar descendant ». Curieusement, Laurent L., son n°2, file fumer une cigarette et comploter avec Marie S.

Plat principal : gigot rôti & taboulé + Clos Mont-Olivet* rouge 1998, 1999 (1ère mise), 1999 (2ème mise), 2000 & 2001. On a bien fait les choses avec les quatre derniers superbes millésimes de l’appellation mais on est un peu inquiet sachant que les propriétaires – de source sûre – sont plutôt adeptes du hamac et du traitement-au-vent (là où d’autres plus dynamiques, préfèrent l’hélico). A ce stade, le 2001 est puissant et très sur le fruit. Le 2000 est assez peu disant. Le 1999 (2ème mise) brille par sa volupté et son charme, le 1999 (1ère mise) par sa précision et son amorce de profondeur. Enfin, le 1998 est peut être le plus complet et commence à dégager des arômes secondaires.
Tous ont besoin d’au moins 6 à 8 ans pour commencer à atteindre leur plénitude (à partir du millésime). Mais d’ores et déjà, le plaisir est là. Il s’agit de châteauneufs totalement purs, sans absolument aucun défaut, profonds, parfaitement équilibrés et porteurs d’un superbe avenir (pour la somme démoniaque d’environ 11 euros). Pour l’appellation, c’est moins la recherche d’un fruité absolu et immédiat qui a guidé le vigneron (objectif de plus en plus fréquent dans l’appellation), qu’une volonté d’équilibre, de complexité et finalement de respect d’un superbe terroir et de son cépage. C’est le très beau châteauneuf avec des différences marquées entre les millésimes, non sur une échelle de mauvais à bon mais plutôt sur des angles puissances/finesses et charme/précision.
Profitant d’une petite sieste récupératrice de Le Vrai Président (le Mont-Olivet, ça le change de son pineau d’aunis), je me hisse humblement sur la table et exige avec respect pour apporter le plateau des chèvres et la salade de pousses d’épinard, la nomination d’un président digne de la fonction. Après un court moment de stupeur, Gilles parfaitement rodé aux coups d’Etats et porteur d’un tee-shirt noir avec l’inscription « Laurent à la barre » en lettre d’or, hurle le nom de Laurent L. Marie S. l’embrasse. Il est Le Président du TGJP, 4ème du nom et il rentre dans la hiérarchie sous le sobriquet de « Le Bon Président ». Beau joueur, il rétablit Pierre C. dans ses fonctions ancestrales de body guard. Vive Le Bon Président !!!

From’j, salades & dessert : salade de cerises et de fraises + Cazes Muscat 1992 + Cazes Rivesaltes 1995. Le muscat est très net et très séducteur mais un poil technique. Le rouge, ½ heure après l’ouverture, affiche des saveurs appréciables mais que la chaleur handicape un poil. La messe est dite et le châteauneuf bu en quantité substantielle appelle une position plus à l’horizontale.

(*) Clos Mont-Olivet Tél : 04-90-83-72-46 Fax : 04-90-83-51-75

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