Réunions du TGJP - Très Grand Jury Parisien
Réunion du 25 avril 2008 : poitrine de veau confite au romarin, carottes
façon osso-bucco & Morey-Saint-Denis Roumier Clos la Bussière au tgjp

En ce vendredi 25 avril 2008, Cole K. choisit à nouveau d’explorer les voies de l’humilité et du respect. Son admiration sans borne pour la culture cistercienne, le conduit à retenir parmi différentes options beaucoup plus triviales, quatre Morey Saint Denis de Christophe Roumier. Sept membres du tgjp – Marie S., Bénédicte V., Sylvain M., Daniel G., Emmanuel T., Didier C., et bibi (Pierre-Alain B.) - lui collent aux basques, moins pour la qualité des breuvages proposés, que pour bénéficier des lumières de l’oracle de Washington (real estate, public and private equity, rates…).


Apéritif : guacamole & tortillas, canapés au saumon, au hareng & à l’anguille fumée + Sancerre Pascal Cotat 2000 La Grande Côte (13 euros*) + Sancerre François Cotat 2000 Les Culs de Beaujeu (10 euros*) + Sancerre Edmond Vatan 2002 Clos le Néore (10 euros*)

Le guacamole maison en sèche plus d’un, mais constitue un challenger puissant pour les vins. Le Sancerre de Pascal Cotat délivre un nez salement bouchonné et finit à l’évier.

Le Cul de Beaujeu de son cousin reçoit bon accueil. La manière est assez pure, assez fine, joliment acidulée. La finale, malencontreusement dotée d’une pointe de résiduel, doit être portée à son passif. Le Vatan est trop discret. A ce stade, la matière semble plutôt fermée, un peu mollassonne. A revoir.


Before : risotto aux asperges et aux petits pois + Anjou Richard Leroy 2004 Clos des Rouliers (14 euros*) + Anjou Richard Leroy 2004 Noëls de Montbenault (16 euros*)

Le risotto est savoureux à souhait mais l’accord Anjou/asperges n’est pas convaincant. Le Roulier est superbe de fraicheur, de tension, de pureté et bénéficie d’une finale bien persistante. Le Montbenault est inhabituellement déviant.


Main course : poitrine de veau confite au romarin, carottes façon osso-bucco & purée de pommes de terre + Morey Saint Denis Christophe Roumier 1996, 1999, 2000 & 2002 Clos la Bussière

Après s’être languie six heures au four, la poitrine de veau est confite et sa peau délicieusement laquée. On sert les Roumier en deux set avec d’abord la décennie 2000, puis 1990. Le 2000 s’avère clairement marqué du sceau du végétal. Le 2002 n’a pas encore digéré son élevage. Par son acidité hyper-tranchante, le 1996 est bien un 1996. Enfin, le 1999 surnage plus ou moins qualitativement.

La déception se lit sur tous les visages. Tout un chacun relève comme commun dénominateur à ces quatre millésimes, la maturité très limite des matières et leur expression totalement verrouillée (au soufre ?). Faut-il attendre 10, 20 ou 30 ans ? Pour l’heure une certitude demeure : le plaisir est aux abonnés absents ! Piqué au vif, Daniel G. décide derechef de gagner la gare Montparnasse pour tenter d’attraper le dernier train pour le pays des ours.


After : fromages de saison + Tiramisu + Maury Soulanes 1999 Daniel Laffitte (13 euros*)

Le tiramisu, réalisé sur les conseils d’un propre-à-rien italo-bourguignon, est très mal noté par les membres. Pour avoir par ses manœuvres, humilié de bons français qui s’essayaient honorablement à l’art culinaire de la péninsule, dès lundi, ce triste individu, père d’une cohorte d’enfants guenilleux et époux d’une matrone revêche, sera signalé à ce bon monsieur Hortefeux et ira enrichir les statistiques. Mais, le Maury du sieur Laffite triomphe de cet obstacle lamentable avec panache : superbe fruit, alcool discret, longue présence en bouche…

(*) Tarif départ propriété

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