Réunion du vendredi 25 avril 2003 :
«Bordeaux 1999 en compète à le TGJP»

Après les conseils de discipline saignants, les réunions stratégiques du board, les coups d’Etat fumeux, on décide de se faire un petit plaisir dans l’humilité et le respect et de boire pour une fois des Grands Vins dignes du rang du TGJP, soit en l’espèce du Bordeaux 1999. Qui dit Grands Vins de Bordeaux Français, dit invités de prestige. La convocation est alors transmise à Laurent L. (le n°2), Daniel G. (le Contrôleur), Sylvain M. (le président-déchu), Marie S. (la photographe) et moi-même (il en faut un pour le service de salle). La compétence de ces 5 zozos sur le bdx n’étant pas totale, on se dit que pour bien assurer il nous faut deux guest-stars et on convoque la paire Radu D. (l’unique et officiel caviste du TGJP) et Gilles T. (l’expert du bdx 1959). Pour animer la soirée, on convient de siffler les vins girondins en aveugle et d’intéresser la partie avec un cadeau conséquent à celui qui trouvera le plus grand nombre de châteaux.

Apéritif : tartinettes à la rillette d’oie, canapés ricotta/purée de tomates séchées chorizo, gendarmes… + Savennières Roche-aux-Moines Laroche 1995 + Chablis 2000 Dauvissat. Comme la semaine précédente, le vin de Mme Laroche affiche un fabuleux nez. La bouche est aussi bien disposée avec de l’équilibre et de la pureté mais un peu moins convaincante que celle du 1993. Pour le Dauvissat, dont la moitié tutoie la lapin dans la casserole, les témoignages recueillis auprès des invités les plus loquaces sont assez approbatifs malgré une acidité à ce stade très mordante.

Entrée : Risotto à la tomate, au laurier et au thym. Les hostilités sont alors ouvertes. Le premier vin affiche un nez un peu animal. Il est assez ouvert, pas totalement mûr avec des notes de poivrons, très rond mais sans profondeur. Le silence gagne la table. Daniel G. inspecte la robe, hume, trempe ses lèvres dans le breuvage et redresse la tête en indiquant sur un ton posé : «Clos du Marquis, second vin du Marquis de Léoville Las Cases». On retire la chaussette et c’est pile poil. Triple glup. A son ton, je vois le moment où il va nous raconter que le marquis est un ami.
On sert le second vin. C’est nettement plus boisé/chocolaté/torréfié. La matière est plus dense, plus classieuse, un peu austère, sans être l’extase. Le président-déchu propose Grand-Puy Lacoste. Daniel lui lance un regard attristé. Il repose son verre et indique : «Léoville Poyferré». C’est encore juste. C’est plus mollah-Daniel mais Maître Daniel et on commence à l’observer avec Humilité & Respect.

Plat principal : lapin à la moutarde, pommes fruits et pommes de terre au four. La bouteille n°3 est servie. Le boisé est encore bien présent et c’est un euphémisme. La matière est un soupçon dissociée. Daniel est impérial. Il pose son verre et affirme : «Haut Marbuzet». Encore tout juste. Laurent L. qui est très attiré par le cadeau-mystère et que son univers familial a prédisposé à douter de la nature humaine, me demande s’il n’y aurait pas une embrouille. Une rapide fouille au corps de Daniel G. et un interrogatoire serré avec la lampe et les baffes qui vont bien, ne nous apprennent rien de plus.
On sert la bouteille n°4. Moins de bois, une matière dense, encore très serrée et assez prometteuse. Daniel G. qui saigne un peu de l’arcade et du nez – Sylvain M. et Gilles T ont eu la main un peu lourde – ne fait plus son intéressant. Laurent L. prend alors la main en hurlant «Sociando». On découvre la bouteille mais comme c’est du Sociando-Mallet on ne lui accorde, sur mon conseil fielleux, qu’un demi-point.
La bouteille n°5 est servie. Voilà un nez très expressif. La bouche est sur un boisé luxueux, la matière est dense, le fruité assez explosif pour du bdx. Ca sent le raisin amoureusement traité et la vinification classieuse. Un garage plutôt Ferrari que Citroën. Daniel G. maintient la pression en proposant : «Peby Faugères». Vingt dieux, il a encore raison. On commence à se faire tous tout petit. Seul, Sylvain M. porte toujours beau en racontant qu’aux Galeries Lafayette à la journée Loire, des clients l’ont reconnu après avoir vu sa photo sur le site www.tgjp.com. Cela a encore accru son succès auprès de le gente féminine internationale.
Arrive enfin la bouteille n°6. Le nez est plus discret mais le boisé mieux intégré. La bouche semble plus équilibrée que celle du Peby, la vinification plus classique. C’est la meilleure bouteille de la soirée. Je tente un discret «Cheval Blanc», Radu propose «Las Cases» et Gilles T. «Mouton». Daniel G. ferme les yeux et se contente d’humer le vin 30 secondes. Il repose son verre et indique avec bonhommie : «Lynch-Bages». Pile poil. On décompte les points. C’est difficile. Je tente de truander un peu le truc en affirmant que j’ai perdu les feuilles de notes, que c’est compliqué... Mais rien n’y fait, Daniel G. a gagné. On me demande où est le cadeau. J’indique qu’il doit bientôt être livré et qu’il est composé de 6 rieslings d’André Ostertag. Daniel me demande de lui préciser par écrit la date de livraison (quelle attitude insolente et grossière) et Laurent L. a maintenant la bave aux lèvres (il doit être mauvais joueur celui-là…).

Fromj’ et dolce : tiramisu à la sylvain et Layon Baudouin 2001 sgn + Layon Ménard 1997 Noblesse + Porto Burmester 2000 Vintage. Le Ménard est somptueux et liquidé en 10 minutes. La matière est totalement pure et l’équilibre très appréciable. Le Baudouin, mise en bouteilles 3 semaines avant, affiche une matière impeccable mais encore pas très disante. Le porto est moyen moins mais je n’y connais rien. Sur ce, le président-déchu, nous impose le récit de sa visite au domaine de Patrick Baudouin pour les 2001*. Je vous fais grâce des scènes de Patrick Baudoin brisant d’une simple manchette un stère de bois, sautant au dessus de sa maison, courant à 100 km/heure… Sylvain est encore très jeune et très influencé par certaines séries américaines. En synthèse, le sec est sublime dans un genre très différent du Saulaies 2000, le sgn royal et le Maria Juby impérial. A nouveau, ne pas remplir sa cave des 2001 du bonhomme constituerait une erreur regrettable. Après ça, Radu s’est livré à un pillage sans vergogne du bar à alcool rudoyant tant les whisky que le kirsch, les cigares ont circulé et la vie a enfin repris.
(*) Domaine Patrick BAUDOUIN
Princé 49290 CHAUDEFONDS SUR LAYON
Tél./Fax : +33.(0)2.41.78.66.04
http://www.patrick-baudouin-layon.com/

© www.tgjp.com - 2003 - Humilité & Respect

On l'a soigné notre petit lapin à nous...
On est du genre acceuillant au TGJP...
Le lapin fait meilleur figure après la cuisson...
Maître Daniel gagne dans l'humilité & le respect...
C'est le type des Galeries Lafayette...
Gilles T. est soumis à des traitements inhumains...
Avec Radu, on fait vraiment honneur aux bouteilles...