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Avec le retour de la froidure, le tgjp décide de renouer avec le deuxième cépage roi : le mourvèdre. Il inaugure aussi le retour de la purée d’ail, qui associée à de délicates touches de cigares froids, fait au petit matin, le bonheur des petits et des grands, mais constitue aussi un alibi en béton. Les plus grands experts du mourvèdre sont réunis : Le Bon Président, Emmanuel T., Didier T., Jean-Luc F., Philippe C., Marie S., Daniel G. et moi même.
Apéritif : moultes saucissons + Anjou Richard Leroy 2005 Rouliers (14 euros*) + Anjou Richard Leroy 2005 Mombenault (16 euros*).
La charcuterie du sieur Verot rassemble tous les suffrages. On verse les deux bouteilles d’échantillons de Richard Leroy. Il s’en suit un petit ballet de 15’, où tout un chacun tente de discerner la cuvée qu’il préfère et qui se solde par deux bouteilles solidement rincées, ceci avant même l’arrivée du papatissier. En clair, 2005 est un superbe millésime. Les nez sont encore un peu discrets (mise récente). Mais, les bouches affichent de la fraîcheur, de l’élégance et de très jolis fruits mûrs. Le Montbenault se distingue par plus puissance, de profondeur et de longueur. Le plaisir est total.
Before : risotto aux cèpes ceuillis par nos gens aveyronnais+ Bandol Gros Noré 2004 (15 euros*) + Bandol La Tour de Bon (14 euros*).
Les cèpes font ami/ami avec le mourvèdre. On commence avec le Gros Noré. C’est dense, avec un fruité exubérant, de la pureté mais avec à ce stade une sensation assez forte d’alcool et de sucre. L’avenir semble prometteur. Comme pour les 98/99/00/01, le Tour du Bon trébuche. Le propos ne paraît pas clair. Les saveurs semblent embrouillées. La tablée est déçue.
Main course : Gigot rôti, purée d’ail et gratin dauphinois + Bandol Lafran-Veyrolles 2004 Spéciale (20 euros*) + Bandol Gaussens 2004 Longue garde (19 euros*) + Bandol La Bastide Blanche 2004 Estagnol (14 euros*) + Bandol Tempier 2004 La Tourtine (27 euros*).
Le gigot enregistre un succès certain et la crème d’ail n’est pas trop ravageuse. On attaque avec la cuvée spéciale de Lafran-Veyrolles. On se situe à une courte encablure du Gros Noré mais avec une puissance supérieure et une maturité encore plus poussée. C’est peut être prometteur mais un peu trop encombrant à ce stade (un peu comme le 2001). Le Gaussens qui joue un peu plus piano, délivre un pur plaisir. Bien qu’un peu fermée, la matière est puissante, élégante, avec de la fraicheur et déjà l’amorce d’une certaine complexité. Un superbe avenir lui semble promis.
On ravitaille généreusement les convives et on verse le Bastide Blanche. Ce domaine en bio-d fait sensation. La matière affiche un très bel équilibre avec des sucres et un alcool discrets, une juste maturité et une jolie finale. Du pur plaisir. On achève la partition avec la cuvée La Tourtine du domaine Tempier. La réussite est totale. On retrouve toutes les caractéristiques du grand vin de Bandol dans un très grand millésime : élégance, fraicheur, profondeur…
Au final, cette petite série de Bandol nous a convaincu de la grandeur du millésime 2004 et des qualités exceptionnelles de cette appellation quand elle est bien travaillée.
After : tarte à l’orange + Layon Baudouin 1997 sgn + Layon Sablonnettes 1997 Erable sgn + Layon Richard Leroy 1997 sgn.
La tarte à l’orange est goulument expédiée. Le passage des trois liquoreux sur la table marque clairement les esprits. Le Baudouin joue en D2. La matière est handicapée par un manque certain de fraicheur et d’élégance (on en laisse un quart au fond de la bouteille). Le Ménard est plébiscité par la majorité de la table pour son charme, sa fraicheur et son naturel. Enfin, les plus grands experts ils sont une infime minorité place le Richard Leroy au Panthéon des grands liquoreux pour sa précision, sa minéralité et sa longueur exceptionnelle.
(*) tarif départ propriété
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