Réunion du 24 septembre 2004 :
Prodigieux Bandol 2001 au TGJP
Alors mon Pierrot, on monte une p'tite embrouille avec monsieur l'agent !
Comme tu y vas ! Disons que je suis un garçon débrouillard !
D'abord, c'est le Lutin qui m'a tout appris ! Un maître...
Toi, tu as été au Pensionnat de Chavagnes mais Navaron était en arrêt maladie !
C'est vrai quoi ! Si Pierre sait mettre en musique, pourquoi l'embêter ?
T'as bien raison ! Fonce mon Pierrot ! Joue leur un bon coup de clarinette !
Entre deux diatribes poujadistes «anti-ligues-anti-alcooliques» supposées douces à ses annonceurs, la RVF a proclamé la grandeur du millésime 2001 à Bandol. En ce vendredi 24 septembre 2004, nous décidons de tirer l’affaire au clair en réunissant sur la table de la VIP room les produits de quelques bons faiseurs. Le Bon Président préside. Daniel G. contrôle. Pierre C. boularde. Jean-François pâtisse. Thien H.T. et l’archi retardent. Marie S. immortalise et je touille. Surtout, tous sont venus m’encourager et mesurer les progrès de ma conversion au «iacchossement correct».

Apéritif : Divers canapés + Saumur Villeneuve 1999 Les Cormiers (11 euros*) + Saumur Villeneuve 2000 Les Cormiers (11,70 euros*). Le 1999 présente une robe dorée très accentuée. Il est le plus expressif mais semble engagé dans une évolution rapide (problème de bouteille ou millésime ?). Le 2000 est très droit, pur mais reste à ce stade assez fermé et n’a pas encore complètement digéré son élevage. A moins de 12 euros, le rapport plaisir/prix de ces bouteilles reste royal.
Dring, dring, dring, c’est Emmanuel et Odile T. qui nous appellent. De retour de Savennières, ils ont hâte de savoir où en est ma conversion-rapport-aux-cavistes. Novice sur le sujet, j’interroge mes camarades sur la conduite à tenir. Le Bon Président souligne que j’ai maintenant sur Iacchos l’embarras du choix, précisant toutefois qu’une lecture régulière permet d’éviter les grossiers. Je demande si la longueur de la signature e-mail est un critère. Pierre C. me confirme qu’une adresse physique associée à des numéros de téléphone et de fax sont indispensables pour traiter en toute confiance. Surtout, Daniel G. souligne qu’il faut déléguer à autrui la rencontre de vignerons souvent irascibles, la découverte de pratiques à la vigne comme à la cave dignes de la sorcellerie et la promenade dans des coteaux dangereusement pentus.

Entrée : risotto aux aubergines, à la tomate et aux pignons + Bandol Pibarnon 2001 (20 euros*) + Bandol Tempier 2001 La Tourtine (26 euros*). L’association vin/risotto est correcte sans plus, l’aubergine prenant pas mal de place en bouche. Le Pibarnon affiche le plus joli nez de la soirée. En bouche et à ce stade, le vin propose un équilibre un peu bordelais. C’est fin et élégant, mais un grand nombre de membres du TGJP lui reproche une concentration assez moyenne et finalement un caractère un peu trop policé. Le Tempier dans sa version Tourtine semble nettement plus séduisant. Sans lourdeur ni surmaturité, la bouche est dense, épicée, avec une amorce de complexité, un superbe fruit et une finale impeccable. Un pur plaisir.
Pour ma conversion, Jean-François D. m’indique qu’il est nécessaire d’en passer par les foires-aux-vins. Je lui réponds que j’apprécie de laisser l’intégralité de la marge aux producteurs. Thien H.T. balaye mes atermoiements. Elle affirme avec force que c’est presque aussi rigolo que d’aller aux champignons, que Monsieur Carrouf est un vrai ami et que les bonnes affaires y sont vraiment irrésistibles.

Plat de résistance : tendrons de veau à la moutarde douce et purée de céleri + Bandol Tour du Bon 2001 (12,50 euros*) + Bandol Gros Noré 2001 (15 euros*) + Bandol La Suffrène 2001 Les Lauves (14 euros*) + Bandol Tour de Bon 2001 Saint-Férreol. Le petit tendron est accueilli avec ferveur et fait ami-ami avec le Bandol. La Tour du Bon 2001 dans sa version regular paraît un peu dissociée (comme le 2000, il y a 6 mois). La matière semble très très mûre. Jean-François D. la juge un poil « poussièreuse ». On verse le Gros Noré. La matière s’inscrit dans un bel équilibre, avec une pointe de fraîcheur, beaucoup de naturel et une jolie finale. C’est encore un très grand plaisir et à un tarif très sage. La révélation de la soirée. On s’attaque alors de concert aux deux costauds dont l’expression peut s’apparenter au Gourt de Mautens de Jérôme Bressy. Les Lauves du domaine de La Suffrene propose une énorme matière mais assez bien « domptée ». Y’a tout : du fruit, des épices, de la profondeur, de la finale… A nouveau une très belle bouteille ! En revanche, le Saint-Férreol de La Tour du Bon déçoit la noble assemblée. Cette dernière reste perplexe sur son devenir mais propose de retenter l’expérience à un prochain dîner.
Au final, le millésime 2001 est bien de très grande qualité et Bandol un très beau terroir. Surtout, ces bouteilles délivrent de très grand plaisir et sont très prometteuses pour les quinze prochaines années. Faudrait voir à remplir rapidement les caves ! Certains membres félons seraient même prêts à ré-écrire notre devise en : «il n’est de grand vin que de grenache ou de mourvèdre»

Fromages, salade et dessert : tarte aux pommes + Coteaux du Layon Baudouin 1997 Les Bruandières. Nonobstant sa pureté, le Layon surprend un peu, avec un équilibre en sucre assez pointu. Il fait mauvais ménage avec la tarte. La table s’en trouve divisée entre les laudateurs de l’élégance et les fanatiques de la sucraille. Sans bâton de chaise, la soirée finit par s’étioler…

(*) tarifs départ propriété

Tempier Le Plan du Castellet 83330 Castellet
Tél. 04 94 98 70 21 - Fax. 04 94 90 21 65

Gros Noré 675, chemin de l'argile 83740 La Cadière d'azur
Tél. 04 94 90 08 50 - Fax. 04 94 98 20 65

La Suffrene 1066, Chemin de Cuges - 83740 La Cadière d'Azur
Tél : 04 94 90 09 23 - Fax : 04 94 90 02 21

La Tour du Bon 83330 Le Castellet
Tél. 04 94 32 61 62 – Fax.04 94 32 71 69

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