Réunion du samedi 24 mai 2003 :
Le TGJP au Bois des Merveilles chez Jean-Baptiste Senat
En 1996, il n'avait pas l'argent pour les étiquettes...
Pour changer, on s'est jeté un p'tit risotto...
Le cigare, c'est d'abord une culture et un style...
... Pour d'autres, c'est voyou et compagnie.
Un bois des Merveilles qui plonge dans le sommeil...
... et fait faire d'affreux cauchemar.
La rumeur a tellement enflé qu’il a fallu passer aux actes et là y’a eu foule. En effet, le TGJP se réunit en ce samedi pour jauger avec Humilité & Respect de la qualité et de la typicité des vins de Jean-Baptiste Sénat*, vaillant vigneron du Minervois, et décider derechef s’ils peuvent passer l’octroi pour être servis dans les auberges parisiennes et distribués par les cavistes dignes de ce nom. Le Vrai Président est bien sûr de la partie ainsi que le n°2, le président déchu, le Conseiller bordelais, la photographe et le Scribe, dont la seul mission est de témoigner le plus fidèlement et le plus clairement possible de ce qu’il est advenu.

Apéritif : tartines aux rillettes d’oie, aux speck, à la coppa… + Cerdon ½ sec de Christian Bolliet. Ma foi, ce Cerdon est délicieux avec une bulle fine et un fruité très appréciable. Il a tout d’un Grand Vin de Champagne Français – Laurent, Gilles et Pierre s’y sont bien fait prendre – mais la méthode ancestrale de vinification écarte tout ajout de sucre et donc les risques de diabètes afférents à cette dernière substance. Enfin, il affiche une étiquette beaucoup plus bucolique.

Primi piatti : risotto aux asperges vertes et aux petits pois + Sancerre François Cotat 2001 Culs de Beaujeu + Saumur Clos Rougeard 1999 Brézé + Condrieu Guigal 2000 La Doriane. Sur les conseils avisés de Monseigneur Gianni P. de Chalons, on injecte dans le risotto du vialone nano qui fait parfaitement l’affaire. Le Saumur est surprenant. Son nez dégage de puissantes effluves boisées. Pour la bouche, c’est pur mais pas très généreux et très très sec, mais les avis restent partagés. Le sancerre – 100% cuve – est plus approchable, aérien avec une acidité bien équilibrée. Enfin et pour le Condrieu, un incapable l’a oublié dans le congélateur. Pauvre France ! L’alcool aidant, on interroge Pierre C. sur son futur business. Y’a du général Franck dans cet homme mais alors coté info, il est bien vérouillé.

Secondi piatti : Sauté de veau aux lucques & riz sauvage aux carottes et au céleri + Anjou rouge Cousin-Leduc 1959 + J-B Sénat Minervois 1996/1998/1999/2000 Bois des Merveilles. Avant d’attaquer le vif du sujet, on souhaite épuiser les sujets secondaires comme celui de la garde des rouges de Loire. Bravant tout les interdits – «Au TGJP, il n’est de vin que de grenache» – Gilles présente à la noble assemblée cet Anjou 1959. Les spécialistes du coin font une sale grimace. Laurent manque de s’étrangler. Pierre arrose le crachoir. On me fait goûter avec des airs de conspiration. Amha, c’est pas plus mauvais que les autres Loires bien herbacés de mon enfance. Y’a de la typicité dans cette bouteille.
Impatients, Sylvain hurle à la mort, Pierre trépigne et Laurent a des tics nerveux. Bon, on dégage le crachoir et on attaque Le Bois des Merveilles. En première ligne 2000 et 1999. Le fruit domine nettement. La matière est impeccable, parfaitement pure, aucune trace de boisé ni d’alcool brûlant. L’équilibre est un peu bourguignon et tranche par rapport à la grosse cavalerie de certaines syrah prestigieuses du coin. Le 1999 est un poil plus concentré avec un soupçon d’animalité bien venu, le 2000 plus accessible et très gourmand.
On passe au 1998 et au 1996. Le fruit est toujours présent mais des saveurs secondaires se dégagent qui renforcent la complexité et la profondeur. Les finales sont toujours impeccables. Les bouteilles ont évolué très favorablement sur 5 et 7 ans. Au final, un double constat s’impose. D’une part, on a sifflé les quatre bouteilles en moins de 1h30 et on n’a pas vu pareil phénomène depuis la soirée Gourt de Mautens. D’autre part, la non-disposition de Bois des Merveilles dans la cave de tout iacchossien digne de ce nom constituerait tant une erreur regrettable qu’un empêchement dirimant à l’admission au sein du TGJP. Qu’on se le dise !

From’j, salade & dolce : Tarte à la rhubarbe + Jurançon Louis Gaillot 1964 + Muscat Burn 2000 Clos Saint Imer. L’équilibre en sucre du Muscat ne peut résister à la tarte et le Jurançon affiche un nez assez déviant.

(*) Jean-Baptiste Senat
12 rue Argent Double 11160 TRAUSSE
Tél : 04 68 78 38 17

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