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Après la bonne purge des Bordeaux 1996, on décide en ce vendredi 24 février 2006, d’en revenir à des vins de nobles origines : des Rhône nord 2004 rapportés très récemment de la région. Avec une telle proposition, on affiche immanquablement complet : Pierre C., Corinne A., Didier C., Daniel G. Gilles T, Emmanuel T., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Fait-la-bouche : madeleines au poivron, feuilletés à la tapenade, guacamole, saucisse sèche, chorizo des Pyrénées… + Champagne Larmandier-Bernier Terre de Vertus (22.70 euros*) + Savennières Clos Frémur 2002 Bel Ouvrage (12 euros*). On attaque en souplesse avec le légendaire Terre de Vertus. Même les plus rebelles au champomy conviennent de l’excellence du produit. C’est aérien, pur et élégant. En quatre mots : Du 100% bio, du 100% bon !
Le Savennières affiche une matière riche, grasse, puissante voire profonde. On peut lui reprocher un poil de résiduel et peut être une relative mollesse, qui se traduit par un léger manque d’équilibre (trop travaillé ?).
Starter : risotto aux légumes d’hiver (poireaux, racines de persil, branches de céleri & carottes) et à la pancetta + Hermitage Blanc Faurie 2004 + Saint-Joseph blanc Gonon 2004 (16 euros*). L’association risotto/blancs du Rhône est sans faille. Le Faurie achève malheureusement sa course dans l’évier, au motif qu’il est bouchonné. On poursuit avec le Saint-Joseph. La matière est pure, assez fraîche dominée par de jolies saveurs florales. La tablée est un peu dubitative, peu au fait de ce type de blanc. On refait tourner la bouteille de Savennières.
Dring, dring ! C’est l’ex-Bon-Président qui veut nous entreprendre depuis son portable. Le ton est assez direct. Il veut faire le point au sujet des 1000 euros que Pierre C. a escroqué à un caviste alcoolique et des idées malsaines de Daniel G. Il clame même que cela commence à sentir très fort le pourri gris à la VIP room. La totalité des membres fait front derrière Pierre C. et le félicite encore d’avoir développé un esprit de lucre, matiné d’ultra-libéralisme, au TGJP. Maintenant qu’il est à Nevers, on propose à l’ex, d’aller sans désemparer, faire deux ou trois longueurs dans la Loire, pour se rafraîchir les idées.
Main course : civet de joues de porc & sa purée de pomme de terre à l’huile d’olives + Saint-Jospeh Gonon 2004 (14 euros*) + Côte Rôtie Burgaud 2004 (25 euros*) + Hermitage Faurie 2004 Assemblage (25 euros*) + Hermitage Faurie 2004 Méal (35 euros*). Le petit couple civet de joues de porc/purée est bien charmant et fait montre d’une affection certaine pour la syrah. Le Gonon rouge affiche de la gouleyance, un naturel, une certaine fraîcheur et un fruité assez pur et direct (ce n’est pas un mini-Hermitage bodybuildé mais bien un Saint-Joseph). A ce stade, il est un peu sur la réserve et trahit des saveurs légèrement végétales (maturité & signature du millésime ?).
Le Côte-Rôtie de Burgaud est plus dense, plus marqué par l’élevage (avec un boisé encore chocolaté), un poil animal (signature du domaine) mais aussi sensiblement plus complexe.
Les assiettes crient famine et on ressert à chacun, comme le règlement le prévoit en pareil cas, deux joues de porc et une grosse cuillère de purée. On attaque les choses très sérieuses avec les Hermitage. Dès la première gorgée, on se transporte bien dans un des plus beaux terroirs français, travaillé tant à la vigne qu’à la cave avec grands soins. En tout début de vie, les matières des deux Faurie sont superbes de naturel, de densité, de douceur et d’équilibre. A ce stade, l’assemblage se distingue par sa plus grande fraîcheur, le Méal par sa plus grande densité et sa plus grande classe. Au final, ce millésime 2004 est bien porteur de plaisirs tant actuels (plus disponible que 2001 à pareil époque) que futurs.
Alors que Didier C. réclame bruyamment et grossièrement sa troisième assiette, Pierre C, notre Euro Président prend la parole. Il doit rentrer à Epinay pour une affaire qui ne souffre aucun retard et souhaite que chaque convive lui remette 2 euros pour financer ce périlleux voyage. Pierre C. lève nos toutes dernières inhibitions en affirmant qu’il tient cette pratique du célèbre JPH, qui parvient ainsi à faire voyager les vignerons dans toute l’Europe.
After : plateau de bleus & douceur chocolatée du Papatissier + Porto Romariz 1985 vintage. La douceur est bien chocolatée mais le Papatissier se l’est un peu joué : «Meunier, tu dors !». Le Porto est prodigieux et renvoie au terminus des prétentieux nombre de VDN français. Il est doux, complexe, bourré de charme. En un mot, diabolique !
Gilles T. fait admirer les derniers bâtons de chaise qu’il a rapportés de Barcelone de la Casa Gimeno. Didier C. leur jette un œil enamouré mais est fermement rappelé à l’ordre par un maton des MDS. Il travaille alors en duo avec Daniel G. pour purifier l’atmosphère à grandes bouffées de Cohiba edition limitada 2004 Special n°2 et d’Upmann Magnum 46 !
(*) tarif départ propriété
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