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Avec les premiers frimas, l’heure du Châteauneuf-du-Pape 2005 sonne au tgjp. En ce vendredi 23 novembre 2007, les plus grands experts du grenache de la secte forment le carré autour du Bon Président : Emmanuel T., Jean-Luc F., Olivier M., Sylvain M., François R., Marie S. et moi-même (Pierre-Alain B.).
Starter : Canapés au tarama, au saumon fumé, aux œufs de hareng et au beurre d’algues + Anjou blanc Richard Leroy 2006 Rouliers (14 euros*) & Montbenault (16 euros*)
Les accords ne heurtent personne. Si tout un chacun loue le très haut niveau des vins de Richard Leroy tension, pureté, fraîcheur et sa parfaite appréhension du millésime 2006, deux groupes se forment. Le premier soutient le Rouliers pour son élégance et sa disponibilité immédiate, le second le Montbenault pour sa puissance, sa complexité et surtout son potentiel. Tout le monde s’accorde sur la place de leur auteur en pôle position en Loire.
Before : risotto à l’oseille + Montlouis Chidaine 2005 Les Choisilles (14 euros*) + Montlouis Stéphane Cossais 2005 Volagré (14 euros*)
L’oseille fait presque bon ménage avec les Montlouis. Les deux vins sont de haut niveau. Mais, ils présentent deux expressions assez différentes. Le Choisilles est un peu plus en largeur avec du fruit, du gras et un peu de résiduel. En comparaison de millésimes récents (2000, 2001, 2002), il paraît déjà très disponible. Le Volagré, totalement sec, est en tension, plus sur la minéralité et la complexité, l’élevage n’étant en revanche pas encore complètement absorbé. Au final, ce dernier peut sembler plus prometteur.
Main course : Carré de porc au gingembre et à la citronnelle et gratin dauphinois + Châteauneuf-du-Pape 2005 Ferrand 2005 (17 euros*), Charvin (20 euros*), Vieux Donjon (17.5 euros*) & Clos des Papes (36 euros)
Les côtes du meilleur ami de l’homme sont fondantes à souhait. L’accord avec les Châteauneuf-du-Pape 2005 laisse le meilleur à ces derniers. Le Ferrand affiche un bel équilibre. La matière est pure, les saveurs de grenache bien présentes. A ce stade, il est un petit peu fermé et doit encore un peu s’affiner. Fidèle au poste, le Charvin est exceptionnel. C’est une bombe de fruit; de fraîcheur et de persistance. La bouteille de la soirée : rincée en dix minutes par les plus attentifs, restés proches du flacon.
On refait le niveau des assiettes. Le Vieux Donjon est un peu plus massif et un peu moins précis que le Charvin. Le charme du grenache joue quand même à plein et devrait encore s’amplifier avec le temps. Enfin, on clôt les hostilités avec le Clos des Papes. C’est du très sérieux, avec une forte structure, de la précision et au final une très grande classe.
En conclusion, ces Châteauneuf 2005 se sont avérés porteurs de bien grand plaisir et déjà assez disponibles. Leur dégustation a confirmé qu’ils peuvent rimer avec équilibre et complexité. Surtout, le millésime 2005, quoique présenté comme tannique, ne délivre chez ses bons faiseurs aucune dureté.
After : tarte au citron + Vouvray Foreau 1996 Moelleux + Jura Stéphane Tissot 2006 sgn + Jurançon Clos Thou 1995 Suprême
La tarte au citron, produite par les indigènes, est top-slurp. On commence avec le Vouvray. Carafé cinq heures auparavant, son nez demeure incroyablement soufré. La bouche n’est guère plus avenante. Le nez du Jurançon associe du pas net et un bon coup de soufre. La bouche part un peu dans tout les sens. Le sgn de Stéphane Tissot sauve la partie. Il affiche une très belle expression et une totale pureté.
(*) Tarif départ propriété
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