Réunion du 23 mai 2008 : rôti de porc à l'orange,
polenta, ratatouille & Bandol 1998 au tgjp

Pour tenter de faire oublier le dernier fiasco bourguignon, Le Bon Président décide en ce vendredi 23 mai 2008 d’en revenir à un des fondamentaux du tgjp : le mourvèdre. Six flacons de Bandol 1998, encensés par la presse vinique de l’époque, sont extraits des profondeurs de Bougival et pas moins de dix convives convergent vers la vip room : Le Bon Président en personne, Bénédicte V., Marie S., Daniel G., Olivier M., Antoine A., Emmanuel T., Jean-François D., Jean-Luc F. et moi-même personnellement (Pierre-Alain B.).


Apéritif : caviar d’aubergine, tartes sablées au parmesan, tomate, olives et anchois, jambon de Bayonne, tartines de poivrons confits et andouille de Vire + Montlouis Stéphane Cossais 2004 Maison Marchandelle (11 euros*) & Volagré (14 euros*)

La richesse et la qualité du buffet emportent l’adhésion généreuse de tous les membres. Les deux Montlouis sont issus d’un millésime difficile et pourtant tant leur charme que leurs qualités sont indéniables : pureté, tension, minéralité, persistance et élevage parfaitement digéré. Le Volagré se distingue par une plus forte tension, une matière un peu plus dense et une superbe élégance. Au final, en seulement quelques millésimes et en respectant tant l’environnement (bio) que ses clients, Stéphane Cossais est clairement parvenu à produire un des plus grands vins de Loire.


Before : risotto au safran & à la moelle + Bandol Pibarnon 1998 (magnum – 38 euros*) + Bandol La Tour de Bon 1998 Saint-Férreol (17 euros*)

Le risotto se voit englouti dans un silence religieux. Seuls trois convives se singularisent en refusant que la sainte moelle trône au sommet du tertre de canaroli crémeux. Daniel G. consigne leur patronyme et les interpellent sur un ton patelin : « saches que si tu es innocent, tu n’as rien à craindre du tribunal révolutionnaire ! ».

Le Pibarnon est sans relief. Il glisse, mais alors sans s’arrêter… Peu de complexité, peu de finesse, peu de charme, peut être du bois.... Surtout, le localiser à Bandol relève du tour de force. La cuvée haut de gamme de la Tour de Bon fait beaucoup plus « local ». Même un peu trop. Le nez et la bouche paraissent à certains un peu brettouille. Cette cuvée est clairement en sûr-maturité, avec des arômes bien lourds de pruneaux confits et un alcool trop imposant. Son avenir paraît plus qu’incertain.


Main course : rôti de porc à l’orange, polenta & ratatouille + Bandol Vannières 1998 (18 euros*) + Bandol Pradeaux 1998 (14 euros) + Bandol Tempier 1998 Spéciale (17 euros*) + Bandol Lafran-Veyrolles 1998 Longue Garde (14 euros*)

Les accords n’appellent aucune critique particulière. Le Vannière déçoit notablement. Une certaine confusion domine la matière. Du bois est bien installé en arrière plan. On attaque le Pradeaux. Voilà un vin intéressant. La matière est tendue, élégante, joliment expressive. On peut s’inquiéter d’une petite pointe de sécheresse, mais les Pradeaux passent souvent par pareils états.

On recharge les assiettes. Le Tempier et le Lafran recueillent tous les suffrages. Le plaisir est bien là. Les matières se distinguent par leur authenticité et leur richesse, qui se combinent à un bel équilibre. Le Tempier propose une version un peu sauvage, Le Lafran plus policée. Y’en a pour tous les goûts, mais les amateurs de mourvèdre en pleine force de l’âge sont généreusement servis.


After : sorbets au cassis et aux griottes & sablés aux fruits rouges + Maury Soulanes 2006 Vintage (11 euros*)

Pour le dessert, Daniel Laffite délivre comme à son habitude une prestation remarquable. Son 2006 est superbe de fraîcheur (pour un Maury). L’alcool et le sucre s’avèrent aériens, garantie d’un parfait équilibre. La longueur est proverbiale. Certains affirment que les versions oxydatives vont encore plus loin.

(*) Tarif départ propriété

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