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Réunion du 23 avril 2004 :
Verticale de Morey-Saint-Denis G. Roumier
à la VIP room du TGJP
Ayant très largement sacrifié au dieu Grenache ces derniers mois et bénéficiant d’une météo très clémente, on s’est dit qu’un petit tour dans la riante Bourgogne le ferait bien. Comme personne n’y connait rien, on s’est dit qu’on allait s’en remettre à Christophe Roumier et se verticaliser quelques Morey-Saint-Denis Clos la Bussière. On fait ça alors à la bonne franquette, qui sied à pareille région, avec quelques experts du TGJP. Comme d’hab., Sylvain M. est là dès 19 :30 pour confesser ses débordements. Odile et Emmanuel T. suivent avec leur boubou magique. Le Bon Président, Laurent L, et Corinne et Didier C. ferment la marche.
Appetizer : Caviar d’aubergines, rillettes d’oie, mezzé… + Moscato d’Asti Bera 2003. Odile et Emmanuel T. qui ne connaissent pas ce breuvage, sont un peu déçus et le trouvent très « sucraille ». Sylvain M., qui a longtemps traîné ces guêtres du coté d’Udine, souligne que le millésime a été généreux en sucre. Au final, c’est très riche, très muscat (étonnant non ?) et 100% plaisir.
Le Bon Président, un peu nareu et pas encore goyé, bauque la table en soulignant l’absence criante du fameux Bertrand des Marnières. Il affirme qu’après le Bera, c’est la deuxième potion magique du TGJP. Je lui indique que mes amis belges doivent m’en rapporter trois nouveaux flacons mi-mai et que Daniel G., guidé par Franck Pascal depuis son hélicoptère, s’est lui aussi mis en chasse pendant ses vacances champagnardes.
Entrée : risotto de printemps aux asperges vertes et aux petits pois + Chablis De Moor 2002 Bel Air + Savennières La Monnaie 2000. Servi trop froid, le Savennières est tout d’abord décevant, doté d’une forte amertume. La température aidant, il devient plus expressif, avec un bel équilibre mais conserve une certaine amertume en finale. Certains le trouvent sur la réserve. Sur le De Moor, la table est divisée, certains le jugeant « boisé ». Amha, il affiche de la finesse, une jolie minéralité mais encore une petite austérité, qu’un couple d’années de cave pourrait libérer.
Odile T. n’est pas convaincue par l’accord asperges/chablis/savennières. Elle affirme qu’un Prieuré de Saint-Jean de Bébian blanc ferait beaucoup mieux la farce. Marie S. affirme tout à trac : «je ne boirais jamais du vin fait par deux bobos et vendus 30 euros aux autres bobos». Corinne A. qui est un peu dure d’oreille rétorque : «Gogo, t’y vas un peu fort pour les clients». J’informe alors la joyeuse assemblée qu’on devrait avoir très bientôt réuni les bouteilles de 1998 des futurs membres du jockey-club du Languedoc-Roussillon, que le TGJP pourra alors en toute subjectivité rendre son verdict, tout en vérifiant si certains vins «se sont policés pour se révéler fabuleux» ou «se sont desséchés pour se révéler encore plus tannique» comme a pu en douter Antoine Rovani du Wine Advocate dans le numéro 139 du 28 février 2002.
Plat de résistance : paupiettes d’Adrienne & purée aux pois cassés + Domaine Roumier Morey-Saint-Denis Clos la Buissière 1996/1997/1999/2000. L’association est correcte sans plus. On commence par le 1997, puis le 2000, le 1999 et on finit sur le 1996. Globalement, il s’agit de très beaux vins, précis, purs mais avec une pointe de rusticité (à lire de façon approbative), au boisé discret, doté d’un réel équilibre (pas de sur-extraction) et semblant assez minéraux. Ils paraissent surtout en tout début de vie et encore marqués d’une certaine austérité qui limite le plaisir immédiat. Sylvain M. leur reproche un manque de densité et de charme par rapport à certains Chambolle comme ceux d’Amiot-Servelle. Vu le regard brillant de Bernardo, Le Bon Président s’interroge sur le caractère objectif de cette remarque. A ce stade, le 1997 est le plus expressif avec l’amorce d’une belle profondeur. Le 2000 est moins convaincant et de moindre densité. Le 1999, doté d’une très belle matière, est assez muet. Enfin, le 1996 affiche la plus forte acidité pour des adorateurs du grenache.
Plateau de chèvres, mesclun & dessert : crumble recto/verso à la poire et au chocolat + Quart de Chaume Suronde 1996. L’association est discutable. Le quart de chaume est absolument délicieux, avec un équilibre en sucre qui ravit toute la table, une belle complexité et une réelle fraîcheur, appréciable en fin de repas.
On pense qu’on va pouvoir cuver tranquille. Eh bien non, pas du tout. A 1h00, Pierre C. franchie la port, le bâton de chaise du prince du business rivé entre les dents. Il explique avec humilité & respect, qu’après les reportages de Paris Première, de Channel 5, de la TSR et de Rai 3, MTV a pris contact avec lui pour présenter le Panorama Gourmand dans la nouvelle version de « Cribs » de la saison 2004/2005, consacrée dorénavant aux endroits préférés des beautifull people.
© www.tgjp.com - 2004 - Humilité & Respect
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