Réunion du samedi 22 novembre 2002 :
«Humilité & Respect pour le CDP au TGJP»
C'était la réunion mensuelle du Très Grand Jury Parisien, à Epinay sur Seine pour faire bonne mesure et décentraliser. Bien que la liste d'invitation des vignerons soit overbooked jusqu'en avril 2004, nous avons fait une exception et accepté de recevoir en toute urgence deux kinenveux du sud, Charlotte et Jean-Baptiste Sénat. En l'absence de la Présidente - Thien - et de la Secrétaire Générale - Corinne - qui négociaient aux environs de la Porte de Clichy avec un chauffeur syndiqué madré, nous avons organisé un putsch et porté à la présidence Sylvain (qu'on n'appellera désormais "Le Président") qui lui même a désigné Grigri comme secrétaire, garde du corps et chauffeur (comme Gérard Louvin avec Claude François). En moins de 15 minutes, les statuts ont été révisés pour une mise en conformité avec la nouvelle ligne du Parti Iacchosien. On dit maintenant Très Modeste Jury Parisien et notre devise est "Humilité & Respect". Les C&JBS étant plutôt versés dans le grenache, on leur avait concocté une wine-list de cdp rouge 1995.
On a attaqué avec un p'tit poiré délicieux et un blanc dont personne ne m'a offert une lichette (des rats...) le tout servi avec du "rien". Puis, le personnel de salle nous a informé que le dîner était servi dans le salon d'apparat et nous nous y sommes rendus.
1ère entrée : Terrine de queue de boeuf à la jeune carotte et sa mâche d'automne en robe balsamique (même au louis XIV le florent il en a pas mangé...) + Mont Olivet 1995 + Bosquet des Papes 1995. Le Bosquet présentait une belle matière, assez fondue, avec une pointe de sucrosité. A ce stade, le Mont Olivet était plus dans les aigus et un peu secs. Sur ce et pour une raison assez obscure, Le Président qui ne tient pas très bien la bouteille, a traité Grigri de p'tit con et a menacé de lui lâcher les chiens la prochaine fois qu'il irait viendre à Nanterre. Grigri a indiqué à Le Président qu'il souhaitait surtout alimenter "la controverse" et en a appelé à mon arbitrage. Logiquement, j'ai sévèrement tancé Grigri en lui rappelant que Le Président était presque un vigneron, que sur Iacchos le respect leur était dû même - et surtout ? - quand ils sont grossiermalpolis, et qu'ils feraient bien de montrer un peu plus d'humilité. La soirée était lancée. Sur ce, un 2ème tour au dessus des verres a révélé un certain manque de finesse du Bosquet et une montée en puissance progressive du Mont Olivet ainsi qu'un poil d'animalité plutôt sympathique.
2ème entrée : Petit lapereau confit aux fruits d'Agen et sa compote du potager (pan dans les dents du florent...) + Les Cailloux 1995 + Galet des Papes 1995 Vieilles Vignes. Le Les Cailloux était très expressif, assez séducteur, rond, avec beaucoup de fruit et une certaine puissance. Le Galet des Papes n'était pas complètement net, manquait un peu de "fond" et était déjà un poil avancé. J'ai alors voulu faire mon intéressant en affirmant avec force autorité à Jean-Baptiste que "que la future pyrachlostrobine laisse passer l'aspergillus carbonarius et qu'elle bloque l'élongation filamentaire mais pas la sporulation. Mais que par contre, le fongicide à base de strobilurines a augmenté la sévérité des attaques de 50 %". Thien m'a demandé de rester poli et Corinne m'a proposé d'aller m'allonger.
3ème entrée : Terrine grand siècle et son cornichon (recette secrète du restaurant ** de Fontenay aux Roses) + Pégau 1995 Laurence + La Charbonnière 1995 Vieilles Vignes. Le Pégau était en début de maturité. Puissant, profond, assez dense et avec un peu d'astringence. La Charbonnière a déçu avec une faiblesse qui n'était pas sans rappeler celle du Galet des Papes. L'idée a alors germé dans l'esprit de certains d'organiser une dégustation/analyse de bratwurst bavaroises arrosées de grands Irrouléguy (en 2001, il y a eu dans la région au moins trois jours de grand soleil et c'est donc le millésime du siècle...). Sans désemparer, la Corinne part lundi à Munich sélectionner les bratwurst et le Daniel, mercredi à Irrouléguy pour choisir les meilleures bouteilles du vin éponyme. Et le Convivium d'Epinay se réunira vendredi 29 novembre à la Table de Jade - près du Carrouf - pour la dégustation (15 deutschmarks l'entrée pour les iacchosiens et 30 pour les autres).
Plat de résistance : Mitonnée de boeuf de lait aux cèpes des petits bois apprêtée avec des pommes nues + Beaucastel 1995 Hommage à Perrin + CDR Gramenon 1995 La Mémé. Le Beaucastel dans sa version HAP - grosse part de mourvèdre dans l'assemblage - présente une très belle matière mais est fermé à double tour. Le Gramenon était fidèle au poste : très belles saveurs de grenache, juste équilibre, finale un peu courte. A l'initiative de Le Président qui avait la bouche un peu sèche, on a réattaqué le Mont Olivet. Avec le temps, tout c'était mis en place et c'était vraiment superbe (pour information, le 2000 atteint la somme astronomique de 11,50 euros). Sur ce, Charlotte s'est étonnée de la disparition de l'archi qui s'était dès la 3ème entrée dégotté un canapé accueillant, un oreiller et un plaid.
Fromj : y'a pas dans le menu à 47 euros
Dessert : Fruit des îles sur son brick + un liquoreux et un muscat + Champagne Boulard 1986 La Comète. Le liquoreux et le muscat sont restés inconnus. Le Champomy, je n'y entrave rien mais certains invités ont décelé dans cette bouteille une très légère faiblesse (maladie de bouteille ?). L'action négative de fonctionnaires zélés aurait-elle troublé le breuvage ? Le dégorgeage n'aurait-il pu être réalisé dans les règles de l'art, Francis étant accaparé par une montagne de documents administratifs à régulariser ?
On a chaudement remercié floriane pour sa cuisine, dis à grigri tout le mal qu'on pensait de lui et rapidement mis les bouts.
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