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En ce vendredi 22 septembre 2006, nous décidons de rendre un hommage aussi humble que respectueux, au meilleur ami du tgjp : le cochon. Nous lui sélectionnons une compagnie agréable avec des Rhône nord 2000 et une fine équipe : Le Bon Président, Philippe C., Jean-Luc F., Jean-François D., Daniel G., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Douceurs apéritives : petits crabes farcis, filet de porc séché, speck fumé… + Coteaux du Loir Bellivière 2002 Vieilles vignes éparses (14 euros*) + Jasnières Bellivière 2002 Calligramme (17 euros*).
L’affaire démarre sur les chapeaux de roue avec une charcuterie aussi goûteuse que généreuse. Selon la majorité des convives, ces Bellivière bien nés (très beau millésime) et d’un caractère bien affirmé, sont en tout début de vie. La matière est pure, dense et puissante avec un petit plus d’expressivité pour le Calligramme. Elle est équilibrée par une forte acidité. Ce qui freine mon enthousiasme.
Before : risotto à la « cœur de bœuf » & au speck + Côte Rôtie Cuilleron 2000 Bassenon + Côte Rôtie Jamet 2000 (23 euros*).
Le speck complexifie à souhait ce risotto à la tomate. Le Côte Rôtie de Cuilleron délivre un nez bien vanillé. La bouche est soyeuse. Le boisé bien présent semble arrondir et densifier la matière, l’élégance propre à ce vignoble étant aux abonnés absents. Au final, la localisation est assez incertaine, plus vers Montpellier qu’Ampuis. C’est le type même de Côte Rôtie bodybuildée par l’élevage (travail moins coûteux que celui de la vigne ?), qui devient malheureusement de plus en plus le modèle dominant de l’AOC (Ogier, Gaillard, Gérin…). Le Jamet 2000 tranche nettement. Le nez est fin, plutôt sur le lard. La matière est fraîche, élégante, complexe, un joli fruit vraiment authentique, mais avec une maturité de raisin un peu juste (signature du millésime). Nul ne s’y trompe et la bouteille est rincée en moins d’une heure.
Main course : daube d’échine de porc aux zestes d’oranges & son gratin dauphinois + Hermitage Faurie 2000 Assemblage (22 euros*) + Cornas Marcel Juge 2000 cuvée SC (19 euros*) + mg Cornas Thierry Allemand 2000 Chaillots.
L’association daube de porc/syrah du nord fait merveille. Le Faurie est malheureusement bouchonné. Bien aéré, il appelle de la part de Jean-Luc F. une remarque pleine de bon sens : « cela pue, mais y’a du vin là-dedans », suivie d’un interrogatoire en bonne et due forme sur les moyens honnêtes de s’en procurer. On poursuit avec le Marcel Juge dans sa cuvée sélection de coteaux. La matière est fine, douce, mais la maturité des raisins n’a pas été complète (un peu de végétal). En outre, le nez et la bouche ne sont pas totalement nets. C’est un peu décevant, surtout par rapport à un 2001 explosif dégusté récemment.
Le petit personnel de salle retourne en cuisine pour assurer le renouvellement des portions. Le Thierry Allemand est servi. Il répond assez bien au canon du maître. A ce stade de son évolution, son nez est discret et sa bouche un peu austère (signature 2000 avec un peu de végétal ?). Mais, la matière est superbe de finesse, de fraîcheur et d’équilibre. C’est gouleyant au meilleur sens du terme. Une très belle expression.
After : douceur aux trois chocolats + Porto Da Silva Tawny « vintage style ».
La douceur chocolatée est bien notée. L’étiquette du Porto de la maison Da Silva indique « Vintage style » et nous inspire une confiance assez limitée. Bien mal nous en prend, car cette vieille bouteille d’un âge respectable (au moins 30 ans) recèle un superbe breuvage. La couleur est assez faible, mais la bouche est très douce avec de superbes saveurs. Seule une finale un peu brûlante peut être portée à son passif. On achève les volontaires avec l’élixir du père Cuq, un Highland Park 1996 à 60°.
(*) tarif départ propriété
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