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En ce samedi 22 septembre 2007, nous sommes convoqués pour subir l’épreuve annuelle du feu : la dégustation des grands vins du sud-ouest. Certains, passés maîtres dans l’art du mensonge à trois sous en inventant des fêtes religieuses, des visites impromptues dans des régions sous la coupe de l’Etat colonial, des grossesses fantaisistes… y échappent courageusement. D’autres comme Jean-Luc F., Daniel G., Marie S., Sylvain M. et moi-même, nous sommes résignés à notre triste sort. A 20h00, nous nous plaçons sous la coupe des deux Thénardier de la secte : Sylvie L. et son époux, Le Bon Président himself.
Starter : canapés à la tapenade & au caviar d’aubergine +VdP Michel Issaly 2005 Les Cavaillès Bas + VdP des Côtes de Gascogne Pellehaut 2005 Ampelomeryx
Le blanc du sieur Issaly est aimablement accueilli. Un convive très amateur, lui trouve un nez déviant, mais ne parvient pas à fédérer l’assemblée autour de cette opinion. On trouve du fruit et un joli équilibre. Le second blanc semble un peu plus ambitieux, mais affiche une amertume en finale substantielle, signature du cépage selon certains.
Before : velouté de lentilles du Puy au lard sur son nuage de crème + Irouléguy Herri Minat 2005 + Irouléguy Brana 2004
L’accord lentilles Irouléguy ne déçoit personne. Le Brana est pur, droit, sans aucune note de poivron. Il délivre des saveurs appréciables et affiche une jolie identité. La longueur est moyenne. Le Herri Mina se pousse nettement du coude. La matière est enveloppée dans un puissant élevage bordelais (boisé très appuyé). A ce stade et à l’aveugle, bien malin qui pourrait penser à un Irouléguy. On navigue plutôt «rive droite» ou «rive gauche», dans une petite «appellation satellite».
Main course : gigot de sept heures aux épices & aux pruneaux avec ses parpadelles + Cahors Cosse 2001 La Fage & Les Lacquets + Madiran Château Viella 2003 Prestige + Madiran Bouscassé 1995 Vieilles Vignes
Le gigot produit son petit effet. L’heure des Cahors a sonné. Il s’agit de deux beaux spécimens, avec à nouveau de vraies identités. Les matières sont droites, sans dureté, plaisamment fruitées et assez tendues. A ce stade, les cuvées se différencient surtout par leur élevage. Le plaisir est bien là.
On attaque une seconde ration du main course. Le Viella dans sa version 2003 s’impose comme un ovni. La maturité est maximum saveurs appuyée de pruneau et son sucre résiduel bestial. L’accord avec le gigot plaît à certain. On termine avec le Bouscassé. Le plat et le Viella ont fait leur œuvre. Injustement, ce Bouscassé semble dur et tourne assez court. Bourreau de bouteilles !
After : salade de fruits de saison et ses financiers + Sauternes Yquem 1980
Le dessert rencontre le succès. L’Yquem 1980 a été religieusement conservé dans sa bouteille, ni ouverte, ni carafée. Pendant plus d’une demi-heure, les verres délivrent essentiellement du soufre (une habitude des années 70/80 ?), propre à assurer mal au ventre et à la tête. Après une sérieuse aération, on discerne des saveurs plus exotiques, une fraîcheur certaine et un bel équilibre. Rien de renversant cependant ! La soirée s’achève sur un débat de haut vol. Jean-Luc F. ne démord pas que Sylvie Vartan est née en Roumanie. L’ensemble des convives, très au fait des biographies des grands de ce monde, lui rétorque qu’il confond avec la Bulgarie et que la Roumanie est seulement la riante patrie de cavistes alcooliques.
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