Réunion du vendredi 21 novembre 2003 :
«Les Senat & le TGJP à l'assaut
du Rhône nord 1988-1991»

A l’annonce de l’arrivée imminente de la famille Senat, le TGJP humble & respectueux prend la seule décision qui s’impose : leur servir le pur produit d’un cépage endémique. Compte-tenu de l’amour immodéré du Jean-Baptiste S. pour le grenache et de la devise même du TGJP « Il n’est de grand vin que de grenache », il est logiquement arrêté que nous allons nous attaquer lâchement à une série de Rhône nord de la fin des années 1980. Invités d’honneur, Charlotte S., Jean-Baptiste S. et Maxime M. franchissent, d’un pas assuré et la mine grave, le pont-levis du donjon avant même les 20 :30 fatidiques. Daniel G. et Gilles T. les accueillent avec ferveur. Pierre C. frôle avec insolence les mines de sel, arguant pour l’occasion d’un de ses nombreux baratins tout juste bon à convaincre un enfant de six ans.

Fait-la-bouche : canapés aux rillettes de canard et au speck + Condrieu Cuilleron 1992 + François Cotat 2000 Les Monts Damnés. La décennie de réflexion n’a pas vraiment profité au Condrieu qui y a laissé son charme floral et son gras et dégage de minces saveurs légèrement marquées de rancio. Le Cotat est en début de vie. Il est très pur, très acidulé et très droit. Un convive lui reproche une présence de soufre un peu marquée.

Entrée : Risotto au safran + Côte-Rôtie Jasmin 1990 + Côte-Rôtie Gangloff 1991. L’association est plutôt satisfaisante, le safran n’étant pas écrasant. Le Jasmin appartient à l’époque bénie d’Ampuis où le bois neuf n’avait pas envahi les chais. Le nez est très joli. La matière est fine, sapide, bien équilibrée avec une acidité un poil rafraîchissante. La finale affiche une petite amertume, signature de la rafle. Le Gangloff relève d’une expression plus moderne avec une matière plus dense, toujours très naturelle, plus charmeuse et un soupçon de chocolaté. La finale est douce et pure. Les deux bouteilles sont du pur plaisir. Maxime M. et Jean-Baptiste S. sont encore un peu sur leur quant-à-soi et apprécient les breuvages avec toute la réserve héraldique qui sied à des invités du TGJP.
Pierre C., les joues empourprées et le verbe haut, prend alors la parole. Les nouvelles du Panorama Gourmand, sis au 2 rue des Panoramas dans le 2ème arrondissement sont bonnes. Outre la qualité des sandwichs, la richesse de la wine-list et la présence massive de représentantes du sexe féminin, la mise à disposition – pour un maximum de 5’ par séance et pour 7 euros ou un ticket restaurant – du petit livre noir – une version modernisée et sans enluminure « Des très riches heures du Duc de Berry » – est une source de profit et de fidélisation remarquable. La monétisation de cet ouvrage rare s’inscrit pleinement dans l’esprit hédoniste et altruiste de l’établissement.

Plat de résistance : Poitrine de veau farcie au vert & purée de butternut + Cornas Clape 1988 + Hermitage Jaboulet La Chapelle 1988 + Bandol Pradeaux 1952. Le Clape est puissant et relativement doux à la fois. La matière affiche une rusticité de bon aloi et un très grand charme. Le la Chapelle est un peu plus droit, un poil plus austère, assez complexe et dispose lui-aussi d’une réelle fraîcheur en bouche. La finale est impeccable. Enfin, le Pradeaux renforce la félicité de cette soirée. Après 51 ans de sommeil, le vin est dans une forme olympique avec une robe rubis. Le nez est impeccable, la bouche est douce, sur des arômes secondaires et tertiaires très appréciables. La finale est impeccable. C’est plutôt émouvant. Jean-Baptise S., toujours un peu stoïque, demande avec humilité, à reprendre une petite gorgées du Pradeaux, pendant que Maxime M. s’astreint à tremper ses lèvres avec respect dans un rouquin un peu pétillant, étonnant à plus d’un titre.
Gilles T. qui n’a manifestement pas vidé ses verres dans les plantes, prend la parole laborieusement. Il affirme que Le Bon Président a piqué une sérieuse colère. Il a décidé démocratiquement une réforme immédiate du TGJP. On va transformer le donjon en VIP Room et servir des repas gastronomiques entourés de tableaux de Hervé H. sur fond de rythmes clubbing avec un verre de mousseux à la main. Daniel G. fonce vers le frigo pour s’assurer de la présence des 4 bouteilles de Bertrand des Marnières. J’indique à tous que dès le 5 décembre, à mon retour d’Alsace, on attaque les choses sérieuses.

From’j, salade et dessert : fondant au chocolat + Rivesaltes Cazes 1986 Vintage. Le Cazes n’est pas sans charme mais se place en retrait par rapport à la cuvée Aimé Cazes 1975 à laquelle est abonné le TGJP. L’association avec le chocolat est assez peu risquée mais qualifiée de ringarde par un convive.
Maxime M., intrigué par certaines photos du site et sans doute très pieux, demande lui aussi à connaître La Passion. Il attaque avec un courage magnifique et émouvant la série des « Trois Stations de Saint Emmanuel », soit Bruichladdich 1986 (56°), Bunnahabain 1980 (58°) et Teaninich 1983 (58°). Après moult hésitations et tergiversations, Jean-Baptiste S. se laisse enfin tenter par un doigt de Calva alors que Daniel G et moi-même nous en jetons bruyamment déjà de larges rasades. Gilles T. sort les cigares…

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L'art de la découpe est parfaitement maîtrisé au TGJP...
Le veau est ainsi traité avec Humilité & Respect...
Le Bon Président préside toujours les réunions...
C'est quoi une VIP room ?
Une VIP Room, c'est là où qu'on boit du Bertrand des Marnières...
Et y'a aussi à manger dans une VIP Room ?
Evidemment gros bêta, c'est tout comme au Panorama Gourmand, mais sans les filles...