Réunion du vendredi 20 juin 2003 :
«P'tits vins de soif au TGJP»

Bien que bercé par cette délicieuse chaleur parisienne et les discours lumineux de certains iachossiens curieusement prolixes, le TGJP (Très Grand Jury Parisien) n’est pas enclin à l’indolence mais décide de tirer au clair l’énigme du p’tit vin de soif. Pour ce faire, les sommités du clan sont convoquées au donjon en la personne de Gilles T. (conseiller Bordelais), de Didier C. (Conseiller en alcool fort), de Marie S. (la photographe officielle en grève ce soir là), des évadés(es) des mines-de-sel soit Corinne A., Thien T. et Christian Lejône (un nouveau qui n’en veut), et enfin de votre ami-à-tous, moi-même-personnellement (le scribe).

Apéro : tomates confites, canapés divers et poutargue à gogo + Chablis Servin 2000 Montée de Tonnerre + Saumur Villeneuve 1999 Les Cormiers. Ce chablis est impeccable et devrait encore se bonifier : minéral, pur, dense, gras. C’est déjà très séduisant. Le Saumur est plus droit, un peu plus long à s’ouvrir et encore un peu marqué par le bois. L’association avec la poutargue est appréciable.

Entrée : Calamars marinés cuits à la tomate + les mêmes blancs. Le Saumur s’allonge et les saveurs de chenin sont très séduisantes. Le débat s’ouvre sur la dure condition d’évadées. Le rappel de la maxime « avant l’heure, c’est pas l’heure et après l’heure, non plus », met un point final au dialogue.

Plat : Côte de bœuf & bayaldi + Ridge Monte Bello 1997 + Opus One 1996 + Pomerol La Conseillante 1990 + Pauillac Lynch Bages 1989 + Pomerol La Conseillante 1970. Ces p’tits vins de soif ne sont pas sans charme et l’association avec la côte n’est pas trop difficile. Le premier round oppose les deux natifs de Californie. A ce stade, Le Ridge (85% de cabernet-sauvignon) déçoit un peu avec des saveurs chocolatées appuyées et un équilibre qui le prédispose à un poil de lourdeur (pb de bouteilles ou mauvaise passe ? Qu’en pense notre spécialiste du ridge-en-primeur ?). L’Opus One (86% de CS) tranche nettement avec une bouche plus épicée (genre merrain neuf), une belle matière soyeuse et une finale pure et bien persistance. La soif est telle que deux autres compétiteurs se présentent. Le Lynch Bages déçoit un peu avec une matière moyennement dense (la compagnie des californiens ?). Il se rattrape par sa sapidité et sa netteté (c‘est bien le minimum). Mais, La Conseillante 1990 règle la compétition avec une classe indéniable. C’est un plaisir total. Le nez est un tout petit poil animal, la bouche est veloutée, profonde, complexe et la finale diabolique. J’indique à mes condisciples que le contenu de cette bouteille va nuire gravement à leur santé, rend certainement aveugle et doit donc être consommé avec une extrême modération… Mais après un temps d’arrêt inférieur à 10’, ils tendent à nouveau leur verre. On s’attaque alors à sa grande sœur de 1970. Bien qu’un peu bouchonnée et déjà assez évoluée, elle affiche un charme certain mais un ton en dessous de sa cadette. Je propose d’ouvrir une seconde bouteille de La Conseillante 1990. Thien loue mon intelligence prodigieuse. Corinne témoigne de la finesse de mon esprit. Et Gilles souligne mon sens de l’à propos.

Fromj’ et dessert : fruits rafraîchis à la canelle + Sauternes Barréjats 1996 Accabailles. L’association est proverbiale. Le 2ème vin de Barréjats est absolument délicieux avec un équilibre et une pureté des plus appréciable en pareille saison.

Messages personnels : Pour Thierry B. de Champagnie inférieure : si tu es convaincu de m’avoir rencontré à Oullins, arrêtes les bulles et consultes rapidement…
Pour Christophe de K. : le conseiller en alcool fort a été informé de vive voix de ta requête. Des instructions ont été données pour mener à bien cette mission sans désemparer bien que tu ne sois pas à jour de tes cotisations au tgjp.

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