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Réunion du 20 février 2004 :
«Syrah du Languedoc en brioche au TGJP» |
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Les petits légumes sont cuisinés dans l'humilité & le respect... |
Tu te souviens du Paris-Shanghaï, Bernardo ? |
Fermez-là, je goûte le Dupéré et je ne veux pas raconter de conneries... |
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Pas à nous Bernardo, racontes-nous la soirée... |
J'y étais pas mais on m'a raconté que tu ânonnais des sonnets de ton cru... |
Ouais, ouais, de la poésie à la Bernardo et il ne manquait plus que le Bontempi pour plaquer des accords et donner du style... |
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| Trois semaines avant, Pierre C. lance les invitations qui vont bien avec un programme top alléchant : pâté en croûte, baeckeofe et baba au rhum. A J-3 et prétextant une crise de goutte la belle mentalité ! il annule. On est obligé d’aller se traîner à Fontenay chez Corinne C., toute fière de recevoir dans son salon les membres les plus éminents du TGJP et de leur faire visiter sa nouvelle salle de bain. Sylvain M. alias Bernardo, pas celui de la porcelaine, mais bien le palefrenier-à-Zorro, est déjà là. On rapplique, Marie S., Laurent L. et bibi. Puis, le défilé des grossiers-retardataires commence avec Pierre C. un vrai Lazare Thien T. et les Agnès et Gilles T. Didier C. est excusé pour son retard car il est le seul du groupe à exercer un métier honorable. Petite dînette : crudités au guacamole, caviar d’aubergine et micro-sandwichs aux rillettes de la maison + Vouvray Foreau 2002 sec + Pouilly-Fuissé Lalande 2000 Les Chevrières. Le vouvray est fidèle aux canons de son producteur. C’est totalement pur avec de fines saveurs, très droit avec une acidité soutenue, mais qui conserve, dans ce millésime, une certaine aménité à la bouche. C’est bien sûr un peu tôt mais la qualité est au rendez-vous. Le Pouilly-Fuissé affiche une belle matière mais son boisé est à ce stade particulièrement prégnant tant au nez qu’en bouche. Entrée : mesclun aux petits gésiers de canard confits et boudin sur sa betterave (ou le contraire selon les assiettes) + Coteaux du Languedoc Dupéré-Barrera 2001 Paradoxides + Minervois 1999 Les deux terres cuvée limitée. Corinne a retenu la solution flying-chief et c’est Pierre C. qui a œuvré avec un bonheur certain à la cambuse. Le représentant du négoce des Dupéré-Barrera déçoit. Corinne A., qui s’en est portée acquéreur, le trouve « vraiment pas gégène ». Passée la première gorgée, Thien T. incline négligemment son verre vers le crachoir. Bernardo retrouve subitement l’usage de la parole pour nous informer qu’il préfère ces vins dans les six mois qui suivent la mise. On passe au Deux Terres. Là, c’est franchement mauvais et Didier A. commence à passer un sérieux savon à Corinne A. pour « avoir acheter une telle daube » (sic). Thien T. reste professionnelle et s’en remet au crachoir. Bernardo est à la Quézac. Ses pensées vagabondent et ses yeux s’embrument aux seuls souvenirs d’un mémorable Paris-Shanghaï. Plat de résistance : filet de bœuf au foie gras et au truffe en brioche et ses petits légumes glacés + Minervois Borie de Maurel 2001 Sylla + Pic Saint-Loup Ermitage 1998 Guilhem Gaucelm + Faugères Alquier 1999 Les Bastide + Pic Saint-Loup Morties 1998 Que sera sera + Coteaux du Languedoc Clavel 1998 Copa Santa + Cornas Tardieu Laurent 1996 vieilles vignes. Le filet en brioche fait fureur c’est de la bombe même si Didier C. le découpe comme un empoté (tu as fait quoi des truffes ? salopard…). Les petits légumes sont cuits « croquants » et c’est délicieux. On s’attaque au Borie de Maurel dans sa version Sylla. Nouvelle déception. A ce stade, c’est soyeux, équilibré, assez pur, mais la bouche affiche des saveurs de zan très appuyées. Le Guihlem Gaucelm est un peu supérieur (trois ans de vieillissement supplémentaire), mais ce n’est pas vraiment transcendant avec un nez et une bouche encore marqués par l’élevage. On passe au Faugères d’Alquier. Il est assez déviant au nez et franchement en bouche (bis repetita avec le 1998 ou bouteille abîmée ?). C’est Verdun, ce soir. On se verse le Mortiès dans sa version haut de gamme de 1998 Que sera sera. Enfin, un îlot de plaisir et de charme. Ce Pic Saint-Loup est à point avec une très belle matière, du gras, une pointe de sucrosité et une jolie finale. Le Clavel Copa Santa dans le même millésime divise un peu la table. Certains lui reprochent la perte de son fruité. Amha, le boisé un peu astringent des débuts s’est agréablement fondu. Le fruité est certes moins explosif, mais des saveurs secondaires émergent et lui donnent une certaine complexité. Enfin, on s’achève avec un Cornas (c’est en Languedoc Monsieur Gilles T. ? Finira au MDS…). A ce stade, on nourrit peu d’espoir pour son avenir. La matière est assez mince alors que l’acidité est violente. On distingue des saveurs d’oranges sanguines pas très mûres… From’j, pâtes de coing et dessert : tarte sablée aux mangues vertes, aux kumquats confits et aux pistaches + Sauternes Climens 1988 + Huet Le Haut-Lieu 1989 Moelleux. Corinne A. qui n’entrave rien en matière de pâtisserie a délégué la maîtrise d’oeuvre à Thien T. La tarte est simplement délicieuse avec des fruits croquants, un mélange savant de saveurs et une pâte bien réussie. Le Climens n’est bien sûr pas carafé (c’est la 1ère fois qu’on s’enfile un liquoreux au TGJP ? On va afficher complet au MDS…). Il empeste le souffre et une aération soutenue dans le verre n’y fait rien. Quel dommage ! Le Huet affiche un équilibre beaucoup plus haut perché mais finalement la table penche surtout pour une matière plutôt diluée. Bon au final et pour cette soirée, si le gibolin nous a fielleusement trahit (on va se rattraper), les plaisirs de bouche étaient plus qu’au rendez-vous et on ne s’en plaindra pas. © www.tgjp.com - 2004 - Humilité & Respect |
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