Réunion du 19 novembre 2004

Réunion du 19 novembre 2004 :
Le trio infernal, du Beaujolais
& de la cuisine lyonnaise au TGJP

En ce vendredi 19 novembre 2004, c’est pour une raison encore bien mystérieuse, la soirée crûs du Beaujolais à la VIP room du TGJP. Daniel G. « tâche » comme un métronome. Les Pâtissiers « bugnent » avec soin. Marie S. « rond » les serviettes. Le trio infernal peut alors faire son apparition : Charlotte Senat + Jean-Baptiste Senat + Maxime Magnon. Ils sont dotés fort judicieusement d’un panier généreusement garni.

Apéro : Jésus & rosette effilée + Moulin-à-Vent Clos de la Pierre 2002 + Moulin-à-Vent Clos du Tremblay 2002. Ca commence avec quelques douceurs charcutières un peu grassouilles. Dans un millésime « moyen » comme on dit à Bordeaux, Le Clos de la Pierre est assez décevant avec un nez et une bouche un peu incertains. Le Clos du Tremblay témoigne d’un plus grand sérieux. La matière est gouleyante, relativement saine mais ce n’est encore pas l’extase.

Entrée : Quenelles au gratin + Morgon Foillard 2003 + Morgon Lapierre 2003. L’association quenelles/Morgon est assez satisfaisante et le millésime 2003 nettement plus démonstratif. Le Foillard est très sain, descend bien mais tourne court. Le Lapierre paraît un poil plus ambitieux, plus dense, fait moins épingle à cheveux en finale mais supporte un nez un peu animal.
Dring, dring, c’est le téléphone. On en rigole déjà ! On est persuadé que Martial Jacquey veut nous entreprendre sur les vins argentins, bien sûr à l’insu de son plein gré. Je décroche par charité chrétienne. C’est un autre commerçant : Denis-Barraud-de-Saint-Emilion himself. On le croyait mort depuis, mais nous voilà rassurés ! Il nous invite subitement sur son stand à la Porte de Versailles. C’est selon lui le plus gros et le mieux décoré du salon (le stand pas Denis). Et il donne même l’adresse en phonétique comme on ne sait pas lire ! Pour l’année prochaine, il promet de nous envoyer la limousine !

Plat de résistance : saucissons pistachés & pommes à l’huile + Morgon Gauthier 2003 Côte de Py + Moulin-à-Vent Vissoux 2003 Rochegrès + Beaujolais Métras 2003 + Minervois Senat 2002 Bois des Merveilles + Senat brut de cuve 2004 Grenache + VDP de la vallée du Paradis Rozeta 2003. Les saucissons pistachés d’un très bon petit faiseur parisien sont délicieux et filent le parfait amour avec nos rouquins. Avec le Morgon Côte-de-Py du sieur Gauthier, nous avons de nouveau affaire à un nez et une bouche un peu incertaine, un poil terreux. On passe au suivant. Le Vissoux divise un peu l’assemblée. C’est clairement un des plus séduisants Beaujolais de la soirée, avec un très beau fruit. Certains lui reprochent un élevage un peu marqué. On verse le Métras mais il est malheureusement sévèrement bouchonné.
On clôt alors le dossier Beaujolais et on se penche sur la corbeille de nos invités. Le Rozeta 2003 du sieur Magnon « déchire grave ». Il appelle quelques rondelles de pistachés supplémentaires et les patates ad-hoc. C’est un vin superbe de naturel, très net, tout en équilibre, plein de fraîcheur, avec un beau fruité mais sans ostentation. En 15 minutes chrono, le magnum est rincé. On passe au brut de cuve 2004 du Jean-Baptiste, version grenache. Il a à peine deux mois et a « fini sa malo », dixit le patron. Triple miam-miam à nouveau. C’est déjà super-gourmand, très très charmeur et la bouteille ne fait pas dix minutes. C’est bien normal car il s’agit d’un pur grenache et on est quand même à la VIP room du TGJP. On s’achève avec le magnum de 2002 de Bois des Merveilles, assez révélateur de la nouvelle orientation du domaine. Il descend bien. Avec ces trois bouteilles, une certaine félicité se renforce à table.
Ces deux domaines s’inscrivent de façon pertinente dans un nouvel élan très prometteur pour le Languedoc. Plutôt que de superposer les extrêmes avec le tiercé gagnant « sur-maturité/sur-extraction/sur-boisé », ils tendent vers des vins naturels, très sains, mûrs mais sans excès, équilibrés, frais et bourrés de charme. Ils témoignent ainsi vraiment de leurs jolis terroirs (et non des forêts du Tronçais ou slovaques !) et procurent ainsi de très grands plaisirs à table.

Fromages, salade & dessert : bugnes à la chantilly + Rasteau VDN La Soumade 2000. Les bugnes font merveilles et sont douces aux oreillettes ! La chantilly garantit leur parfaite digestion ! Le VDN du « Hébert » de l’appellation Rasteau – enragé du bulldozer et champion de l’éradication des bosquets – est proprement délicieux avec un fruité diabolique, une parfaite densité et un alcool ni trop présent ni trop brûlant. Avis à la population : Jérôme Bressy annonce un VDN 2004 qui permettra à tous de se régaler en soutenant un vigneron respectueux de son environnement.

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C'est vraiment nul ! La nappe est tâchée. Je me cogne 800 km pour le risotto et on me sert des quenelles !
Il y a pire ! Dorothée qui sait tout et qui l'a goûté froid, m'a affirmé qu'ils avaient mis du rat dans leur lièvre à la royale !
Tout doux ! Marie S. a suivi à la lettre les ordres secrets du Bon Président. C'est la recette officielle du sud-ouest !
Pour la moitié de ça, nous à Slow Food, on fait sauter le président ! Et v'lan aux oubliettes !
Ouais, tu as bien raison. Avec mon Emannuel, finit les conneries de risotto et de grenache, vive la tarte au munster et le marc de gewurtz...
Procédons par ordre ! D'abord, je me visse au fauteuil du Président. Puis j'interdis de se rincer la glotte au tannat !
Un type qui passe ses journées à parader à Niedermorschwihr, la reprise en main va être jugulaire-jugulaire !