Réunion du 18 août 2006 :
du Jean-Baptiste Senat et du Didier Barral au tgjp (1998-2004)
Dis-donc Gilles, la concurrence va être rude entre Pierre et Corinne ? Pas de problème. Bretzels & choucroute, ce n'est pas le positionnement-à-pierrot ! C'est vrai ! Pierrot, il est surtout truffe. Enfin, je me comprends...
Of course ! Ceux sont toujours les meilleurs qui partent en premier !
Il paraît aussi que le lutin veut ouvrir un restaurant de spécialités roumaines ? Presque! Il nous quitte. Il a un plan de bouilleur de cru en Normandie.

En ce vendredi 18 août et après quelques galops d’essais estivaux, on décide d’ouvrir officiellement la 5ème saison du tgjp avec des vins plaisirs : des Bois des Merveilles de Jean-Baptiste Senat et des Jadis de Didier Barral. On réunit à la vip room les palais les plus hédonistes de la secte, en les personnes d’Emmanuel T., de Daniel G., de Gilles T., de Marie S. et de votre serviteur (Pierre-Alain B.).


Fait-la-bouche : canapés au jambon de Parme & andouille de Guéméné + Sancerre François Cotat 2003 & 2004 La Grande Côte (13 euros).

Les deux millésimes affichent une franche opposition. 2004 délivre une forte acidité, une réelle fraîcheur et l’amorce d’une jolie minéralité. Mais, certains lui reprochent avec justesse une maturité un peu limite et une certaine austérité. 2003 se situe à l’autre extrémité avec une maturité très poussée, un résiduel certain et une relative mollesse. Pour les deux bouteilles, le pronostic est réservé.


Before : risotto à la noire de Crimée et au jambon de Bayonne + Minervois Jean-Baptiste Senat 1999 Bois des Merveilles (14 euros) + Faugères Didier Barral 1999 Jadis (19 euros).

Le risotto est qualifié de goûtu par les experts. Le nez du Barral est très généreux tendant vers l’incertain. La bouche est dans le même ton avec de puissantes saveurs (assez animales), une certaine complexité et pas mal d’alcool. Le charme agit mais c’est un peu too much, voir fatiguant pour la saison. On passe aux Bois des Merveilles. Le breuvage est un peu plus civilisé, plus équilibré, même s’il diffuse lui aussi des saveurs un peu animales. Au final, le plaisir est là mais mieux vaut ouvrir les bouteilles au retour de la chasse au caribou, un soir d’hiver, devant le feu, dans sa cabane au Canada, cernée par les loups...


Main course : Estouffade d’agneau aux olives et sa purée de pommes de terre + Minervois Jean-Baptiste Senat 2001 (14 euros) & 2004 Bois des Merveilles (15 euros) + Faugères Didier Barral 2000 (19 euros) & 2001 Jadis (19 euros).

Généreusement garni en tomates cœur de bœuf et en ail, le plat constitue une embuscade idéale pour les vins. Avec les 2001, la situation évolue. Le Bois des Merveilles est assez classieux, droit, soyeux, profond et relativement frais. Les convives les plus avisés soulignent l’amorce d’un virage. Le Barral est lui aussi moins solide mais en retour, certains lui reprochent une matière un peu dissociée et une concentration un peu juste. Y’en-a-des qui sont jamais contents !

Les assiettes sont garnies à nouveau pour affronter sans défaillir la dernière salve. Le Barral 2000 se situe à mi-chemin des 1999 et 2001. Mais des notes chocolatées un peu appuyées dérangent un peu. En revanche, le Bois des Merveilles 2004 est très bien accueilli. L’évolution stylistique se confirme notablement. Le vin délivre des saveurs bien languedociennes. Il est frais, précis, savoureux et généreux. Le plaisir est bien là.

Au final et dans le contexte de cette soirée, les vins de Didier Barral ont un peu péché par leur générosité, appréciable à la première gorgée mais too much dès la troisième. En revanche et force est de constater que la cuvée haut de gamme de Jean-Baptiste Senat a connu une évolution stylistique très intéressante au cours des 5 dernières années vers plus d’élégance et de fraîcheur, tout en conservant une vraie identité languedocienne.


After : plateau de fromages de saisons + tarte au figues + Porto Quinta de Heredias Ruby special reserve (15 euros)

L’association porto-tarte aux figues ne déçoit pas. Mais, le porto fait un peu petit porto : joli fruit, un peu brûlant, mais complexité et longueur aux abonnés absents. Sans jamais s’excuser ni avouer les basses motivations économiques de son acte d’achat, Gilles T. – l’« auteur » de ce flacon – tente assez maladroitement de s’en défendre. Sur un ton franchement comminatoire, Daniel G. est alors obligé de lui rappeler un des principes fondateurs du tgjp : « les innocents n’ont pas besoin de défenseurs et les coupables n’y ont pas droit ».

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