Réunion du mardi 17 décembre 2002 :
«Goliath contre les extra-terrestres au TGJP»

A l'approche des fêtes de Noël, le Très Grand Jury Parisien est pratiquement en session permanente. Thien T. avait donc mardi soir convoqué certains membres pour une thématique un peu élitiste dans un esprit très slowfood : "Libérons les plats de ménages". Sans surprise, la cage d'escalier embaumait dès le 3ème étage, le légume longuement et amoureusement mijoté.

Apéro : Du très bon rieng + St Véran Verget 1995. De la glace adhérait légèrement à la bouteille, signe que la bouteille était bien frappée... Après réanimation du breuvage, c'était mieux, assez droit, plutôt en finesse mais pas très long.

Entrée : Saltimbocca version retour de L.A. sur son lit de verdure + Auxey Duresses Les Boutonniers Domaine d'Auvenay 1996 + Gewurztraminer Zind Humbrecht Heimberg 1993. L'Auxey-Duresses d'un domaine ultra-prestigieux présentait un nez de grillé très très appuyé. La matière était assez fine. Le Gewurztraminer était logiquement nettement plus expressif, avec une pointe de CO2 assez marquée. Le tout nous a laissé plutôt dubitatifs. Surtout, Le Lutin avait commencé un long monologue d'où il ressortait, non que le bio était l'avenir de l'homme, mais que ses rouflaquettes étaient pour lui un peu la chevelure de Goliath. Vu de loin ça peut paraît hermétique, mais vu de près aussi. Alors on s'est contenté de lui rappeler de ne pas confondre Goliath avec Samson ainsi que la chanteuse de ses 15 ans, Dalida, avec Dalila.

Plat principal : Tendrons de veau carottes/pommes de terres de chez yabon + Saint-Julien Léoville Las Cases 1992 + Saint-Emilion Le Tertre Roteboeuf 1990 + Minervois Lignon 1998 + Nuits Saint Georges Domaine Lalarme 1990 + Faugères St Antonin 2000 cuvée Magnoux + bouteille mystère. Pour le Las Cases, servi lui aussi frappé, Thien T. a parfaitement résumé la situation : "Ben, c'est un 92". Le Roteboeuf avait une robe très tuilée et après "décongélation", s'est avéré la superbe bouteille de la soirée. Relativement puissant, parfaitement équilibré, bien fondu et avec une belle longueur. Le Nuits était bouchonné. Le Minervois s'est avéré après les bdx, un peu grossier avec une sucrosité appuyée (il avait beaucoup plu au cours de l'été 2002). Le Faugères était, à ce stade, puissant, chocolaté et rond. On est plutôt en retrait par rapport aux cadors de l'appellation (Barral et Estanilles), mais une enquête plus approfondie va être menée. Pour la bouteille mystère, elle est restée mystérieuse. Surtout qu'au moment del'attaquer, on s'est soudain aperçu que Daniel G. perdait ses cheveux, que sa barbe grisonnait à vue d'oeil, qu'il commençait à se voûter et que sa voix devenait chevrotante. Pierre C., l'ami de Michel M., ricanait dans son coin. Il a avoué plus tard, alors qu'on remplissait les documents administratifs pour faire admettre Daniel G. aux Héspérides, avoir introduit sous le coussin de la chaise de Daniel G. trois dessous de bouteilles magiques et concentré ainsi toute les ondes-de-tracé et les-champs-énergétiques mégapuissants... Foncez sur les réservations, ça marche à donf...

Fromj

Dessert : Tarte aux poires façon Corinne + Sauternes De Fargues 1986. C'est pas toujours facile. Pour changer, le De Fargues dégageait un franc nez de souffre qui gâchait un peu la dégustation. Là-dessus, on a décidé de partir et je suis allé chercher les manteaux dans la chambre de Thien T. J'en suis revenu blanc comme un linge. J'avais découvert un extra-terrestre au pied de son lit qui ronflait pesamment. Je n'ai même pas vérifié s'il avait des verrues... On s'est cassé fissa.

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