Réunion du 10 juin 2005 :
Gigot rôti & Bourgogne 1995, chemin de croix du TGJP
Dégueulasse, oui ! Toi l'écrivain bourguignon, ton prochain bouquin, tu vas le rédiger en direct des mines-de-sel !
C'est le grand soir. On va se remplir les poches. Cent fois plus finaud que le coup des Ostertag ! Du velours !
Mes bourgognes sont plutôt beurk-beurk. J'ai intérêt à raser les murs !
Je ne voulais pas vous déranger, mais j'ai vu de la lumière et je suis monté. Je vous ai apporté un échantillon de Papet 2004. Vous devriez goûter.
Alors là, c'est encore plus fort qu'avec mon ami-à-moi-personnellement de chez Sony ! Tu n'as pas aussi un frigo américain à me proposer ?
L'affaire est dans le sac. Avant de filer en Alsace ou à Vinexpo, fais signer fissa les bons de commande des Châteauneufs et encaisse l'argent !
Après un somptueux dîner de Côtes de Nuits 1995 (www.tgjp.com/reunion15042005.html) , on décide de pousser notre avantage et d’investir un peu plus largement la région bourguignonne. En ce vendredi 17 juin 2005 à la VIP room, tous les vrais experts humbles & respectueux de ces terroirs ont pris place : Le Bon Président Gilles T., Jean-Luc F., Corinne A., Didier C., Daniel G., Marie S et Pierre-Alain B.

Fait-la-bouche : andouille « cervelée », rosette & melon + Chablis Servin 2000 Montée de Tonnerre + Chablis Dauvissat 2000 La Forest. On ouvre les hostilités avec le Servin. La bouche est assez expressive, assez pure, relativement grasse. A ce stade, la finale tourne un peu court et révèle des notes de grillées. Une bouteille sympathique sans plus.

On verse le Dauvissat. Bien que carafé trois heures, il est – sans surprise à ce stade de son évolution – encore assez fermé. Néanmoins ; on devine une très belle matière, très très pure et un duo de saveurs fruit/sous-bois. Une future très belle bouteille.

Before : risotto aux fèves et aux oignons rouges + Beaune Bressandes Henri Germain 1995 + Savigny Gay 1995 Serpentière Vieilles Vignes + Volnay Lafarge 1995 Clos des Chênes. Le petit risotto, plat identitaire du TGJP, est bien goûtu et fait plutôt bon ménage avec le bourgogne rouge. Doté d’un nez un poil animal (plutôt sympathique), le Beaune Bressande est assez expressif. Mais, il manque un peu d’élégance et semble plutôt sur le déclin.

On verse le Savigny. Le nez est douteux. La bouche déviante. Premier client pour l’évier. On tente de sauver la mise avec le Lafarge. La matière est très fine, asséchante, un poil herbacée. Une bouteille très décevante.

Plat de résistance : gigot rôti, purée d’ail, confiture d’oignons et gratin dauphinois + moult bouteilles. La température estivale ne parvient pas à gâcher notre plaisir d’un gigot bien saignant et d’une purée d’ail raffinée. On commence avec un Chambolle-Musigny Amiot-Servelle 1995 Les Charmes. Le nez est discret, la matière plutôt généreuse et presque mûre. Mais, la bouche est marquée d’une très très forte amertume (problème de vinification ?).

On poursuit avec un autre Chambolle Roumier 1995. S’il n’a pas de défauts majeurs, il n’a rien de transcendant non plus. La bouche délivre un assez joli fruité, relativement pur et un peu de gras. La finale est assez faible.

A la station suivante de notre chemin de croix, nous nous servons un Chambolle Laurent 1995 Aux Beaux Bruns. Miam, miam ! Il pétille à souhait comme une Chanvrette. 2ème client pour l’évier.

On pense sortir la grosse artillerie avec un Hospices de Beaune Corton 1995 cuvée Charlotte Dumay, vinifié par D. Laurent. Royal, il est aussi bouchonné. 3ème client pour l’évier.

Avec Daniel G., on décide de faire les malins et on tire notre Exocet : un Sancerre rouge d’Edmond Vatan 1990. Très très bouchonné. 4ème client pour l’évier. Logique, on est à la veille de l’anniversaire de Waterloo !

Après un passage éclair par la case départ – la cave –, on attaque un Morey-Saint-Denis Roumier 2001 La Bussière. Ca commence à ressembler à un joli bourgogne. La bouche est soyeuse, plutôt minérale, assez classieuse. Ce n’est quand même pas un grand millésime et la matière semble avoir été très/trop travaillée.

On retourne sur Chambolle avec une bouteille de François Legros 1999 Les Noirots. Enfin du plaisir ! Achetée sur les conseils de Patrick Essa, la matière est élégante (un poil demi-corps), fraîche, sapide et très naturelle. La finale est douce.

A ce stade du dîner, le ressentiment contre ces sournois de bourguignons commence à poindre. Certains refont mentalement le calcul des sommes investies dans cette riante région et se disent que la dégustation « sur fût » est finalement pour les profanes une activité périlleuse !

1er after : fromages (gorgonzola, camembert, pouligny, selles-sur-cher, picodon…) + CdP Guigal 1983 + CdP Clos Mont-Olivet 2004 Papet (échantillon). Sur le fromage, on tente un vieux CdP de Guigal. C’est un vin correct, sans défaut, très à maturité. Mais, nul ne parvient à le localiser et le plaisir est assez limité.

Dring-dring ! On a quelques angoisses à l’idée que Patrick Essa ou Martial Jacquey aient rappliqués dare dare en hélicoptère, pour nous faire la leçon. Coup de chance, c’est Thierry-Sabon-du-Clos-Mont-Olivet. Il est juste de passage-à-Cajars-au-camping. A peine sorti du sac, on verse l’échantillon d’un futur Papet 2004. Le dîner est sauvé et tous de se ruer sur la bouteille miracle. On comprend mieux, pourquoi dans le passé, les Bourgognes étaient si savoureux (hi hi hi !). Les commentaires sont superflus tellement c’est bon et prometteur !

2ème after : fraiboisier à la crème chibouste + plateau des pâtes de coing + Sancerre François Cotat 1998 Paul & Guillaume. Même si la crème chibouste s’avère plutôt traîtresse et la position des Pâtissiers bien solide, le résultat est apprécié. Le Sancerre de François Cotat dans une version VT affiche de très expressives saveurs de sauvignon. Si sa teneur en « sucre » est un peu trop réduite pour le dessert, sa teneur en souffre nous fait craindre pour nos méninges… Quelques Ramon Allones permettent de clore agréablement ce Waterloo bourguignon.

© www.tgjp.com - 2005 - Humilité & Respect