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Réunion du samedi 17 janvier 2004 :
«Bordeaux 1959 au Salon des Grands Vins
du TGJP»
En ce samedi 17 janvier 2004, Agnès T. & Gilles T. décident d’organiser leur Salon des Grands Vins à-eux-personnellement, en posant sur la table de leur VIP room quelques petits vins de soif bordelais, plutôt friands, du millésime 1959. Grâce aux invitations du Le Brun, on parvient avec Marie S. à se faufiler. On retrouve sur le stand Pierre C. qui est venu en voisin, Corinne A. et Didier C., Thien T. et son ami décorateur d’intérieur, Christian P. Un autre couple d’amis est présent, mais l’appartenance du monsieur aux services secrets de la République ne permet d’en afficher ni le nom ni le visage.
Apéritifs : canapés grillés à la tomate et aux anchois & pain navette au foie gras + Macon Comtes Lafon 2001 + Riesling Jean Ginglinger 2001 Cuvée Lerchenberg. Le Macon est loué par tous les membres du TGJP. Il affiche « une puissance retenue » (sic). Il est « droit mais charnu » (sic). Pour l’Alsace, on observe une certaine réprobation avec l’emploi des formules suivantes : « manquant de nerfs » et « pâteux » (sic). Il est vrai que le produit est à ce stade un peu plat et recèle un niveau de sucre résiduel élevé.
Entrée : foie gras dans son étole de filet de sabre sur son lit de cœurs artichauts + Château-Chalon Fruitière viticole de CC 1966 + Côtes du Jura René Grand (non-millésimé). Aux dires des nombreux spécialistes du TGJP, le Château-Chalon est superbe avec de la complexité, du gras, des saveurs magiques de noix… Le Côtes du Jura souffre de la comparaison et apparaît plus maigre et « doté de notes oxydatives trop prononcées » (sic). Pour le rédacteur, ces breuvages restent mystérieux même si l’association avec l’artichaut et le foie gras est du meilleur goût.
Tout à trac, Didier C. nous rapporte les propos tenus par Jean-Pierre Coffe sur France Inter dans son émission du samedi matin, « Ca se bouffe pas, ça se mange », avec pour invité le sobre duo Jean-Baptiste S. et Maxime M. : « Tous les jeunes types font du vin. Plus ils sont jeunes, mieux ils font du vin ». Je lui indique que l’assertion vaut pour le Languedoc et que des exceptions comme Marlène Soria ou Didier Barral y confirment la règle. Le membre des services secrets rajoute intelligemment que cela laisse du temps aux anciens pour assurer la promotion des domaines.
Plat de résistance : Gigot d’agneau rôti farci aux fruits des bois et ses pommes rissolées aux cèpes + Margaux Bel-Air Marquis d’Aligre 1959 + Saint-Emilion Grand-Mayne 1959 + Saint-Julien Talbot 1959 + Saint-Emilion Canon 1959 + Saint-Emilion Canon 1964. On en a fini avec les « amuses-bouches » et on passe au rouquin. Du très sérieux. Il importe alors de préciser que toutes les bouteilles ont considérablement évolué pendant les 2 heures de leur dégustation et qu’aucune n’a présenté de marques de vieillissement avancé dans la robe ou en bouche. Incroyable ! Le Bel-Air est en 1ère ligne. Il est puissant (je croyais que Margaux c’était de la dentelle…). Le nez est superbe. La matière est ronde avec certaines saveurs de café et une finale marquée par « des notes d’amandes amères » (sic). Délicieux. Le Grand-Mayne est un peu plus classieux, plus stylé me souffle Thien T. Mais, je lui trouve une finale un peu fuyante. Le Talbot est un poil plus austère. Pierre C. le trouve très Saint-Julien, très droit avec des arômes évolués ultra-charmeurs. Face à un Canon 1964 bouchonné, Gilles T. qui a oublié l’adresse du caviste, décide de tenter sa chance lundi au secrétariat du château. On s’achève sur le Canon 1959. C’est Broadway. 45 ans après la vendange, il a encore du fruit à revendre et affiche une superbe maturité. Thien T. ne sait plus avec quels verres jouer.
Tout ému, Pierre C. veut s’assurer que tout est bien en place pour la soirée Grand-Vin-de-Champagne-français-à-Franck-Pascal. Corinne A. lui indique qu’elle a acheté le thermomètre idoine pour contrôler les 10° pour le service. Je l’informe que les bouteilles ont été remisées dans un endroit frais, humide et bien aéré et que je les ouvrirai une heure avant le début de la séance. Surtout, je lui indique que tous les membres du TGJP sont animés de la foi des premiers chrétiens. Sans se démonter, Agnès T. lui présente même un récépissé de 6,26 euros à en-tête du diocèse. Imparable !
From’j & dessert : crèmes catalanes, tuiles aux amandes et duo de pâtes de coing + Vouvray Clos du Bourg 1959 moelleux + Porto Croft 1970 Vintage + Taylor's Vintage Quinta de Vargellas 1987. Gilles T. qui a fait ses humanités à Sandhurst et a ainsi bénéficié du meilleur de l’éducation anglaise, a prévu fort judicieusement du Stilton et du Shropshire Blue auxquels il a adjoint une Fourme d’Ambert pour souligner son attachement au vieux continent. L’association avec le Croft 1970 est sublime. La matière est fondue à souhait, avec des saveurs complexes et offre une longueur diabolique. Le 1987 fait un peu junior à coté et semble à ce stade un peu moins causant. Le Vouvray pensé pour accompagner prodigieusement les crèmes et les tuiles affiche un nez très douteux et une bouche à l’unisson. L’heure est au Ramon Allones Specially Selected et H. Upman Sir Winston, arrosés de grandes lampées d’armagnac 1937 (sans moi).
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