Réunion du 16 septembre 2005 :
Joues de boeuf & Châteauneuf 1995 au TGJP
Ce soir, je me tiens à carreau, mes collègues regardent. Merci Pâtissier ! une joue de boeuf de la taille d'une pièce de deux euros. Un vrai miracle ! Le gibolin à l'air curieux. C'est encore clairement une production allogène !
Y'a danger. Le raisin est mûr et cela sent l'alcool ! C'est pas du vin du sud-ouest ! Ah, revoilà l'autre mercantil qui va encore essayer de me placer une caisse de Mont-Olivet ! Une cigarette et au lit. Pas de purée d'ail, j'évite le canapé du salon !
Pour faire une petite pause entre la station 2 et la station 3 de notre chemin de croix du Bordeaux 1995, on décide en ce vendredi 16 septembre 2005, de se transporter quelques centaines de kilomètres à l’est et de s’en prendre à des Châteauneuf-du-Pape du même millésime. Cette opération qui vise aussi à percer le mystère du bœuf à 8 joues, est encadrée par les plus grands experts de la place : Odile T., Emmanuel T., Gilles T. Jean-François D., Le Bon Président, Daniel G., Marie S. et bibi (Pierre-Alain B.).

Fait-la-bouche : jambon de Bayonne & rillettes au Vouvray + Sancerre François Cotat 2004 Culs de Beaujeu + Sancerre François Cotat 2004 Monts Damnés. Le Bayonne du basquo-arménien fond bien dans la bouche. Les deux Cotat, bien que dans un millésime moyen moins (rendements élevés et météo bof-bof), délivrent un plaisir certain. Les matières sont très pures, très minérales et très élégantes. A ce stade, le Culs de Beaujeu est jugé plus expressif. Le Monts Damnés est un peu plus dense mais moins disponible.

Primi piatti : risotto à la Noire de Crimée + CdP Les Cailloux 1995 + CdP La Charbonnière 1995 Vieilles Vignes. Le petit risotto « le fait plutôt bien » et la Noire de Crimée n’est pas trop acide. L’association avec le CdP est honnête. On ouvre les hostilités avec le Les Cailloux. La tablée est unanime : il manque autant de densité que de longueur. On passe au Charbonnière. A ce stade du dîner, le nez est discret. La matière est belle mais encore assez peu disante, un poil poussiéreuse. On met la bouteille en stand-by.

Plat de résistance : Joues de boeuf aux épices en daube & ses purées de butternuts et de potimarron + CdP Pierre André 1995 + CdP Clos du Mont-Olivet 1995 + CdP Pégau 1995 cuvée Laurence + CdP Les Cailloux 1995 Centenaire + CdP Delas 1949. Pour le service des joues de boeuf, Le Pâtissier décide de rétablir un plan quinquennal d’attribution, des tickets de rationnement et la préférence nationale pour les habitants du quartier de la Gare de Lyon. Il rappelle aussi la sentence marxiste : « à chacun selon ses besoins »… et prend sans désemparer le service en main. On verse le Pierre André. Bien bouchonné, il est redirigé vers l’évier. On attaque le Mont-Olivet. Le nez est sympathique mais la bouche n’est pas très nette. On passe.

Pendant que Daniel G. éructe contre les fonctionnaires, l’ISF et les socialo-communistes, le Pâtissier évoque avec un filet de voix l’éventualité qu’une toute petite joue soit encore dissimulée au fond de l’immense marmite.

On attaque le Delas 1949. Certes, le nez sent un poil la cave. Mais, la bouche est superbe de présence, de complexité et de longueur. Un bien joli plaisir qui ne fait pas son âge. On poursuit avec le Pégau dans sa version haut de gamme de la cuvée Laurence. C’est du solide mais de sérieuses réserves sont émises : la bouche pique un peu et la longueur est très relative.

On verse le Les Cailloux, lui aussi en version hdg avec la cuvée Centenaire. Il est très expressif avec un fruité superbe et une jolie densité. On lui reproche cependant une bouche un peu démonstrative et en final un petit manque de classe et de fraîcheur. On en revient alors au Charbonnières du départ. Il s’est bien ouvert et délivre de très belles et profondes saveurs de grenache. Très jolie bouteille.

From’j & dessert : douceur lactée au citron vert + Coteaux du Layon Ogereau 1999. Avec les « douceurs », Marie S. à l’instar de Corinne C. tente de jeter un pavé dans la mare chocolatée du Pâtissier et connaît une réussite en demi-teinte. L’association avec le Layon d’Ogereau est douteuse. Ce dernier affiche une bouche un peu incertaine (iodée), à l’instar de nombre de ses congénères du millésime.

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