Réunion du 15 octobre 2004

Réunion du 15 octobre 2004 :
Boeuf à l'impérial et grandes cuvées
de CdP 1998 au TGJP

Après une grande tournée en Septimanie et à Bandol, on décide en ce vendredi 15 octobre 2004 de rentrer se ressourcer là où le vin a été inventé : à Châteauneuf-Du-Pape. Pour ce faire, on réunit dans l’humilité & le respect, des cuvées de rouge du grandissime millésime 1998. A l’heure dite, on affiche complet avec Odile & Emmanuel T., Agnès & Gilles T., Dorothée et Daniel G., Marie S. & bibi.

Apéritif : Petites gougères au cumin, à l’olive ou au fromage + CdP blanc Beaucastel 1998 + CdP blanc La Nerthe 1996 Clos de Beauvenir. Les gougères sont top miam-miam et font très bon ménage avec les blancs. Le Beaucastel affiche un nez assez expressif. La bouche est dense, avec des saveurs de grillé un peu appuyées (bois neuf ?) et la finale impeccable. Il semble beaucoup plus ouvert qu’une bouteille attaquée en début d’année. En revanche, le La Nerthe déçoit nettement. Si on discerne une jolie matière, elle est à ce stade lourdement écrasée par un boisé très très envahissant, avec de l’amertume.
Dring, dring dring, c’est le téléphone. Y’a pas d’heure pour être dérangé. C’est Martial-Jacquey-du-Nez-de-Saint-Pierre. Il nous explique qu’il est désolé mais que c’est son téléphone qui compose de lui-même les numéros. Pour ne pas nous déranger en vain, il propose de nous envoyer une liste de bouteilles de Bourgogne qu’il pourrait par extraordinaire nous vendre.

Entrée : risotto aux légumes d’automne (carottes, poireaux & navets) + CdP Tardieu-Laurent 1998 Vieilles vignes + CdP La Charbonnière 1998 Hautes-Brusquières + CdP Sangs Mêlés 1998. Pour le Tardieu-Laurent, on a prévu la pince à épiler – pour les échardes. La précaution est superflue, l’élevage paraissant relativement digéré. Selon Gilles T., il est encore un peu « réduit ». Il semble en effet un peu entre deux phases avec une expression limitée, la finale tournant court. C’est la seule bouteille dont plus de la moitié n’a été ni bue ni crachée. On verse le la Charbonnière. Cette cuvée contient une proportion importante de syrah, reflet d’une certaine tendance castelpapale. Le vin est à ce stade nettement plus expressif mais un poil animal. Sa structure est précise mais des petites notes d’élevages dérangent un peu. Au final, ces deux bouteilles ont plutôt divisées la tablée. On passe au Sangs mêlés, un assemblage hors commerce des vins de Beaucastel, Beaurenard, Bosquet des Papes, Clefs d’Or… soit pas moins de 11 domaines. Il est terriblement bouchonné et, Daniel G. dépité, ne peut que le diriger vers l’évier.
Dring, dring dring, on décroche mais c’est la dernière fois. C’est encore Martial-Jacquey-du-Nez-de-Saint-Pierre. Son téléphone lui a encore joué un vilain tour. Ce coup ci, il appelle pour faire l’article de deux vins italiens exceptionnels, qu’il a étonnement sur les bras, bien qu’ayant essayé sans succès de les vendre sur Ebay et sur Iacchos. Il apprécierait un geste de notre part…

Plat de résistance : Paleron de bœuf braisé à la bourguignonne & sa purée de butternut + CdP Roger Sabon 1998 Prestige + CdP Pierre Usseglio 1998 Mon aïeul + CdP Clos Mont-Olivet 1998 Papet + CdP Rayas 1976. Faute de lièvre, on mange du bœuf. Mais, le paleron est un fidèle compagnon des Châteauneufs. On commence avec le Sabon et l’Usseglio. Le silence se fait. Il s’agit de deux grandes bouteilles. Le Sabon affiche un équilibre un peu plus pointu, de la pureté, de belles saveurs de grenache et une finale impeccable. L’Usseglio est plus concentré, plus charmeur, un poil moins net mais dispose d’une finale impressionnante. Après ces deux « monstres », le Papet du Mont-Olivet semble sur une autre planète. Mais, il fait rapidement entendre sa petite musique avec de sublimes saveurs de grenache, de la finesse et de la structure. On se termine avec un vieux Rayas. Comme l’affirme Gilles T. et Emmanuel T., il a perdu sa structure mais c’est encore une très belle liqueur de grenache, propre à délivrer une certaine émotion, voire une émotion certaine.
Au final, ce troisième dîner autour de Châteauneuf-du-Pape 1998 nous a confirmé : la haute valeur du millésime, le superbe potentiel parfaitement exploité de l’appellation et la variété des expressions dont il est porteur, qui permet à chacun de trouver son bonheur.
Dring, dring, dring... Il est près de minuit et c’est encore Martial-Jacquey-du-Nez-de-Saint-Pierre dont le téléphone est toujours aussi facétieux. Il souhaite juste nous rappeler son adresse e-mail, l’adresse de son site, son numéro de fax… Mais, il souligne très poliment qu’il ne veut surtout pas nous déranger.

Fromage, salade & dessert : tarte au chocolat + Porto Nogeira 1975. Marie S. qui a réalisé la tarte place adroitement un coin entre le travail des Pâtissiers et celui de Corinne A. L’accord avec le Porto est peu original mais vraiment royal. C’est une très belle bouteille qui affiche une superbe évolution. La robe est grenat. Les saveurs sont fines et prégnantes. La lutte est serrée pour finir le précieux flacon. L’absence de bâtons de chaise se fait alors durement sentir mais pareille désinvolture pourrait appeler un petit séjour aux MDS…

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Le site web du TGJP est vraiment nul. Je fais comme tout le monde, je n'y vais jamais.
Mets la sourdine ! Je n'ai pas spécialement envie de finir au MDS...
Et leurs bottes, tu les as vu ? Ridicules ! Et d'abord ,moi j'ai horreur des rayures...
Les bottes, c'est un cadeau de Pierre C. pour l'achat de 24 bouteilles de Franck Pascal...
Même pas invitée pour le lièvre ! Tu vas voir ce que j'en fais du chèque pour l'abonnement au site !
Sois zen Dorothée ! Nous aussi, on a horreur des rayures, alors on boit du CdP pour oublier...