Réunion du 15 avril 2005 :
Risi e bisi, Côte de Nuits 1995 & liquoreux de Richard Leroy au TGJP
J'ai fait le décompte. Le "non" est majoritaire au TGJP. C'est trop cool !
Certainement pas. Avec le scribouillou, on a décidé de délocaliser ceux qui votent "non" !
En effet ! Je constitue rien que pour eux Le Très Grand Jury Polonais. C'est un beau pays !
Merci ! Là-bas, je vais pouvoir acheter tous mes primeurs sans subir les sarcasmes habituelles !
Ouf, on a évité la Champagne ! Pour mon Daniel, vous avez prévu quelque chose que je puisse m'organiser ?
On lui a prévu un petit entretien Avenue de Lamballe avec un représentant de la Sublime Porte. Il se charge de le convaincre de voter "oui" !
L’histoire de France est univoque : les bourguignons ont toujours été des traîtres. C’est avec cette idée solidement vissée dans la tête que nous nous réunissons en ce vendredi 15 avril 2005, pour vider quelques flacons bien choisis de la Côte de Nuits du millésime 1995.
Tout un chacun est à son poste : Gilles T. liste ses derniers achats. Dorothée G. exige son champomy. Daniel G. est fin prêt à ouvrir un Châteauneuf pour sauver le dîner. Les Pâtissiers couvent l’Embryo Chair. Jean-Luc F. tente de placer quelques livres, Le Bon Président des Madiran et bibi épluche l’ail en cuisine !

Starter : canapés aux rillettes et fèves grillées + Champagne 1er cru Roger Pouillon Fleur de Mareuil (18.90 euros*)+ Anjou blanc Richard Leroy 2003 Clos des Rouliers (14 euros*) + Anjou blanc Richard Leroy 2003 Noëls de Montbenault (16 euros*). On attaque au Champomy. Ce Fleur de Mareuil est exceptionnel : vineux, pur, doté de bulles aériennes... Tout ça pour 18.90 euros. Ce Roger Pouillon est bien un diable d’homme !
On poursuit avec les deux cuvées de 2003 de Richard Leroy. A ce stade, le Clos du Roulier est très élégant, assez frais et joliment fruité. Le Montbenault, plus dense, est encore un peu fermé.

Before : risi e bisi + Vosne Romanée Laurent 1995 Les Beaumonts + Vosne Romanée Prieuré Roch 1995 Les Clous. Avec dix jours d’avance, on rebaptise à la va-vite Le Bon Président en Doge pour lui présenter avec humilité & respect son assiette de risi e bisi. L’association avec les deux rouges n’est pas contre nature.
Le Prieuré Roch affiche selon certains, un nez un peu animal qui s’estompe à l’aération. Pour d’autres, il évoque la rose fanée. Bon, en bouche c’est délicieux. Le Vosne de Dominique Laurent est encore plus net et encore plus meilleur.

Main course : Gigot rôti, purée d’ail & gratin dauphinois + Nuits-Saint-Georges Méo Camuzet 1995 Aux Boudots + Nuits-Saint-Georges G. Mugneret 1995 Les Chaignots + Gevrey-Chambertin Geantet-Pansiot 1995 Le Poissenot + Grand Echezeaux Laurent 1995. On décide de ne pas simplifier la tâche de ces petits bourgognes, tout un chacun veillant à se servir une très généreuse cuillère de purée d’ail.
Les tannins du NSG de Georges Mugeret sont encore un poil présents. Mais, la matière est très élégante.
Le NSG de Méo-Camuzet présente un équilibre souverain. Le BOF le qualifie de vin de la soirée et se propose derechef de faire bénéficier son producteur d’un rabais de 7,5% sur son dernier livre. La bataille pour la traditionnelle 2ème assiette est livrée d’arrache-pied et le niveau de la purée d’ail est refait avec soin dans chaque assiette.
Un carton jaune est délivré au Gevrey de Geantet-Pansiot qui retourne en L2. Il manque de pureté et offre un élevage trop démonstratif ainsi qu’une bouche un peu métallique. Enfin, on s’achève avec le Grand Echezeaux. Gilles T. qui lit plus souvent le Wine Advocate que le Vidal, qualifie la bouteille d’Outstanding. Pour fouailler un peu les plaies de ce dernier, Emmanuel T. propose « Strong Buy !!». C’est du bonheur à l’état pur.
Au final, ces Bourgogne ont délivré un très très grand plaisir. Ils sont vraiment de grande classe, profonds, tout à fait expressifs et semblent à pleine maturité, le millésime n’affichant pas de dureté particulière.

After : Gouda de 48 mois, Vieux-Lille, Boulette d’Avesnes, Vieux Boulogne, Sablé de Montrieux + salade + Tarte aux pommes + Coteaux du Layon Richard Leroy 1997 Faye d’Anjou + Coteaux du Layon Richard Leroy 2003 Faye d’Anjou (27 euros*). Après le feu d’artifice des Bourgogne, la succession pourrait sembler difficile. Pas pour Richard Leroy. On commence avec le 2003. Il ne fait pas dix minutes. Il est tout simplement prodigieux de pureté et de fruit avec en cadeau Bonux, la fraîcheur et l’équilibre.
Daniel G. consent à ouvrir un 1997 prévu pour une prochaine soirée. Rincé à nouveau en dix minutes. Il a parfaitement évolué et propose des arômes plus complexes et toujours une sublime fraîcheur. Mes amis sont encore plus mes amis, même si je sens l’ail, et ils veulent savoir quand nous retournons avec Daniel G. rendre visite à Richard Leroy.

(*) tarif départ propriété

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