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Réunion du samedi 15 mars 2003 :
«Le téléphone pleure... au TGJP»
Les effets envoûtants du Gourt de Mautens dissipés, on décide de rester dans la région et de remettre le couvert sans désemparer. Comme d’hab, Sylvain M., notre président déchu, et Pierre C., notre Le Vrai Président, sont bien à l’heure pour tenter de rafler dans l'humilité & le respect, un maximum de zakouski. Daniel G., notre Contrôleur, sa Doro et Laurent L., Le n°2, accumulent un petit retard rondelé (les roches des mines de sel sont proches du Capitole). Il semble que le Contrôleur fasse une lecture très personnelle des prescriptions du code de la route dans le domaine des lignes blanches, que la maréchaussée ne partage pas.
Apéro : canapés aux rillettes d’oie, Andouille de Guéméné & pruneaux à la coppa/pancetta + Moscato d’Asti Bera 2002 + Savennières Morgat 1995 L’Enclos. Bien évidemment, le Grand Vin de Champagne Italien est royal. Pour le Savennières, je suis encore en cuisine pour touiller le risotto et les propos qui me reviennent ne semblent pas très approbatifs. Un fond de verre m’apprend qu’il a un beau nez de chenin très expressif mais une bouche un peu décevante. Il termine au fond du risotto. Dring, coup de téléphone, c’est Olivier B. Le Sergent de Discipline du TGJP et Gardien des Mines de Sel. Il paraît un peu contrit et sa voix est pâteuse. Il explique qu’un individu, aux yeux habilement dissimulés par un loup et doté d’un fort accent des Carpates, s’est présenté à l’enceinte des Mines de sel vers 17:00, arborant un magnum de Gramenon 1995 La Mémé. Il lui en a offert un verre qu’il a adoré, bien que préférant des p’tits cabernets un peu verts, un second, un troisième… La grosse bouteille torchée, ses souvenirs sont alors beaucoup plus flous, il aurait aperçu des naïades qui forçaient la porte avec un fer 9… En se réveillant de son sommeil vers 21:00, il a constaté que Corinne et Thien s’étaient évadées. Seul l’archi est encore dans sa cellule où, contre toute attente, il roupille à poing fermé. On n’est pas dans les ennuis…
Primi piatti : Risotto à l’oseille + Saumur Villeneuve 2000 Les Cormiers. Bien qu’encore très jeune, la bouteille est superbe. Le nez est moyennement expressif mais la bouche se marie parfaitement avec l’oseille. Elle est dotée d’un très bel équilibre gras/fruit/acidité et d’une persistance très appréciable. Le Contrôleur affirme en outre que le boisé est assez discret. Dring-dring, second coup de téléphone, c’est Corinne. Pas folle la guêpe, elle appelle d’une cabine. Elle fait son intéressante en expliquant «je fais ce que je veux», qu’elle va boire ses Mortiès Que Sera Sera (niac-niac pour Daniel G.) et ses Clos de Gamot à tire larigot, que maintenant c’est couscous-boulettes midi & soir et qu’elle met ce qu’elle veut dans les boulettes... Elle prétend surtout que Le Vrai Président, c’est Bicot Président de Club, avec la casquette et le blazer, et que dorénavant avec Thien, faut les appeler Suzy. Ca promet !!!
Secondi piatti : Sauté de veau aux olives + riz sauvage aux carottes et au lard + Bandol Pibarnon 1990 + cdp Beaucastel 1994 + cdp Mont-Olivet 1990 Papet + Hermitage Jaboulet 1982 La Chapelle. Le Pibarnon est tout schuss dans la partie basse de sa phase descendante. La matière est fine, pas totalement nette, mais l’ensemble assez faible présente un petit charme. Le Beaucastel fait débat. La bouche présente des saveurs appuyées de sous-bois et de cuir. Le n°2 ne retrouve pas le tannat vert et dur de ses premières cuites. Avec Daniel G., on lui rétorque à cet apostat du mourvèdre que c’est un vin «pour homme» et qu’il ne peut pas comprendre. La vérité est quand même que ce Beaucastel est un peu limite et nécessiterait un plat de gibier assez avancé. Le La Chapelle est superbe comme tous les 82 bus depuis deux mois. Il est très droit, structuré, bien fondu, puissant sans excès, avec des saveurs complexes… Avec le Papet du Clos Mont-Olivet*, on touche au sublime. Humilité & Respect. Il affiche un peu plus de rondeur que le La Chapelle, un peu plus de gras et un charme diabolique. Dring-dring-dring, troisième coup de téléphone, c’est encore Corinne et elle semble avoir attaqué sévère sur le Clos de Gamot. Thien plaque en arrière-plan des accords sur son Bontempi et Corinne pousse la chansonnette :
«Le téléphone pleure quand le TGJP ne vient pas
Quand je lui crie : Je t'aime
Les mots se meurent dans l'écouteur
Le téléphone pleure, ne raccroche pas TGJP
Je suis si près de toi avec la voix».
On comprend alors que personne ne remplacera dans nos coeurs Claude F. et les Claudettes.
Fromj’ et dessert : le n°2 a passé son après-midi à réaliser une tarte aux pommes et aux noix genre plutôt sympa (on ne lui connaissait pas pareils talents de pâtissier !). On la descend avec un poiré d’Eric Bordelet. C’est délicieux. Un autre poiré « fermier » apporté par Le Vrai Président affiche un nez de fosse-septique, une robe très trouble et une bouche agréable mais qui pourrait annoncer des lendemains difficiles. On commence à s’installer pour les dolce avec le viski et les cigares (manque plus qu’un nargilé). Dring-dring-dring-dring, 4ème coup de téléphone, il est 1:00 du matin. C’est Tullius Detritus. Il n'a encore rien compris à un mail sur Iacchos. Il nous fait de la peine alors on lui fait fissa son ordonnance : une camomille et au lit. Sur ce, Le Vrai Président nous expose son business plan, son mix-marketing et l’organigramme de sa task-force-trading. On se croirait au Koweit, une heure avant l’assaut.
(*) Clos Mont-Olivet Tél : 04-90-83-72-46 Fax : 04-90-83-51-75 Le normal 2000 doit être à 11,50 euros et le Papet 2000 à 31 euros.
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