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Dans un climat quasi-sibérien, le tgjp se réunit en ce vendredi 15 février 2008. L’idée est d’honorer le meilleur ami de l’homme : le cochon. Pour lui témoigner de toute notre sympathie, nombre de flacons de Châteauneuf-du-Pape du prestigieux millésime 1998 sont extraits des profondeurs de la cave. Le Bon Président prend logiquement la tête des opérations et s’adjoint les services de quelques spécialistes du grenache : Didier C., Jean-Luc F., Daniel G., Sylvain M., Olivier M., François R., Marie S. et moi-même (Pierre-Alain B.).
Douceurs apéritives : rosette de Lyon, jambon cru, jambon persillé & Bresaola + Anjou René Mosse 2005 Bonnes Blanches + Anjou René Mosse 2005 Rouchefer + Savennières Baumard 2000 1ère trie
Chose étonnante, Sylvain M. n’a pas torché sa mission : la charcuterie est absolument délicieuse. On ouvre les hostilités avec le Bonnes Blanches et le Rouchefer de René Mosse. L’assemblée est unanime et c’est très rare. Ces vins sont décevants : impression de sucrosité, alcool marqué, saveurs pommes/poire, manque de tension… On a vraiment l’impression d’être revenu au style des vins de René Mosse de la fin des années 90 : recherche de surmaturité et de botrytis, conduisant à la production de Layons secs.
On passe quand même à la version Baumard, en retrogradant de 5 ans pour le millésime. Le rejet est un peu moins net mais on est très loin de l’enthousiasme. La matière est marquée d’une relative indolence. Le vin affiche un caractère démonstratif, avec des saveurs très appuyées.
Before : risotto aux légumes d’hiver (carottes, poireaux, céleri & navets) + Châteauneuf-du-Pape Les Cailloux 1998 (12 euros*) + Châteauneuf-du-Pape Bois Lauzon 1998 (10 euros*)
Parfaitement d’actualité, le risotto est évacué dans un silence religieux. Le Les Cailloux est mal accueilli. Il n'est pas totalement net (bretts selon certains). En outre, il affiche un caractère un peu sucrailleux. Le Bois Lauzon bénéficie d’un équilibre plus manifeste. La matière est relativement élégante mais pèche par une certaine sécheresse.
Main course : échine de porc à la bière brune & ses purées de butternuts et de céleri + Châteauneuf-du-Pape La Gardine 1998 + Châteauneuf-du-Pape Pierre André 1998 + Châteauneuf-du-Pape Vieux Donjon 1998 (11 euros*) + Châteauneuf-du-Pape Charvin 1998 (11 euros)
L’échine du meilleur ami de l’homme se voit réserver le meilleur accueil. On verse le La Gardine dans une version magnum. Tout un chacun apprécie «l’absolue classe» du contenant. Pour le contenu, les avis sont aussi directs. La matière manque de précision et d’élégance, l’alcool trop présent et la finale fuyante. Le Pierre André est beaucoup plus authentique. Mais, la maturité semble trop poussée (confituré ?) et le sucre résiduel trop émergeant. On retentera la bouteille sur un autre accord.
On arrache ses derniers morceaux de chair à notre ami et on verse le Vieux Donjon et le Charvin. Le premier fait une très jolie bouteille. C’est généreux et authentique. La matière est puissante mais équilibrée. La bouteille de Laurent Charvin va encore plus loin. Plus de fraîcheur, de pureté, de tension et d’élégance !
Après un démarrage difficile, ces deux bouteilles permettent à chacun d’apprécier le véritable potentiel de l’appellation. Et comme dit Sylvain M. : «le compte-rendu a encore souligné la large domination stylistique du domaine Charvin».
After : vacherin + Vin de la Vallée du Paradis blanc Maxime Magnon 2006 La Bégou + Suprême religieuse au café + Maury Soulanes 2005.
On décide d’entretenir une pareille félicité en ouvrant le blanc La Bégou de Maxime Magnon sur le fromage bien coulant. L’accord est très constructif. Ce blanc est en tout point remarquable : frais, pur, tendu et très persistant. Une petite merveille, avec un poil de générosité en plus par rapport au 2005.
La religieuse géante clôt dans la plus grande sainteté ce dîner. Le Soulanes fait parfaitement ami-ami.
(*) Tarif départ propriété
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