Réunion du 14 décembre 2007 : Oie rôtie & Châteauneuf-du-Pape 1999 au tgjp
C'est à ne rien y comprendre ! En quelques mois, notre Jean-Luc a complètement changé. Ce n'est plus le même homme.
Maintenant, il débite sans désemparer jeux de mots, contrepèteries et calembours. En plus, rien que du grivois !
Il faut reconnaître qu'on peut se demander s'il n'a pas déménagé dans une caserne de dragons ou pris une coloc avec un caviste alcoolique.
On devrait lui laver la bouche avec la Côte Rôtie de Leymin. C'est un peu inhumain, mais nécessaire pour lui remettre les idées en place. Non, sur ce coup, il faut un traitement de choc. On lui fait un lavement au bon rhum au chloredecone des Antilles, du petit père aveyronnais.
Je me suis laissée dire qu'il s'était inscrit au petit séminaire de Daniel G. Il est devenu fort comme un turc en contrepèterie.

Comme dans la vraie vie, c’est une fois l’an le petit Noël au tgjp : Le volatile sacré est simplement farci puis rôti et le millésime le plus accessible de Châteauneuf-du-Pape extrait sans ménagement de sa cellule. Ainsi, en ce vendredi 14 décembre 2007, Le Bon Président est entouré de ses plus fidèles collaborateurs : Olivier M, Marie S., Sylvain M., Jean-Luc F., Emmanuel T., Philippe C., Jean-François D. et vot’ serviteur (Pierre-Alain B.).


Starter : foies d’oie gras crus/cuits & boudins blancs truffés + Pouilly-Fumé La Moynerie 1996 Majorum (21 euros*) Meursault Coche-Dury 1999 Les Rougeots + Meursault Coche-Dury 1999 Les Perrières

A 20 :15, c’est rush hour et le Bourgogne se fait attendre. On se fait la bouche à petits coups de Majorum. RAS, c’est délicieux : riche, aromatique, persistant mais quand même assez frais.

Puis, vient le tour des Coche-Dury. Le Rougeots est immédiatement disponible. Sans surprise, c’est classieux. L’élevage semble très discret. Y’a un peu de tout et bien en équilibre : du fruit, du minéral, du gras, de la profondeur. Des esprits chagrins, mais oh combien compétents, soulignent que les notes de grillés sont un peu lancinantes. Après un petit quart d’heure dans le verre qui a permis à l’élevage de s’estomper (c’est magique !), les Perrières délivrent le meilleur : tension, minéralité et profondeur. Un très très beau blanc !


Before : risotto aux épices de Noël + CdP Bosquet des Papes 1999 (15 euros*) + CdP Pégau 1999 (17 euros*) + CdP Ferrand 1999 (11 euros*)

Le risotto fait son office. Le magnum de Bosquet des Papes est bouchonné à mort et fini ses jours à l’évier. On attaque avec le Pégau. La matière paraît encore un peu dissociée et surtout le niveau de sucre résiduel est proche de celui d’un Porto. Le Ferrand est nettement plus appréciable : joli équilibre, de l’élégance de la fraîcheur, même si le domaine a sensiblement progressé.


Main course : oie farcie & rôti, poires au lard & coings confits, purée de butternuts + CdP Charvin 1999 (11 euros*) + CdP Clos des Papes 1999 (21 euros*) + CdP Vieux Donjon 1999 (17 euros*) + CdP Pierre André 1999 (20 euros*) + Côte Rôtie Jamet 2000 (23 euros) + Côte Rôtie Leymin 2000

L’oie est fondante, la farce exquise et les accords remarquables. On attaque avec le Charvin. Comme pour la soirée 2005, c’est à nouveau la bouteille de la soirée : de la fraîcheur, de la pureté et de l’équilibre ! Du grand art ! On poursuit avec le Clos des Papes. Lui-aussi redirigé vers l’évier au motif de forts relents liégeux. Le Vieux Donjon remplit son contrat. Des esprits tourmentés ne lui trouvent pas les qualités des 90 et 95. Mouais ! C’est un joli Vieux Donjon – saveurs secondaires, fruit un peu évanescent - avec une point de rusticité comme on l’aime au tgjp.

On recharge les assiettes en volatile et on verse le Pierre André. Encore un candidat pour l’évier et sans l’ombre d’un doute. Sur ce, confrontés à pareilles désertions, on remonte de la cave deux Côte Rôtie. Le Jamet est des plus sympathiques. Le millésime est un poil austère et on frise légèrement la sous-maturité. N’empêche le plaisir est bien là avec de la fraîcheur, de la tension et de jolies notes un peu giboyeuses. On tente d’achever les débats avec une Côte Rôtie d’un certain Leymin. Même les grands amateurs de Bourgogne 2001 ont trouvé leur maître : l’acidité est incroyable, la matière aussi verte que dure. Bon, c’est sûr, Leymin ne triche pas ! Y’a pas de bois ! Mais attention aux gencives !


After : vacherin à la cuillère & bûche au chocolat et aux oranges confites + Rivesaltes Sarda Mallet 1970 + Porto Andesen 1973 colheita

Le vacherin appelle un retour en deuxième semaine des Meursault. L’accord plaît. On attaque la remarquable bûche. Le Sarda Mallet est plutôt sur la pente descendante, mais la matière est fine et très naturelle. En revanche, le Porto déçoit. La bouche n’affiche aucune marque d’évolution et l’alcool est particulièrement brûlant.


Epilogue : Sur le coup de 4:42, le petit Jésus fait une apparition aussi soudaine que remarquable dans le logis « eamessiens » des T. Aux dernières nouvelles, Marie, Joseph et le petit Jésus se portent bien. Il fait quand même de sacrées journées ce Joseph !

(*) Tarif départ propriété

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