Réunion du vendredi 14 novembre 2003 :
«Le TGJP à l'horizontale de la Côte-Rôtie 1999»

Pour les affaires sérieuses, il faut traiter avec des gens sérieux. Gilles T., Daniel G., Laurent L., Emmanuel T. et Pierre C sont donc convoqués au donjon en ce vendredi 14 novembre 2003 pour une horizontale de Côte-Rotie 1999 remontées directement du marché d’Ampuis. Marie S. et Pierre-Alain B. (votre scribe) les accueillent dans l’humilité & le respect qui sied à pareilles amateurs dignes de ce nom.

Fait-la-bouche : canapés au jambon de parme et mezze + Condrieu Guigal 2000 La Doriane + Riesling Boxler 2001 (8 euros*). La Doriane est sans surprise. La matière est belle, l’équilibre réel, l’élevage très classieux mais aussi trop présent (peut être faut-il miser sur la garde ?). Le Boxler est superbe et très naturel. La matière et totalement pure, dense mais pas trop, l’acidité juste ce qu’il faut, le fruité top-slurp et la pointe de sucre résiduel bien appréciable.
Emannuel T. s’interroge sur les conséquences de la mise sur pied de notre Convivium SF. Marie S., pragmatique, répond que la 1ère des conséquences est relative au changement de nom. Dorénavant, on dira C-TGJP-SF. Gilles T. qui pratique beaucoup, l’interrompt par un vibrant « 28 points ». Laurent L. qui est dans le même club mais depuis plus longtemps, souligne qu’en rajoutant la lettre W au début et Z à la fin, soit WC-TGJP-SFZ, ça ferait 83 points avec les lettres qui comptent double et le mot qui compte triple. Formé à la dure école de maître Capello, Pierre C. propose quant à lui d’introduire au moins une ou deux voyelles pour que cela sonne mieux. On n’a pas encore adhéré, ni encore invité «la star des petits producteurs de champagne pour un repas gastronomique entouré de tableaux de Ben ou de Jean Michel Basquiat sur fond de rythmes clubbing» (sic) que c’est déjà super compliqué.

Entrée : penne al pesto + Côte Rôtie Champet 1999 (13 euros*) + Côte Rôtie Jasmin 1999 (18 euros*). L’association n’est pas géniale. Le Champet à un nez pas complètement net avec des notes de poivron, une acidité un peu élevée et une matière un peu fine. Le Jasmin est mieux doté mais reste dans un univers un peu bourguignon (comme disent les bons auteurs). C’est un bel équilibre, avec une jolie fraîcheur et un fruité de framboise très appréciable.
Rapport au Panorama Gourmand, le rade à Pierre C., sis au 2 de la rue éponyme derrière la Bourse, les affaires semblent tourner plus que rondement. Les dernières statistiques révèlent la présence en moyenne de neuf filles pour un garçon, avec une moyenne d’âge comprise entre 19 et 26 ans. C’est plus un bar-à-vin mais un « aspirateur à gonzesses ». Dans un souci de bonne gestion, Jean-François D. a donc décidé d’auditer lui-même-personnellement tous les jours de 12 :30 à 14 :30 et pendant les trois prochains mois, le process de production et de servicing de l’établissement. Daniel G. postule pour le poste de physionomiste et de chef de la sécurité (rapport au prestige de l’uniforme ?). Emmanuel T. a décidé de prendre en charge le dossier de la joint-venture avec Le Nautilus et Gilles T., avec l’accord du Conseil de l’Ordre, va proposer des check-up au sous-sol. En plus, ils sont tous bénévoles.

Plat de résistance : Gigot rôti ou joue de porc confite & risotto d’épeautre + Côte Rôtie Gallet 1999 (14 euros*) + Côte Rôtie Jamet 1999 (26 euros*) + Côte Rôtie Ogier 1999 (21 euros*) + Côte Rôtie Saint-Cosme 1999 (20 euros*). Le Gallet « appartient » à la famille des deux précédents avec une matière sapide et assez gouleyante. Avec le Jamet, on entre brutalement dans le vif du sujet. Le vin est superbe, la matière dense et pure avec un élevage « discret ». La finale commence à se dévoiler. Ogier est bien de la même race mais se distingue à ce stade par une matière marquée par l’élevage et un fruité un poil plus appuyé. Enfin, on clôt les débats avec le Saint-Cosme qui relève de l’activité de négoce de Louis Barruol. Là, on découvre une interprétation plus sudiste de la Côte Rôtie. La matière est dense, fruitée mais l’acidité est plus basse. Il apparaît alors très difficile de départager les trois compères tant la qualité est élevée. Au final, le millésime 1999 est bien une superbe réussite avec des matières bien mûres, de la fraîcheur, du fruit et donc un beau potentiel. Toutefois et à ce stade, ces bouteilles semblent très très jeunes pour procurer véritablement un grand plaisir et une mise en sommeil de 4 à 6 ans devrait en favoriser l’épanouissement. Une hiérarchie différente pourrait alors se révéler.
Gilles T. m’interroge sur les raisons de l’absence du président-déchu, Sylvain M. Sans aucun sens de l’à-propos, Laurent L. me coupe la parole et me propose une petite prune. Je lui indique qu’au TGJP, on ne boit pas de digestif sur le plat de résistance. J’informe mes petits camarades que Marie S. et moi-même trouvons nous aussi la conduite du déchu mystérieuse. Daniel G. nous indique que lors de son passage mercredi midi le déchu lui aurait emprunté trois petits ouvrages rares de Madeleine de Scudéry (1607-1701), qu’il portait un petit costume Prince-de-Galles un peu cintré, que sa barbe était taillée avec soin, qu’il parsemait ses phrases d’expressions tchèques et que les effluves d’Aqua Velva embaumaient encore la salle à manger 48h00 après son départ.

From’j, salade & dessert : Gâteau au chocolat & tarte aux figues + Pedro Ximenes 1975. Le PX divise la table entre ceux qui lui trouvent des saveurs de caramel trop marquées, Daniel G., notre spécialiste, qui affirme à qui veut l’entendre, que le 1973 est plus dense, et les membres de la secte qui savourent dans un silence religieux. On sort vitriol – en poursuivant l’introspection des Bruichladdich 1986 (56°) et Bunnahabain 1980 (58°), auxquels on a adjoint un Teaninich 1983 (58°) ultra-diabolique offert par un fan du TGJP – et bâtons de chaise (Lusitannia Partagas, Upmann 46…), quand soudain on sonne à la porte. Vingt dieux la belle église, c’est Sylvain M., no’t-déchu lui même personnellement. Il a du rendre son Prince de Galles (qu’il avait loué à vil prix), mais a conservé les bouquins qui ne le quittent plus. Il nous félicite pour l’idée du Convivium et nous confirme qu’avec sa maîtrise toute fraîche de la langue, il va directement gérer les contacts avec le staff italien. La suite de la soirée est beaucoup moins racontable, Laurent L. et Emmanuel T. confondant vitriol et vin-de-coiffeur.

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Il n'a pas fait son intéressant longtemps, le p'tit gigot...
Je me tiens bien droit et je ne parle pas la bouche pleine parce que ma maman, elle regarde les photos..
Y'a pas les Basquiat, mais y'a le rythme...
J'vais encore marcher à quatre pattes, demain...
Moi demain, je tue les mouches en soufflant dessus...
Moi demain, je file chez Jean Roch à Saint-Tropez et j'attends l'arrivée de la star...
Le Bon Président, je m'en fais trois comme lui à mon goûter...