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De passage à la capitale et séduits par l’antienne de l’établissement « Il n’est de grand vin que de grenache », Nathalie et Thierry Sabon du Clos Mont-Olivet décident de tenter leur chance en ce samedi 14 mai 2005 à la VIP room du TGJP. Ils ne peuvent pas mieux tomber car ce soir là nous avons décidé de tâter de la syrah, avec sur la table quelques représentants bien nés du millésime 1991 en Rhône nord. Le comité d’accueil est à la hauteur : Le Bon Président, Dorothée et Daniel G., Jean-Luc F., Marie S. et votre serviteur.
Premiers pas : canapés fromages / tomates séchées & douceurs fruitées + Champagne Roger Pouillon Fleur de Mareuil (18.90 euros) + Meursault Henri Germain 1999. Le succès du GVdCF Roger Pouillon se perpétue au TGJP. La cuvée Fleur de Mareuil ne fait pas dix minutes. La bulle est aérienne, la matière expressive mais aussi très pure, l’élevage parfaitement maîtrisé. Pour 18.90 euros, c’est vraiment le domaine et la bouteille incontournable !
Le Meursault d’Henri Germain est manifestement réservé à une coterie : partisans du « non » ou acquéreurs de l’opuscule sur la « Critique vinicole en France ». Bref pour moi, c’est régime sec
Before : risotto aux asperges & aux petits pois + Sancerre Pascal Cotat 2001 La grande Côte Cuvée Spéciale (15 euros*) + Anjou Richard Leroy 2001 Les Noëls de Montbenault (12 euros*). Le risotto asperges/petits pois constitue un plat très goûtu. L’association avec les blancs est satisfaisante mais le plat aurait pu supporter des vins plus riches.
Dans un millésime assez moyen, Le Sancerre de Pascal Cotat est superbe de pureté et d’élégance. Le nez est discret mais la bouche expressive à souhait, est dotée d’une belle structure acide et parfaitement équilibrée. Il descend tout seul.
Bien que nettement plus travaillé, l’Anjou de Richard Leroy fait très bonne figure. Il offre une très belle expression de chenin, avec là encore de la pureté et de l’équilibre mais aussi un peu plus de gras. Pur bonheur pour toute la tablée !
Plat de résistance : Côte de bœuf, grenailles au romarin, crème d’ail, os à moelle et confiture d’échalote nouvelles + Côte Rôtie Jamet 1991 + Côte Rôtie Jamet 1991 Côte Brune + Hermitage Faurie 1991 + Hermitage Chave 1991 + Châteauneuf-du-Pape Clos Mont-Olivet 2003 Papet. L’assiette ne rebute vraiment aucun convive et l’association avec les syrahs du nord s’avère plus que satisfaisante. On démarre avec les deux Jamet. Près de 14 ans après la vendange, les vins sont toujours en tout début de vie et les finales doivent encore se développer. Ils affichent de concert de très belles expressions, assez terriennes, très naturelles, empreintes de fraîcheur et d’authenticité et sont finalement très charmeurs. A ce stade, bien que la Côte Brune se distingue de la version regular par une densité et une structure supérieures, on peut s’interroger sur la pertinence d’un tel écart de prix.
Afin de tenir sereinement le siège, on commence par « faire les niveaux » dans les assiettes en termes de bœuf, de crème d’ail et de confiture d’échalote, puis on s’attaque lâchement aux deux Hermitage. Le Faurie est très naturel, voire un peu rustique. La matière est fraîche et équilibrée, mais manque peut être un peu de soyeux avec un peu d’amertume en finale. Le Chave est totalement exceptionnel. La bête est racée à souhait. On sent vraiment le très grand potentiel de l’appellation. Il combine des saveurs envoûtantes, une bouche soyeuse et une finale interminable. L’évidence d’un très grand vin.
Daniel G. deale malicieusement avec Thierry Sabon un Papet 2003, en échange d’un fond de casserole de crème d’ail. Au départ, on appréhende quand même un peu après les merveilles du nord qu’on vient de siffler intégralement, mais le plaisir est plus qu’au rendez-vous. Clairement, ce Papet confirme qu’« Il n’est de grand vin que de grenache ». Tout juste mis en bouteille et issu d’un millésime solaire, il s’inscrit paradoxalement parfaitement dans l’esprit des vins du dîner avec une très belle matière, pure, très fraîche, très authentique, parfaitement extraite et élevée sans tapage.
After : salade, fromages, crème caramel au citron vert mini-financiers + Coteaux du Layon Patrick Baudouin 2001 SGN + Coteaux du Layon Richard Leroy 2001 Faye d’Anjou (26 euros* les 50 cl). La bouche bien chargée de crème caramel et de mini-financiers, on décide de tirer au clair les qualités respectives de deux hérauts du Layon.
A ce stade, le Baudouin propose un nez et une bouche très expressives, une matière très dense avec un superbe fruité. Pour certains, la finale est marquée d’une certaine amertume, mais la crème caramel n’y est pas forcément étrangère. En comparaison, le Leroy s’exprime plus sur l’élégance, la pureté, l’équilibre et la fraîcheur. L’évolution est moins marquée que sur la bouteille de Baudouin et la persistance de la finale est absolument diabolique. On est confronté à deux lectures divergentes du Layon : puissance vs élégance, les goûts et les couleurs en quelque sorte.
Sur ce, et après deux Ramon Allones (Specially Selected) avec l’un desquels le BOF s’est encore mis minable, on attendrit le Thierry S. à grands coups de boissons-pour-hommes…
(*) tarif départ propriété
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