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Réunion du 14 mai 2004 :
Six rouges de Michel Lafarge au TGJP
En ce vendredi 14 mai 2004 à la VIP room du TGJP, se déroule un « Séminaire de formation à l'apprentissage de la connaissance du savoir des grands vins de Bourgogne ». Pour ce faire, on a réuni six rouges de Michel Lafarge. Les opérations, placées sous le contrôle d’experts humbles & respectueux en les personnes de Jean-Luc F. et Gianni P., familiers de ces contrées, sont logiquement dirigées par Laurent L., notre Bon Président. Tout un chacun ayant particulièrement apprécié le réalisme de son récit de la chute glorieuse de Dièn Bièn Phù, Daniel G. est de nouveau convié. Odile et Emmanuel T. sont là en troisième semaine pour tenter d’éviter la relégation au MDS. Enfin, les parents de Sylvain M. qui souhaitaient se rendre au cinéma ont été pressants pour que nous acceptions la garde temporaire du petit.
Apéritif : canapés ricotta/tomates séchées, caviar d’aubergine, sushi menthe/concombre & jambon de Parme + Meursault Buisson-Charles 1999 + Pouilly-Fuissé Guffens-Heynen 1998 1er jus + Vin d’Alsace Ostertag 1998 Zellberg. Les premiers coups sont portés au Pouilly Fuissé. La matière est belle, assez aromatique mais la finale est marquée d’une amertume à ce stade un peu envahissante. On passe à la production de la Essa Compagny. Comme deux semaines auparavant chez Corinne A., elle est dotée d’un nez expressif, d’une bouche savoureuse, plutôt riche mais d’une longueur relative (c’est la version regular ). Enfin et avec une générosité toute transalpine, Gianni P. sort de sa boite magique un Ostertag et le verse dans une carafe. Le silence se fait. Le Bon Président prend son air des mauvais jours et le visage de Daniel G. se ferme. Sylvain M. explique avec forces détail aux nouveaux le pourquoi du comment, puis il remplit les verres. Nul ne parvient à localiser le vin en Alsace, même un spécialiste reconnu de cette appellation comme moi. Le breuvage est très fin, peu variétal et encore un peu sur la réserve.
Entrée : risotto au speck/mascarpone + Volnay Lafarge 1996 & 2000 Clos des Chênes. Pour l’ordre de service, nous n’avons pas osé dévier même d’un millimètre des instructions de Patrick E., notre maître-ès-Bourgogne. Le Volnay 1996 est une belle « bête ». A ce stade, il est assez expressif et tout un chacun est positivement surpris de ne pas trouver une acidité brutale. Il affiche de belles saveurs élégantes qui font très bon ménage avec le risotto. Bien qu’encore en tout début de vie, il fait montre de complexité, de longueur et ne souffre d’aucune marque d’élevage. En revanche, le 2000 est très décevant. A ce stade, la bouche est fine et présente un caractère nettement herbacé, avec un nez à l’avenant. La nuit tombe. Daniel G. fait tout un foin pour changer de place et ne plus se trouver dos à la fenêtre. Il est convaincu d’avoir aperçu l’ombre d’un bo doi sur le balcon.
Plat : collier de veau au vin blanc et à la tomate, purée de pommes de terre à l’huile d’olive + Volnay Lafarge 1995 & 1997 Clos des Chênes + Pommard Lafarge 1995 & 1997 Les Pézerolles. Le collier de veau se marie bien avec le pinot noir. On commence par les deux 1995. Le Pommard affiche un nez pas totalement net. En bouche, des saveurs animales transparaissent. La finale est peu persistante. Le Volnay est plus convaincant. Il est assez net. Il recèle une réelle finesse dans ses saveurs trop selon Sylvain M. et la finale est assez douce. On passe aux 1997. Ils affichent tous deux des robes soutenues. On n’est à nouveau peu emballé par le Pommard. La matière est assez dense mais pas totalement net. Il paraît un peu insaisissable et manque un peu de définition. La finale est moyenne. En revanche, le Volnay 1997 est très apprécié. Il est aromatique, précis, doté d’un bel équilibre et d’une jolie finale.
Au global, l’assemblée humble & respectueuse est plutôt dubitative face à l’hétérogénéité de la dégustation avec seulement deux belles bouteilles sur six et finalement un plaisir un peu trop compté. Narquois mais fin connaisseur de la maison, Emmanuel rappelle la devise du TGJP : « il n’est de grand vin que de grenache ».
Salade, from’j & dessert : tarte fine à la mangue et au citron vert + Quart de Chaume Suronde 1969 & 1997. Odile et Emmanuel T. ont clairement senti le vent du boulet et tentent un redressement spectaculaire en adoptant un nouveau boubou magique. Le Bon Président souligne l’effort fourni et indique qu’il doit maintenant s’inscrire dans le temps. Le Suronde 1997 est simplement prodigieux. La bouche est riche et complexe, à l’instar du nez. La matière, dense à souhait, est « en équilibre », grâce à une acidité bienvenue. Le 1969 est franchement sur le déclin, avec une bouche un peu dissociée et des saveurs pas très pures. On passe alors aux cigares et aux boissons fortes. Et c’est une autre histoire…
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