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Réunion du vendredi 13 décembre 2002 :
«Racket des bizuts et phénomènes paranormaux au TGJP»
Après de longs mois de tergiversations et un tirage au sort peu transparent, Le Président Sylvain M. a donné son aval pour admettre, au sein du prestigieux Très Grand Jury Parisien, deux bizuths qui grattaient bruyamment à la porte : Le sieur Olivier B. et son affidé, Laurent L.. L'intronisation s'est déroulée à l'hôtel particulier de Garibaldi à Paris-même dans le Grand Salon de l'Ambassadeur en la présence du Contrôleur Général (Daniel G.), du body garde de Le Président (Pierre C.) de la photographe officielle (MS. ) et du Président Donneur (Pierre-Alain B.).
Apéro : Tartinettes de rillettes d'oie (pas top car grasses mais Pierre et MS ne crachent jamais sur le gras), andouille de Vire, gendarmes... + Baumard Vert de l'or 2000 + Montlouis Blot 1998 Rémus. Le Baumard était sympathique sans plus et a fini efficacement son service en cuisine in the risotto. Le Blot était nettement plus intéressant, avec de la matière mais il m'a semblé assez fermé à ce stade. Le Président, beau parleur et bel homme, s'est livré sur la chaîne présidentielle TFP à 21:00 à un rapide exposé relatif à l'Humilité & au Respect qui animaient nos petites vies. Il a surtout précisé aux bizuts le nombre de zéros à aligner pour obtenir un titre officiel au sein du TGJP (les provisions de bouche et le boire n'étant pas taxés à l'exception d'un droit de bouchon exorbitant, privilège Présidentiel). Laurent L. doté d'un grand sens de l'Etat s'est exécuté et a réglé - curieusement - son écot en liquide avec de très beaux billets de 500 euros. Devant une telle prodigalité et une pareille habileté, il a été nommé sur le champ, bien qu'à titre temporaire, Conseiller Secret. Pour Olivier B., Le Président, un peu filou, réserve sa décision.
Primi piatti : Risotto au chou et au lard fumé + Montlouis Chidaine 1999 Les Choisilles + Pouilly Fumé La Moynerie 1996 Majorum. Le Chidaine était à ce stade nettement plus expressif que le Blot. Réelle pureté, bonne définition et acidité pertinente. Le Majorum était fidèle au poste, donc délicieux, et a troublé certains affiliés du chenin. Là-dessus, Olivier B. a sorti Un coffret de bois précieux de facture bien française, qui contenait trois-dessous-de-bouteilles-de-ré", que lui avait confié la cousine de son épouse, Danièle Gilbert. Armé de gants spéciaux, il a posé courageusement les trois dessous sous son Rémus pour, a-t-il affirmé : "qu'il se bonifie, perde son acidité, prenne de la rondeur et de la longueur en bouche" (sic). Malheureusement, on a du arrêté l'expérience au bout de moins d'une minute car le-champ-énergétique-naturel produit était si intense que les couverts 100% inox rentraient en transe et que l'ascenseur restait immobilisé à notre étage. On ré-essayera mais avec une bouteille du Clos des Fées dont le fond breveté est spécialement étudié pour ré-intensifier les-ondes-de-tracé.
Secondi piatti : Gigot d'agneau en gasconnade (cuisson au four à la cocotte), purée de panais, purée de courge & pommes au four + Faugères Alquier 1998 Les Bastides + Faugères Barral 1998 Jadis + Faugères Les Estanilles 1998 Syrah + Minervois Borie de Maurel 1998 Sylla + Rasteau Gourt de Mautens 1999. L'Alquier, fidèle au poste, car doté d'une bouche archi-sèche et d'un goût appuyé de moisi, a fini directos à l'évier (5 bts sur une caisse de 6 idem). Le compte du sublime Barral a été réglé en 20 minutes : un peu animal et avec un charme diabolique. L'Estanilles, bu avec le Barral, semblait comparativement très droit mais un peu dur (servi un peu froid). Le Borie de Maurel était décevant avec une expression un peu vulgaire de la syrah (la féline est 100 fois meilleure). Enfin et attaqué à raison en dernier, le Gourt de Mautens a bien "assis" tout le monde. On peut bien sûr ne pas partager cette esthétisme du vin, mais on s'est super-régalé : puissant, complexe, profond, avec des saveurs délicieuses de grenache... J'ai alors tenté une explication assez pointue et créative des différences opposant les vins de Montlouis et de Vouvray, mais Pierre C. qui avait manifestement vachement révisé pour cette soirée, m'a opposé des arguments géographiques à-trois-sous, me prenant pour un de ses naïfs étudiants.
Fromages top-glup et salade ya-bon : Ras
Dessert : Baba au rhum vieux (distillerie Bielle), salade mangue/kiwi & crème chantilly du BG + Vouvray Huet 1996 moelleux + Layon Baudouin 1999 sgn. Le vouvray était très pur, avec une forte acidité mais il semblait à ce stade un peu dissocié. On a hésité, compte-tenu des risques encourus, mais on aurait du re-tenter l'expérience des dessous de bouteilles. Pour le Baudouin, c'est évidemment plus expressif avec une sucrosité nettement plus marquée, une matière très dense, somme toute un grand plaisir dès à présent, même si une bonne cave humide pourrait l'amener à réfléchir et à se complexifier (amha mais je n'y connais rien). On a poursuivi avec un Kirsch d'Arnold Dettling (CH-6440 Brunnen pour les spécialistes) et quelques whisky à 55°/59° propres à tasser un peu Le Président et lui ôter ses mauvaises idées. Sur ce, des énergies cosmiques et telluriques (nous y sommes au TGJP naturellement très sensibles), ont transporté le bg et moi-même de notre chaise au canapé et pas moins de 5 éminents membres du TGJP peuvent témoigner de leur mégapuissance. La suite m'a été racontée par ouï-dire et n'honore pas certains (j'ai les noms).
© www.tgjp.com - 2003 - Humilité & Respect
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