Réunion du dimanche 13 juillet 2003 :
«Défilé des Faugères 1999 à le TGJP»

C’est la veille du 14 juillet et le TGJP, constitué d’individus acquis aux valeurs des Lumières, décide de tenir son banquet républicain avec tout le faste attaché à pareil événement. Les plus brillants membres sont présents avec les deux petits couples les plus en vus du TGJP : le duo d’illustres évadés des MDS (thien-&-l’-archi) + la photographe officiel et le scribe (marie-&-pierre-alain). Après avoir écrit onze superbes compliments bourrés d’Humilité & de Respect à Le Bon Président, un jeune corse de passage à la capitale, Jean-François D. est enfin autorisé à prendre place à la table. Curieusement – est-ce une habitude locale ? – il est venu avec un mérinos, fraîchement tondu.

Apéro : melon & pastèques + Vouvray Foreau 1997 ½ sec + Grand Vin de Champagne français Raymond Boulard 1986 La Comète. Le Foreau est spendide. La matière est dense, tendue, parfaitement équilibrée en sucre, totalement pure et avec une finale impeccable. Là-dessus, Jean-François D. qui pense faire plaisir, ouvre son GVdCF. On retient tous notre souffle devant pareille faute de goût. L’archi menace de faire grève et exige un Bera. Je propose 20 jours de MDS et d’appeler le RAID pour l’arrestation. Le mérinos tente avec courage de le mordre. Sur ce, le Jean-François – les corses sont des gens courageux – affirme que ce GVdCF est doté d’un beau nez truffé, que la bouche est une source de plaisir par sa complexité, que la finale est précise et fine et autres fadaises…

Entrée : Marinade de Gambas grillées sur son domino glacée de courgette à la sarriette vivace + Rasteau Gourt de Mautens blanc 2001 + Vdp Daumas Gassac blanc 2002. Le Daumas est une bombe de fruits et de fleurs. C’est gras et très expressif (un poil trop ?), mais sans lourdeur. Le Gourt de Mautens plait moins. Le plat et la chaleur ambiante le font apparaître dissocié, boisé, un poil alcooleux et manquant aussi un peu d’acidité (on tentera prochainement un accord plus judicieux).
Les membres sont déçus. Non par le Gourt de Mautens, mais par l’absence de risotto dans les assiettes. Thien T. affirme qu’il s’agit d’un plat de grande culture qui porte haut les valeurs raffinées du TGJP. Le mérinos secoue la tête en guise d’acquiescement. Jean-François parle de se venger en chantant un air de Tino Rossi. Acculé, je confirme à mi-voix, son retour sous huitaine à la carte dans une version marine (à l’encre de seiche) – après un petit voyage d’étude chez les indigènes.

Plat principal : Epaule d’agneau aux senteurs d’Orient & son taboulé du jardin de France + Faugères Barral* 1999 Jadis + Faugères Estanilles 1999 Syrah + Faugères Alquier 1999 Les Bastides + Pic-Saint-Loup Mortiès 2000 Jamais Content. L’Estanilles affiche une matière dense, mais trop marquée par l’élevage avec de la vanille et du torréfié à profusion. Il en est presque dur. C’est vraiment dommage car j’avais gardé des souvenirs de millésimes 95 & 96 bourrés d’épices et de charmes. Le nez de l’Alquier n’est pas net. Après 5 bts bouchonnées de 1998 sur 6, la série reprend t’elle ? En bouche, le vin est appréciable son potentiel paraît difficile à pronostiquer. Le Mortiès présente un très beau fruit (framboise, mûre…) et une matière très nette, dotée d’un bel équilibre. Mais, le Jadis de Barral s’impose haut la main dans ce millésime et à ce stade d’évolution. Il est puissant, fruité et un poil minéral, surtout doté d’un charme indéfinissable. C’est un vin de caractère avec un soupçon de sucre résiduel et une larme d’animalité (qui peuvent décevoir les âmes sensibles).
La conversation descend vers les rives ensorceleuses de l’Adriatique. L’archi parle de Trieste et de ses mystères. J’évoque le souvenir d’un président déchu et je rappelle à tous les membres que le TGJP dispose à partir de dorénavant et jusqu’à désormais, d’une antenne à Udine où sur simple appel, ils peuvent disposer du gîte et du couvert. Je recommande simplement de laisser passer un bon mois pour que des amies peu farouches et pédagogues du chef local, lui apprenne à distinguer le risotto du riz au lait.

From’j & dessert : chèvres en plateau, oreilles du diable au vinaigre balsamique et sa pluie de parmesan & crumble aux abricots dorés du Roussillon + Sauternes De Fargues 1991. Le de Fargues est somptueux tant en termes d’équilibre que de saveurs (complexité, profondeur…). J'achève la soirée sur une camomille. Elle est absolument somptueuse et produite par le lumineux Pascal Hamour (le torréfacteur volant).
Sur ce, le clairon retentit. On ré-intégre nos quartiers et vérifie nos boutons de guêtres pour le défilé.

(*) Domaine Leon Barral - Didier Barral - Hameau de Lenthéric 34480 Cabrerolles Tél. 04 67 90 29 13 Fax. 04 67 90 13 37. A Paris, les vins sont vendus aux Papilles (rue Gay-Lussac & rue Daguerre

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L'humble épaule d'agneau aux senteurs d'Orient...
... Et son respectueux taboulé du jardin de France.
Jean-François est déçu de ne manger ni figatelli ni polenta qui le rendraient encore plus fort...
Le mérinos vous salue bien...
Thien trouve le petit personnel, malfaisant et prétentieux...