Réunion du 13 avril 2007 : Massalé d'agneau, pommes au safran
et au gingembre & Châteauneuf-du-Pape 2000 au tgjp
Le miracle a eu lieu ! J'ai vu la photo de Jean-Paul II dans le bistro de Corinne. Et pof ! Les stigmates sont apparus. Depuis tous les jours à 22h00 précises, mes deux avant-bras pleurent des larmes de vin ! Lacrima Petri en latin ! Ce n'est pas douloureux. C'est juste impressionnant , mais surtout on va se faire un max de pépètes !
On va faire payer 30 euros pour le dîner et 2 euros pour assister au miracle de 22h00. On le fait en bundle. Tu as raison : 2 euros c'est minable. On passe à 15 euros, mais chacun pourra emporter un petit verre avec ma photo au fond. Décidément je suis super-polyvalent : agent immobilier, chef de partie et marchand du temple !

En ce vendredi 13 avril 2007, on décide d’oublier le grossier pinot et d’en revenir au grenache fin. Pierre C. qui flaire les bons coups est enfin de retour et Rahsaan M. est en 2ème semaine avant son come-back à Londres. Pour ce 1er acte, six bouteilles de 2000 sont sélectionnées et une fine équipe constituée : Le Bon Président, Marie S., Rashaan M., Pierre C., Gilles T., Philippe C., Emmanuel T. et moi-même (Pierre-Alain B.).


Starter : canapés à l’houmous, galettes de thym-sésame, galettes aux épinards + Vouvray Chidaine 2003 Clos Baudouin + Saumur Collier 2004.

Le Chidaine est bien un 2003 avec un caractère presque demi-sec. La tension n’est pas son fort mais force est de constater que la matière demeure élégante. Le Collier d’Antoine Foucault est unanimement rejeté. La bouteille semble souffrir de divers maux.


Before : risotto aux cèpes + CdP Pierre Usseglio 2000 (13.50 euros*)+ CdP Les Cailloux 2000 (15 euros*).

L’accord cèpes-Châteauneuf est proverbial. On démarre avec l’Usseglio. La matière est jolie, savoureuse, très fruitée, avec un soupçon d’animalité. On peut lui reprocher à ce stade une pointe de sucre résiduelle et une maturité un peu poussée. Mais, le rapport qualité-prix est indéniable. Le Les Cailloux semble moins convaincant. La matière est plus soyeuse, l’élevage nettement plus interventionniste. On note une amertume marquée (maturité ? barrique ?). Voilà la seule bouteille de la soirée dont personne ne se ressert.


Main course : massalé d’agneau aux pommes safranées et au gingembre + CdP Pierre Usseglio 2000 Mon Aïeul (27.50 euros*) + CdP Marcoux 2000 (17 euros*) + CdP Roger Sabon 2000 Prestige (25 euros*) + CdP Charbonnière 2000 Vieilles Vignes (24 euros*).

Le massalé, le safran et le gingembre font parfaitement ami-ami avec le grenache. On repasse à l’offensive avec une cuvée haut de gamme de Pierre Usseglio. La montée en gamme est sensible. La matière plus élégante, plus soyeuse et plus dense, le fruité intense. On peut lui reprocher un léger manque de profondeur et d’authenticité par rapport aux plus belles bouteilles de la soirée. Le Marcoux est tout feu, tout flamme. Il paraît un peu plus évolué que le reste de la sélection (amorces de saveurs tertiaires). En revanche, la matière affiche un sublime équilibre, de la tension et une profondeur impressionnante. La bouteille ne fait pas 20’.
Les assiettes sont mises à jour et on passe au Roger Sabon. La matière est énorme, mais n’affiche aucune lourdeur. La bouche est soyeuse, racée, très pure avec à ce stade un fruité explosif. La promesse semble assez considérable. On s’achève avec le haut de gamme de la Charbonnière. La matière semble très authentique, presque plus complexe que celle du Roger Sabon. En revanche, l’élevage demeure un peu plus marqué.
Au final et au delà des critiques mineures, ces six bouteilles délivrent de bien grands plaisirs, pour des prix à l’époque assez raisonnables. Le millésime 2000 est plutôt assez ouvert, généreux mais sans débordement ni-surmaturité, confirmant la promesse de nos dégustations de la rentrée 2003.


After : plateau de chèvres + Tarte aux poires confites sur lit d’amande + Coteaux du Layon Pierre Bise 2004 + Coteaux du Layon Richard Leroy 2003 Montbenault (27 euros*).

La tarte aux poires est liquidée. Le Layon 2003 de Richard Leroy est comme à son habitude splendide (puissance, équilibre & pureté) et en tout début de carrière. Sans surprise, le 2004 de Claude Papin est en retrait avec un soufre appuyé. On passe ensuite aux Upmann 46, Partagas D4 et autres Ramón Allones Specially Selected…

(*) tarif départ propriété

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