Réunion du vendredi 12 décembre 2003 :
«Couscous rouge et Mas de Mortiès
au TGJP-à-la-sauce-Corinne»

C’est un peu notre pèlerinage bi-annuel. On se rend chez Corinne A. et Didier C. pour communier autour d’un couscous roboratif. Pierre C. est là pour témoigner de la bonne exécution de son business-plan. Gilles T., accompagné d’Agnès T., a décidé de faire prendre l’air à sa décapotable. Marie S. & Bibi ne crachons jamais sur une virée en banlieue sud. Enfin, Thien T. forcément un peu émue, entend présenter à tous son nouveau compagnon, un jeune décorateur d’intérieur argentin qui fait des merveilles dans les appartement bourgeois des Hauts-de-Seine. Dire qu’il s’agit là d’une vraie soirée TGJP, c’est peut être aller un peu vite en besogne eu égard à l’absence de préparation sérieuse, au caractère chiche des portions et au faible nombre de bouteilles ouvertes. En outre, l’absence de Le-Bon-Président-à-Vie, Laurent L. – le seul membre du TGJP à détenir les clés des mines-de-sel – sera appréciée à sa juste valeur quand il faudra décider dans 3 ans de mesures d’élargissement pour Thien, Corinne et l’Archi.

Fais-la-bouche : rillettes de la maison, foul (sorte d’houmous à base de fèves, de citron et d’ail) et caviar d’aubergines + Coteaux du Languedoc Mortiès* blanc 1999 & 2000
Le 2000 affiche une pointe de CO2 plutôt rafraîchissante. Les deux millésimes sont assez aromatiques et un peu marqué par l’élevage. Leur point faible réside dans un certain manque de profondeur et finalement de classe, mais l’association avec les fais-la-bouche est nécessairement difficile. Daniel G. m’interroge quant à la participation du TGJP aux 2nd Masters Iacchos du vin. Je lui confirme que l’envoi à Christophe R. et à Vincent M. d’une caisse de Bertrand des Marnières a été grandement apprécié par ces derniers et qu’ils m’ont transmis en retour et sous pli discret, la liste précise des 15 vins. Bien qu’un peu coûteux, ce procédé est apparu nettement plus efficace que de les menacer physiquement comme l’idée en avait germé dans l’esprit pragmatique de Gilles T. Pour les réponse des QCM, le déchu connaîtrait la secrétaire du concours et avec son charme légendaire et ses deux tomes de Madeleine de Scudéry (1607-1701)… Enfin, Pierre C., notre épicier auvergnat, pense même que nous pourrions faire ça par correspondance pour éviter un déplacement nécessairement coûteux.

Plat de grosse résistance : Couscous rouge (bœuf, tomate, la niora, coriandre fraîche et cumin) + Pic Saint-Loup Mortiès* (1995 à 2000) + Pic Saint-Loup Mortiès* Jamais Content (1998 à 2000) + Pic Saint-Loup Mortiès* 1998 & 1999 Que sera sera.
L’association avec le couscous rouge est un peu redoutable pour les vins. Résultat des courses. Pour le Pic Saint Loup dans sa version regular (assemblage de syrah, de grenache, de mourvèdre et de carignan), le 1995 est malheureusement salement bouchonné. Le 1996 est manifestement en bout de courses et à boire top rapidos. Le 1997 est moyen-moins. Avec le 1998, on touche une belle réussite avec un beau fruit, une réelle profondeur et beaucoup de charme. Le 1999 manque un peu de complexité et de structure. La matière du 2000 souffre d’une relative sur-maturité qui produit en bouche une certaine lourdeur.
On attaque ensuite la cuvée Jamais content de Pic Saint-Loup (assemblage de syrah – très majoritaire – et de grenache). Le 1998 est assez frais et appréciable. Le 1999 est relativement gouleyant. Mais, le 2000 est encore marqué d’une maturité trop élevé qui donne un caractère un peu confituré en bouche.
On se termine avec les cuvées Que sera sera de Pic Saint-Loup (de la syrah pure ou presque). Le 1998 semble déjà assez évolué, avec un fruité un peu atténué, phénomène qui peut s’expliquer par les conditions de conservations. Le 1999 est très joli avec une matière très expressive, dense, très nette et pleine de charme. C’est top slurp. Au final, la table se scinde entre ceux qui restent convaincus que ses vins doivent être bus sur le fruit et ceux qui pensent que 5 à 7 ans de réflexion sont porteurs d’évolutions.
Sur ce et certainement légèrement pris de boisson, Pierre C. nous parle du dynamiseur de Francis B. en soulignant l’ingéniosité de la machine et sa volonté d’en acquérir lui-aussi pour son vin-charbon de 2, rue des Panoramas (ouvert de 11 :30 à 15 :00 pour les luxembourgeois benêt et du lundi au vendredi pour ceux auxquels ils manquent l’heure H). Thien T. dont les yeux brillent aussi, veut surtout savoir pourquoi Franck P. n’est toujours pas venu voir cette machine magique mais autour de la table personne ne parvient à l’éclairer de façon décisive. Pour ma part, je souligne que j’ai surtout lu l’article très élogieux de la RVF et que j’en ai logiquement conclu que le pétillant de Franck P. est à partir de dorénavant et jusqu’à désormais meilleur que celui de Francis B.

Fromj’ et dessert : pâtes de coing, coings & ananas rôtis + Vouvray Pinon 1990 Moelleux + Layon Ménard 2001 Champs du Cygne + Rivesaltes Cazes 1976 Aimé Cazes. On a de la chance car la taulière est passionnée de coings et non de betteraves ou de choux de Bruxelles. Le Vouvray a manifestement mal vécu la dernière décennie et affiche un nez et une bouche de bouchon. Le nez du Ménard n’est pas très net et pour ainsi dire déviant (pourriture grise ?). A ce stade, l’équilibre n’est pas très satisfaisant avec une acidité assez basse pour un niveau de sucre élevé. Heureusement, La cuvée Aimé Cazes dans sa version 1976 sauve le dessert bien que l’association avec le coing soit périlleuse.
Rapport aux bâtons de chaise et boissons pour hommes, c’est walou mais la possibilité d’un doggy-bag substantiel est une compensation acceptable.

(*) Le Mas de Mortiès dispose d’un site internet parfaitement réalisé et très réussi sur un plan artistique.

© www.tgjp.com - 2003 - Humilité & Respect

Putain de dynamiseur, je vais encore me ruiner...
Si le décorateur-à-Thien porte beau en début de soirée...
... Par la suite, c'est moins brillant, même s'il fait semblant de lire le tome 1 des Rubriques-à-brac.
J'ai intérêt à ne pas mollir sur le couscous car les termites auront certainement vidé le frigo.
Toujours les mêmes qui font le boulot avec humilité & respect...
J'ai toujours su que le pétillant de Franck P. était le meilleur...
... Evidémment banane, toute bonne champenoise le savait bien avant la RVF.