Alors Pierrot, tu as acheté un berger allemand et un nerf de boeuf rapport à protéger ta sandwicherie des voyous ?
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Ouais, mais on avait dit qu'on n'en parlait pas. Et puis, il faut bien que je me défende. Mais le pire, c'est l'administration !
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Côté paprasserie, c'est vraiment l'enfer. TVA, URSSAF, taxes diverses... Le chien ne t'aidera pas.
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Suite à quelques tentatives très aventureuses avec les vins de Peyre Rose, des Rhône nord 1996 et autres Bandol 2001, le message de Le Bon Président a été reçu «fort et clair» ! On se recentre sur le core business : le Châteauneuf-du-Pape. Et on redonne un peu de lustre aux soirées : le caviar. Avec pareil programme, on affiche complet dès 20 :15. Insuffisamment chapitrée, Dorothée G. est venue présenter ses nombreuses doléances. Pour rendre service, Daniel G. porte le cahier. De retour du désert tunisien, le bon docteur Gilles T. entend nous présenter sa dernière idée : «la médecine vinicole». Formé aux techniques du sud-ouest, Le Bon Président vient faire son marché électoral. Enfin, Pierre C. entend tester un nouveau gâteau en prévision de ventes toujours plus explosives au Panorama.
Entrée : Charlotte de Noirmoutier au caviar d’Aquitaine + Jasnières Bellivière Les Rosiers 2000 (8 euros* en 50cl) + Sancerre François Cotat 2001 Monts-Damnés (9 euros*) + Pouilly-Fumé Tracy 2001 (12 euros*). Lassé du caractère plébéien du risotto aux petits légumes et à une poignée de semaines d’une échéance électorale cruciale, Le Bon Président décide de troquer le carnaroli à l’encre pour de petites perles noires de son pays. Tous les membres présents soulignent l’excellence de ce réflexe, en savourent avec grand bonheur toute la portée et promettent de faire dans l’isoloir, le bon choix. Côté liquide, l’association est intéressante avec les trois bouteilles. Le Bellivière s’ouvre progressivement, révèle une superbe matière et une acidité marquée qui «anime» bien le caviar. Le Tracy est aérien et affiche de fines mais prégnantes saveurs plutôt minérales. Enfin, le Cotat allie fruité, pureté et équilibre. Cette triplette est un bonheur !
Plat de résistance : Gigot en gasconnade, riz sauvage aux navets/carottes & embeurrée de topinambours + CdP Clos du Mont-Olivet 1995 (9 euros*) + CdP Charvin 1995 (9 euros*) + CdP Bosquet des Papes 1995 Chantemerle (21 euros*) + CdP Bonneau 1995 Marie Beurrier. Le fumé et les saveurs de l’agneau font plus qu’ami-ami avec les Châteauneuf. Légèrement inquiet du voisinage avec les autres «monstres», on démarre avec le Mont-Olivet. Son nez est très expressif. La bouche est superbe avec une bien belle densité, un certain soyeux et de sublimes saveurs secondaires et tertiaires de grenache. En plus, la finale est très persistante.
On passe au Charvin. Il est au départ un peu fermé. Il s’ouvre dans le verre mais conserve un nez un peu moins expressif. En bouche, une grande classe se dégage. La matière est pure, très naturelle et importante mais en «équilibre». A ce stade, le fruit est encore assez présent et la finale impeccable.
On attaque le Bosquet dans sa cuvée haut de gamme. Ni le nez ni la bouche ne sont totalement nets. La matière est belle, un peu rustique. Surtout, la finale est plutôt brûlante. L’assemblée est un peu déçue. On passe au Bonneau. Il est, selon les nez du TGJP, un poil bouchonné. C’est quand même une très belle bête, très naturelle, très savoureuse, pleines de bonnes choses.
Au final, et nonobstant les arômes suspects de deux bouteilles à problème, le millésime 1995 délivre à Châteauneuf un très très grand plaisir (après une petite décennie d’incertitude). On a clairement le sentiment de boire de grands vins à maturité, émanant d’un grand terroir.
Je souligne que j’aimerais bien offrir pour Noël de beaux livres sur le vin à mes proches amis. N’y tenant plus, Jean-Luc F. grimpe sur sa chaise et rappelle avec force voix qu’il est l’auteur de «La critique vinicole en France», édité chez l’Harmattan. En toute humilité & respect, il en rappelle brièvement les aspects les plus remarquables et souligne la modicité de son prix l’équivalent des deux bouteilles de Mont-Olivet. Jaloux et peu amoureux de la culture littéraire, je lui demande s’il a aussi lu le best-seller de Iacchos, écrit par Martial Jacquey : «Les tics du caviste».
Scarole, fromages & dessert : tarte au caramel et au chocolat + Rivesaltes Cazes 1986 vintage. Pierre C. se fait remarquer en se la jouant Pierre H. de la rive droite. La tarte est riche en tout. Le Rivesaltes de haute lignée baisse un peu les bras. La matière est trop fine face à pareil assaut. Gilles T. compense ce nouveau coup bas de Pierre C. en ouvrant généreusement sa pochette jaune (Paratagas, Ramon Aliones et autres douceurs…). De façon débonnaire, Le Bon Président profite de la moindre vigilance des convives et de l’épaisse fumée qui envahit le salon, pour torcher définitivement deux single cask : Laphroaig 1990 (59°) et Bunnahabhain 1980 (58°). Il souligne qu’il évitera ainsi au Pâtissier des lendemains qui ne chantent pas…
(*) prix ttc départ propriété
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