Réunion du vendredi 12 septembre 2003 :
«CdP 2000 : il n'est de vin que de grenache au TGJP»

Le mérinos passe à la Gare de Lyon. Il fait une croix là où le juteux-chef le lui indique. Ce dernier affirme qu’il sent déjà bon le sable chaud et que sa coupe est au poil. Il nous appelle et on décide, en ce vendredi 12 septembre 2003, comme pour le départ du président-déchu pour Udine, de mettre sur pied une petite fête. Laurent L., notre Le Bon Président protégé par le body, Pierre C., passe une tête. Gilles T. qui flaire la combine suit. Un bizuth, Emmanuel T., est convié. Marie S. est au déclencheur et bibi touille déjà le risotto.

Apéro-bulles : canapés au speck, à la rosette et à l’anguille fumée + Ortillette (boisson pétillante, tonique et rafraîchissante à base de feuilles d’orties) + Chanvrette (idem mais à base de chanvre) + Saumur Fosse-Sèche 2001 Les tris de la chapelle. On démarre super fort. C’est la lutte au couteau pour une flûte d’Ortillette. Ce pétillant produit en bio en Vendée à Saint-Julien-de-Concelles est une véritable « fruit bomb », selon Gilles T. Pierre C. souligne le caractère vineux et affirme qu’il a enfin trouvé une bulle humble et respectueuse pour vendre dans son son bar-à-vin. Avec Emmanuel T.., on trouve la présence d’alcool un poil marquée en finale et quant au mérinos, il trouve la bulle un peu vulgaire. La Chanvrette parvient à fédérer le TGJP. Dès la 1ère gorgée avalée, Pierre C. affirme qu’il entend dans le ciel la voix du président-déchu puis qu’il aperçoit Jean-Victor Etienne chevauchant une tortue géante sur le balcon. Le Mérinos m’interroge sur le climat de Sidi-Bel-Abbès. Je lui indique que « fier de ton état de légionnaire, tu te montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, ton casernement toujours net ». Il repose son verre de Chanvrette et exige de l’eau plate…
Le Saumur met un terme à ces scènes d’hystérie. Il est pur, fruité, relativement long, doté d’une acidité bien agréable et affiche un équilibre de demi-sec (ce que des esprits fâcheux ne manquent pas de souligner).

Primi piatti : risotto au taleggio et au cresson + CDP 2000 Bois de Boursan (Versino – 12 euros) / Ferrand (Bravay – 12 euros). Triple miam-miam. Le Bois de Boursan affiche un fruité très expressif, totalement pur, une matière dense très charmeuse. On peut lui reprocher peut-être à ce stade un poil de précision (légère sur-maturité ?). Le Ferrand apparaît d’abord un peu fermé, puis s’ouvre progressivement dans le verre. Au bout d’un quart-heure, il est somptueux : puissant, précis et équilibré. Du très bel ouvrage. En outre, on a le sentiment qu’il n’est qu’en tout début de carrière.

Secondi piatti : osso-bucco & purée de potimarron + CdP 2000 La Janasse (Sabon – 16 euros) / Marcoux (Armenier – 17 euros) / Clos Mont-Olivet (Sabon – 11.5 euros) + CdP 1978 Beaucastel. Le La Janasse est bien ouvert, avec un fruité très franc et une longueur appréciable. On lui reproche cependant à ce stade un léger manque de finesse avec une matière un poil « chocolatée » (signature Colombo ?). Le Marcoux qui suit fait un malheur. Il est diabolique, classieux et la bouteille est rincée en 20’. La description n’a aucun intérêt si ce n’est que le plaisir est total. Le Mont-Olivet participe d’une tout autre philosophie. Il n’affiche pratiquement aucun sucre résiduel, une matière impeccable mais plus fine et plus austère (il est à ce stade plutôt fermé), porteuse pour l’heure d’un plaisir plus intellectuel que charnel. Enfin, Gilles T. a décidé de nous éducationner avec son Beaucastel dans un millésime de légende. Là, on est déçu. Le nez est faible, la bouche pas très nette. Il est très austère, un peu dur (tout comme Bobby l’affirme dans mon livre de chevet).
Au final, ces CDP dans un millésime 2000 très solaire et dans leur version « regular », procurent à table un très grand plaisir avec des matières denses mais équilibrées, une charge alcoolique qui ne « pèse » pas, des fruités ravageurs et des finales impeccables et persistantes. Le rapport prix/plaisir est démoniaque. Les ceusse qui professent des âneries sur les robes ou les bouches évoluées, les finales brûlantes, le titrage monstrueux… on va les ramener au terminus des prétentieux. Une seconde session est annoncée pour la 1ère permission du Mérinos avec sur le ring : Vieux Donjon, Roger Sabon Prestige, Charvin, Beaucastel, Versino Félix, Pégau… et la table est immédiatement bookée.
Sur ce, Gilles T. me supplie de lui fournir un nouvel indice pour notre jeu-à-nous de la bouteille secrète. Je lui répète qu’il ferait mieux de relire le précédent compte-rendu plutôt que de s’ingénier à torturer sa descendance. Le mérinos confirme que la bouteille est sublime mais que le meilleur est quand même son histoire.

Dolce : tarte aux figues + Maury Amiel 2001 Vintage. La bouteille du spécialiste des surgelés est superbe tant dans son contenant que dans son contenu. Pierre C., un peu lèche-cul, affirme qu’il préfère les sérigraphies champenoises. « On » lui rappelle l’invitation qu’il a adroitement lancée et que l’hospitalité est sacrée au TGJP comme en Corse. Ce Maury est encore très jeune, mais les saveurs de grenaches sont très appréciables, le sucre « en équilibre » et la finale persistante. Emmanuel T. s’essaye, non sans surprise, au whisky (un speyside 1990 distillé par Glenrothes-Glenlivet, single cask à 60°). Gilles T. sort alors son étui secret et les volutes des Sir Winston, RASS et Magnum 46 envahissent l’immense salle de réception. La combinaison avec le Maury le fait plutôt bien. La soirée peut alors enfin commencer…

© www.tgjp.com - 2003 - Humilité & Respect

La robe de la Chanvrette est cristalline..
Dès la 1ère gorgée, Body guard entend la voix du déchu...
Le miam-miam n'est pas trop farouche, même si c'est moins goûteux que la tortue..
C'est le déchu qui téléphone de son palais d'Udine...
"Ouais, ouais, le mérinos s'est engagé à la légion..."
Chanvrette, whisky et fumées de cigare, ils ont décidé de me tuer...
La soirée peut enfin commencer pour body...