Réunion du 12 mars 2004 :
«Ninety-eight at Grenacheland - Acte 1»

On est à J-0 et l’heure fatidique de 20:30 a sonné. Corinne A. est même à l’heure – unbelievable ! Le TGJP est réuni en conclave, dans un lieu tenu secret jusqu’à la dernière minute, non pour jouer aux signaux de fumée et désigner un nouveau Président, mais bien pour s’enivrer des saveurs divines du grenache. On a décidé d’attaquer le 1er acte de notre nouvelle pièce « Ninety eight at Grenacheland», en sifflant dans la joie et la bonne humeur, le regular des domaines producteurs de cuvées (faut suivre !). Daniel G., qui ne manque pas d’accointances dans l’appellation, prend la tête de la procession. Laurent-le-débonnaire, notre Bon Président marche dans son pas en compagnie d’Emmanuel T., Corinne A., Didier C. et Marie S. Je tâche de les suivre avec mon fourneau à roulettes. Enfin, Sylvain M., le tanguy du TGJP, nous colle les basques.

Appetizer : diverses charcutailles bien grasses + Coteaux du Loir Bellivière 2002 VV Eparses (14 euros*) + Jasnières Bellivière 2002 Calligramme (17 euros*). Un convive, dont on taira le nom, trouve le VV un poil dilué. Daniel G., notre homme d’action, se propose pour le molester. Le VV est un beau vin, très droit avec une colonne vertébrale marquée (comme dirait le sieur Phil. B.), une très grande pureté mais encore une relative austérité. Le Calligramme est un peu plus riche avec plus de volume et un peu plus de gras. La matière paraît un peu plus mûre mais reste très « rafresh ». Aux dires de la noble assemblée, le 1er vin devrait profiter d’un petit séjour en cave de quelques années.

Entrée : risotto à la ventrèche basque et aux petits légumes du moment + CdP Clos Mont-Olivet 1998 MG (11 euros*) + CdP La Gardine 1998 (21 euros*). Le Mont-Olivet est déjà fort intéressant avec un beau nez de grenache. Il affiche un très bel équilibre, ni trop dense ni alcooleux. La matière est très nette, précise, les saveurs douces et fruitées. C’est délicieux et je ne parviens à sauver le fond du magnum qu’en graissant la patte de Daniel G. Le La Gardine fait aussi bonne figure. Il est un poil plus dense que le Mont-Olivet, assez plaisamment épicé, mais paraît encore un peu fermé à ce stade avec une finale un peu fuyante. Certains paraissent déceler des petites touches de caramel ou de chocolaté en bouche mais ils ne sont déjà plus très clairs dans leur expression.

Plat de résistance : bœuf-carottes & petites rattes en robe des champs + CdP Les Cailloux 1998 (14 euros*) + CdP Pierre Usseglio 1998 (10 euros*) + CdP Bois de Boursan (10 euros*) + CdP Galet des Papes (14 euros*). L’association plat/vin est très satisfaisante. Le Pierre Usseglio est particulièrement bien apprécié. Il présente avec beaucoup de naturel et d’expressivité, un beau volume, une certaine profondeur et l’amorce de saveurs secondaires genre sous-bois. Une once de sûcrosité en renforce encore le charme. Emmanuel T. me signale avec à propos que ces vins, tant à l’oeil qu’en bouche, font encore très jeunes. Le Les Cailloux semble un peu marqué par l’élevage avec à ce stade un petit creux en bouche. Le Galet des Papes est bouchonné, pas atrocement mais la bouche est assez douteuse, terreuse. Le Bois de Boursan est une déception. Sa tenue à l’air est curieuse et certains décèlent du volatile au nez. La bouteille a peut-être souffert. Alors que Daniel G. a le dos tourné, le Mont-Olivet – du moins ce qu’il en reste – passe très furtivement en 2ème semaine. C’est toujours un des deux plus beaux rouquins de la soirée.

From’j, mâche, pâtes de coing & dessert : Rasteau Gourt de Mautens 2000 ( euros*) + Moelleux au chocolat + Maury Mas Amiel Vintage 1996 + Banyuls ½ sec Mas de la Serra 1973. A sec de toile face à la tornade des fromages, on m’oriente vers la cale pour en ramener le tourmentin. J’envoie donc en tête de table un GDM, avec le malin espoir d’achever les fortes têtes. Il remplit parfaitement son office avec le vieux Gouda et le Colonel. C’est un très beau grenache, très dense, épicé, bourré de charmes. Un plaisir garanti avec un vin à fort caractère. On passe à la sucraille. Le gâteau-à-Corinne est rapidement mis en pièce. Le Mas Amiel, bouchonné, est ré-orienté vers le fond de l’évier. Le Banyuls trentenaire affiche une robe d’un grenat/orangé plus que clairet. Il est délicieux, doté de fines saveurs et d’une belle longueur. On s’achève à l’expresso, cigares et autres boissons de réconfort…

(*) tarif départ propriété

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C'est vrai, Daniel, qu'il n'y a même pas de CdP au Panorama Gourmand ?
Ferme-là, Corinne croit toujours qu'il fait encore dans le sandwich...
Hum-hum, ils sont drôlement bien gaulé(e)s les sandwichs du Pierre...
Et toi Le Débonnaire, tu comprends pourquoi y'a pas de CdP chez Pierre ?
Son sobriquet n'est pas Le Débonnaire, mais le con-pédant-prétentieux et sans les majuscules...
Dis-donc tanguy-sans-la-majuscule, cause meilleur au Bon Président sinon tu repars directos en stage chez Boulard...