En ce vendredi 11 novembre 2005, le son du cor résonne bruyamment sur le toit de la VIP room. Il n’annonce point un quelconque armistice, mais bien le début de vives hostilités réservées au tout Paris du TGJP. C‘est la grande soirée du lièvre à la royale, arrosé à grandes lampées de vénérables Hermitage. Les plus nobles esprits du TGJP font cercle autour de l’animal : Odile & Emmanuel T., Daniel et Dorothée G., Sylvain M., Gilles T., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Appetizer : blinis au tarama & canapés à l’anguille fumée + Champagne Bertrand des Marnières réserve + Saumur blanc Château Fosses Sêches 2002 + Anjou blanc Sablonnettes 2002 Murmure. Comme Dorothée a gagné à l’Euromillionnaire, on lui sert logiquement une petite coupe, bien frappée, de Bertrand des Marnières. Nul ne souhaitant tenter aussi sa chance, on passe directement au Fosses Sèches. Il ne fait vraiment pas recette. Force est de constater qu’il est un peu curieux. La bouche est grasse, un peu mollassonne, les arômes bizarres, et on pointe un peu de sucre résiduel. On passe à la cuvée Murmure des Sablonnettes. Tout un chacun en loue les qualités : c’est frais, tendu, riche à souhait pour du chenin. En plus, il fait très bon ménage avec le tarama.
Before : risotto au safran et à la moelle + Savennières Morgat 2002 L’enclos + Savennières Clos Frémur 2002 Bel Ouvrage. L’association de riches Savennières et du risotto au safran est remarquable. L’office peut commencer et c’est le Morgat qui ouvre la messe. Le nez est plutôt déviant. L’élevage est assez bien digéré et la matière de belle ampleur. Mais, la bouteille paraît malheureusement abîmée (une autre Bon Président et fissa !). On verse le Clos Frémur. Il s’agit d’une très belle bête. La matière est dense, mais équilibrée et fraîche. Les saveurs de chenin sont pures, vraiment superbes, très racées. Très grande bouteille. La messe est dite.
Main course : Lièvre à la royale et ses purées de panais et de céleri + Hermitage Chave 1985 + Hermitage Jaboulet 1995 La Chapelle + Hermitage Jaboulet La Chapelle 1982. Le lièvre est bien royal et le mariage avec les Hermitage assez satisfaisant. Emmanuel T. fait de grands moulinets avec ses couverts pour protéger sa double ration, pendant que Dorothée G. se convainc enfin, que Daniel G. a bien fait ami-ami avec un volailler du marché d’Aligre et non dégoté une nouvelle maîtresse. Le Chave 1985 ouvre le bal. Il affiche un nez plutôt discret, une matière très classieuse et ne fait pas son âge. La bouche est fraîche, un poil mentholée et surtout très élégante et assez complexe. La finale est impeccable. On suit avec le La Chapelle 1995. Il est encore assez fermé mais surtout notre bouteille est plutôt déviante. On clôt les débats avec le magnum de 1982 (millésime moyen). Son nez est très expressif. Il est à pleine maturité. Sa bouche est superbe avec une belle densité, de la générosité, une très grande complexité et une finale qui n’en finit plus. Le plaisir est total.
After : salade, fromages, poires aux épices et au Crozes-Hermitage + Porto tawny Quinta da Vista 20 ans alegre. Les poires au Crozes nous assurent une finale aérienne. Le twany fait très bon ménage avec la poire, avec une matière assez aérienne et très élégante. On allume les Robusto de chez Cohiba, D4 et Lusitania de Partagas, et on commente, dans l’humilité et le respect, les vices et vertus de ces vénérables Hermitage.
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