Réunion du 11 juin 2004 :
Le TGJP verticalise le Beaucastel (1996 à 2001)

Il y a un temps pour tout ! Après les errements des semaines précédentes auprès des traîtres bourguignons, du tannat-qui-en-arrache et des vrais et faux bordeaux de madame Thien, il est décidé d’en revenir aux fondamentaux du TGJP : Il n’est de grand vin, que de grenache ! Pour ce faire, on décide de faire simple et de bon ton, avec une petite verticale de Beaucastel rouge. Odile et Emmanuel T. qui ne crachent jamais ce qui est bon, arrivent en ordre dispersé. Sylvain M., qui a fait un carton à ses examens de dégustation en confondant le pinot noir et le cabernet-sauvignon, vient pour potasser et préparer septembre. Bien que toujours un peu narreux devant ces gros rouges à base de grenache, Daniel G. n’a pas craché sur l’invitation. Le Bon Président (Laurent L.) préside et Gilles T. est venu présenter sa nouvelle coupe spéciale cabriolet.

Appetizer : diverses douceurs + Cornas Marcel Juge 2001 cuvée SC (20 euros*) + CdP blanc Le Vieux Donjon 2003 (17 euros*). A la demande générale, on commence par taster le Cornas. Bien que retiré des affaires et dans un millésime plutôt moyen, Marcel Juge n’a en rien perdu la main. Sa cuvée Sélection de Coteaux est un poil rustique (au meilleur sens du terme), assez tannique (logique…), mais la matière est dense, nette, dotée à ce stade d’un joli fruit. C’est très prometteur. On attaque le blanc. Emmanuel T., qui porte dans son cœur, comme Daniel G. et moi-même, les CdP blancs, est plus que surpris par la qualité de la production du Vieux Donjon. C’est délicieux avec un fruité intense, juste ce qu’il faut de gras, une pointe de sucre résiduel et une petite finale bien pure. Gilles T. proteste de façon véhémente contre l’absence d’une petite bulle pour cet apéro. Daniel G., Odile T. et Sylvain M. soutiennent sa juste revendication, posent leur verre et croisent les bras, façon service d’ordre de la CGT. Le Bon Président, obligé de lâcher du leste, annonce pour samedi prochain, chez Pierre C., une dégustation comparative et totalement arbitraire, de Champagnes français et étrangers à moins de 20 euros.

Entrée : risotto aux poivrons et aux olives + CdP rouge Beaucastel 1996 (20 euros**) & 1997 (21 euros**). La partie commence. Et plutôt mal avec deux millésimes faiblards… Le 1996 de Beaucastel affiche un haut niveau d’acidité (marque du millésime) et une matière un peu faible pour l’appellation, avec des petites notes de poivrons. On verse le 1997. C’est un peu plus amène, un poil plus dense, un soupçon moins acide mais le raisin semble avoir manqué de maturité. Dans le genre et à des prix comparables à l’époque, le Roger Sabon Prestige ou le La Janasse VV étaient nettement plus réussis.

Plat de résistance : bœuf-carottes & pommes de terre de Noirmoutier + CdP rouge Beaucastel 1998 (26 euros**) + 1999 (29 euros**) + 2000 (30 euros**) & 2001 (33 euros**). Le châteauneuf constitue un parfait compagnon de table du bœuf. En bons petits soldats, on continue à suivre scrupuleusement l’ordre des millésimes. Avec le 1998, les affaires reprennent. C’est superbe bien qu’en tout début de vie. Le nez commence à dégager des senteurs de sous-bois. La bouche est dense, puissante, bien mûre mais sans sur-maturité. La matière est équilibrée, complexe et la finale somptueuse. On poursuit avec le 1999. C’est un ton en dessous en termes de maturité et de densité, mais à ce stade, avec une jolie structure et de la fraîcheur, c’est peut être ce soir le millésime le plus accessible. Mais y’a débat. Le 2000 conduit aussi à certaines interrogations. Certains le trouvent proche du « confit ». D’autres décèlent des notes de cacao et un relatif manque d’équilibre. Au final, cela reste une belle bouteille mais nous sommes un peu dubitatifs et curieux de voir l’effet de la garde. On s’achève avec le 2001. Il rappelle le 1998 avec un fruité explosif, une grande puissance et peut-être une plus grande précision et une fraîcheur plus marquée. C’est vraiment remarquable. Au final et dès que la nature s’y prête, force est de constater que Beaucastel produit de très beaux CdP conjuguant puissance, superbes saveurs, complexité et équilibre.

From’j, salade et dessert : clafoutis aux cerises + Vouvray moelleux Foreau 1996. Après les rongeurs d’os de la semaine précédente, le TGJP accueille les cracheurs de noyaux. C’est à peu de chose près aussi standing. Le Foreau est délicieux : aérien, pur… Mais certains sont déçus qu’il ne s’agisse que d’un moelleux et non d’un liquoreux. L’association avec le clafoutis est assez satisfaisante mais ce n’est pas le nirvana. L’alcool du Beaucastel commence à bien circuler, provoquant selon les organismes assoupissement ou exaltation. Pour reprendre notre second souffle, je sors donc le tord-boyau-au-CEAF, soit en l’espèce un Teaninich de 1983 fort réconfortant. Enfin, Gilles T. présente avec beaucoup d’à propos sa petite pochette jaune magique. Les plus brillants représentants des maisons Partagas (Lusitania & série D n°4) et Upmann (Magnum 46), transportés par votre serviteur depuis la meilleure civette de Barcelone (merci qui pour l’adresse ?) sont offerts aux amateurs. Le bâton de chaise rivé entre les dents, les pensées s’élèvent déjà vers les fines bulles de samedi prochain…

(*) tarif départ propriété
(**) tarif primeur franco de port

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Alors les amis, on va être reçus comme des princes par le taureau de Bébian...
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On se calme. Il a dit à Daniel qu'il avait des spiegelau et la vie au Prieuré lui a appris la sagesse...
Reste le récital... S'il parle comme il tape sur l'ordi, cela va être pire que Corinne et Thien au Bontempi...
Bandes de nifs ! On va y aller avec une pique et on commencera pas une petite carioca pour le détendre...
Doué comme t'es, tu vas te blesser avec la pique ! Demande plutôt à Thien un fer 7...